La justice plutôt que l’écrasement

La justice plutôt que l’écrasement
13 mai 2020 Dorothée Paliard

La justice plutôt que l’écrasement

« Le Christ dans la boue, chez nous, c’est un phénomène de tous les jours. Nous rencontrons Jésus-Christ tous les jours dans les taudis sous-humains », disait Dom Helder Camara, l’archevêque de Récife, il y a de cela fort longtemps. Aujourd’hui, rien n’a changé, Jésus est toujours dans la boue et dans la lie des mots.

L’Eglise doit affronter les scandales, aujourd’hui celui de la pédophilie, dans ses rangs mêmes et restera marquée à tout jamais par ces milliers d’enfants meurtris, violés, abîmés. Elle se doit d’affronter, en responsabilité et en transparence, cette réalité et d’affirmer avec force, que la justice passe.

Pour autant, l’église doit-elle être réduite à cette forfaiture ? Les prêtres sont-ils « tous pourris » ? Cet insidieux amalgame véhiculé dans certains écrits laisserait à penser que l’Eglise n’est autre qu’un repère de frustrés sexuels, de pervers, d’hypocrites au double langage, voire d’homophobes. Pourquoi tant de haine à l’encontre de l’Eglise et de ses prêtres, de la part d’auteurs à la rigueur intellectuelle émoussée qui confondent témoignage à charge et jugement équitable ? Un succès d’édition ne fait pas une vérité et encore moins une thèse universitaire. Aussi lorsque l’on peut lire sous le titre accrocheur « 80% d’homosexuels au Vatican », de qui se moque-t- on ? A n’en point douter, tout excès est insignifiant pour la vérité, même si le poison de la calomnie est mortel.

Miséricorde

Nous aussi, membres de l’église universelle nous devons saisir à la gorge la calomnie et rappeler la beauté du message évangélique à travers le Christ qui relève cette femme pécheresse qui vient pleurer sur ses pieds. Il devine que cette femme a commis des actes immoraux. Mais il lui rend sa dignité et la remet en marche. Il la restaure. L’Eglise est-elle coupable lorsqu’elle défend la dignité humaine ? L’institution ecclésiale continuera de répondre de ses actes devant la justice régalienne, et c’est d’ailleurs dans un Etat de Droit qu’elle s’inscrit toujours. Néanmoins, le message du Christ restera à jamais miséricordieux envers ceux qui, contrits, souhaitent changer de vie, tel le bon larron crucifié à côté de Jésus qui après avoir exprimé sa contrition mourut et trouva une place à la droite du père le soir même.

Père Claude Sirvent

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