Le conte pour enfant dans la vraie vie

Le conte pour enfant dans la vraie vie
15 juillet 2020 Dorothée Paliard

Le conte pour enfant dans la vraie vie

Pascale Morinière1 était l’invitée de Frantz Toussaint pour le 9° épisode de la série de conférences « Panser aujourd’hui pour panser demain ». Le titre donné à cette intervention était « Famille : une mission prophétique, politique et de service public ». Les AFC, ce sont 300 associations locales et plus de 25 000 familles.

La période de confinement a servi de révélateur : dans les familles qui vont bien, il s’est plutôt bien passé. La cellule de base de la société a permis d’absorber le choc de cette période, mais dans les retours d’expérience officiels, ce fait semble occulté. Bien sûr des situations très disparates ont été subies : moments délicieux ici, surcharge de travail ailleurs avec le télétravail, l’intendance et les enfants à 100 % ailleurs, la maladie et parfois le deuil de proches mal vécus à distance.

Un journal titrait sur une recrudescence des divorces suite aux obligations de confinement. Il faudra bien sûr examiner cela dans le temps long, voir si ces annonces sont confirmées dans les faits. Aujourd’hui, le nombre des divorces diminue : les mariages étant précédés de 3 ans de vie commune en moyenne, les séparations arrivent souvent avant le mariage. La société reste liquide, où l’on peut jeter facilement son conjoint, son enfant.

La fécondité en France a baissé et est passée en dessous du seuil de renouvellement des générations. Les deux responsables à incriminer sont le manque de confiance dans l’avenir et les réformes du quinquennat Hollande : vision idéologique des congés parentaux, fin de l’universalité des allocations familiales, plafonnement du quotient familial. Les familles ont moins d’enfant qu’elles n’en souhaiteraient. Ils seraient temps que les responsables publics comprennent et mettent en œuvre des politiques incitatives.

Un des chantiers permanent des AFC concerne l’éducation, tant pour les couples que pour les enfants. Si les couples préparent la cérémonie et la fête, ils sont moins prompts à se préparer eux-mêmes en vue du mariage. Mais cette école débute idéalement dès l’enfance avec une éducation à l’amour. Exeunt les contes de fées ? Se marier et avoir beaucoup d’enfant ne doit pas être un rêve de gosse enseveli sous une propagande prophylactique à la puberté où l’on abordera trop facilement l’éducation sexuelle et affective sous un angle de prévention des risques : grossesse précoce, maladie sexuellement transmissible. Ce n’est pas ainsi que l’on donnera confiance à un jeune.

Les AFC sont engagées dans le collectif Marchons Enfants qui s’oppose au projet de loi Bioéthique ouvrant non seulement la procréation médicalement assistée aux femmes seules ou en couples, mais aussi (entre autres) le diagnostic préimplantatoire, méthode eugéniste visant à trier les embryons à implanter afin d’exclure ceux qui auraient un nombre anormal de chromosomes ou encore la possibilité au sein d’un couple lesbien que l’une porte l’embryon fécondé à partir de l’ovule de l’autre, ouvrant ainsi la porte à une forme de gestation pour autrui. Pascale Morinière fait le constat : soit la personne humaine a une dignité propre qui doit être respectée, soit elle devient un simple objet de commerce. La mobilisation se poursuivra.

Les AFC bénéficient dans le paysage politique français d’une place de choix. Au sein du foisonnant paysage des comités et assemblées de notre pays, elles sont reconnues pour leurs compétences et pour la qualité de leur boussole : la Doctrine Sociale de l’Église. Ainsi les AFC servent toutes les familles pour qu’elles puissent remplir au mieux leur triple vocation : humaniser, socialiser et offrir une solidarité si nécessaire.

Deux remarques personnelles compléteront la recension de cette vidéoconférence dont l’original est disponible ici. D’abord, parmi les causes possibles du recul de la fécondité, il convient de s’interroger sur les pollutions auxquelles nos corps sont soumis. Et puis qu’il soit permis au mari que je suis – sans doute pas meilleur époux que les autres – de remercier pour l’excellence de sa préparation au mariage la paroisse de la Trinité à Paris dont le curé était à l’époque l’abbé Dominique Rey.

Le 15 juillet, Frantz Toussaint convie Bruno de Saint Chamas et Benoît Dumoulin à nous parler de Jean Ousset et d’Ichtus.

Rémy Mahoudeaux

1 Mère de famille, docteur en médecine, présidente de la confédération nationale des associations familiales catholiques.

Partagez cette page
Suivez l'OSP sur les réseaux