Viva Cristo Rey !

Viva Cristo Rey !
8 avril 2014 webmaster

Viva Cristo Rey !

Le film sur les Cristeros sort en France

Il faut bien reconnaître que pour des Français, la révolte des Cristeros mexicains fait partie des événements que nous ignorons encore largement bien qu’elle ait eu lieu il y a moins d’un siècle. A l’instar des nombreuses persécutions anti-chrétiennes du XX° siècle, elle a pourtant produit son lot de martyrs et de bienheureux, que l’Église n’a pas encore fini de reconnaître. Aussi, lorsqu’un film paraît, qui retrace cette épopée, on n’imagine pas qu’un tel sujet soit capable de trouver un public chez nous… De là à penser qu’un vaste complot se trame pour empêcher les chrétiens de puiser leur inspiration et de trouver des modèles dans ce récit épique, il n’y a qu’un pas, que certains n’ont pas hésité à franchir.
Si la réalité est moins machiavélique, il faut bien reconnaître que le contexte des lois anticléricales votées dans les années 20 au Mexique n’est pas sans nous rappeler le mépris à peine voilé réservé aux croyants au nom d’une laïcité érigée au rang de religion. Et jusqu’à cette fameuse pétition d’un million de signatures adressée au gouvernement pour demander l’abrogation des « lois Calles » qui a subi le même sort que celle envoyée l’année dernière pour demander de ne pas voter le mariage entre personnes de même sexe.
Fallait-il diffuser aujourd’hui ce film en France, au risque d’encourager des réactions violentes face aux vexations anti-chrétiennes qui ne manquent pas ? C’est une question qui mérite d’être posée.

 

Dans ce dossier, nous essayons de donner quelques éléments de réponse. C’est un fait que les Cristeros ont désobéi à leurs évêques : il s’agit bien d’un mouvement de laïcs qui s’est levé au cri de « Viva Cristo Rey ! » pour défendre leur foi par les armes, après avoir épuisé toutes les solutions pacifiques. On trouve sans doute là aussi un des motifs du discours « discret » de l’Église sur ces persécutions… Le sentiment douloureux d’un peuple d’avoir été abandonné par ses pasteurs.
Face aux persécutions, il est toujours difficile de savoir ce que nous ferions nous-mêmes. Il est probable qu’aujourd’hui nous aurions les mêmes réactions et les mêmes discussions : autant de lâches, de têtes brûlées et autant de saints… A la jeunesse, au-delà de l’aventure présentée pour satisfaire aux lois du genre, le film offre pour une fois des héros qui n’hésitent pas à aller à contre-courant, loin du politiquement correct : un général athée et franc-maçon qui se convertit en menant l’armée des Cristeros et un jeune garçon qui n’a pas l’âge de porter les armes, mais déjà celui de mourir martyr !
Les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas peur des défis, ils nous l’ont montré l’année dernière, mais uniquement d’une vie privée de sens. Avec ce film, eux, qui ont largement suscité et soutenu le mouvement de réveil des consciences en 2013 se rappelleront avantageusement que s’ils se contentent de rester des petits bourgeois mous, inféconds et libertins, ils ne risquent pas de mettre le feu au monde entier. Nous catholiques, avons sans doute besoin de stimulations pour ne pas rester cantonnés uniquement à l’humanitaire et à la vie familiale comme nous faisons trop souvent. Le vaste champ de la politique a aussi besoin d’ouvriers pour la moisson.
Pour les plus inquiets, il est intéressant de noter que l’homélie de béatification des martyrs du Mexique cite « Dignitatis Humanae« , la Déclaration de Vatican II sur la liberté religieuse, peu suspecte d’appel aux armes : « Parmi les droits que défendirent en priorité Anacleto González et ses compagnons martyrs se trouvait le droit à la liberté de religion, un droit qui découle de la dignité humaine elle-même. Comme l’affirme le Concile Vatican II, « cette liberté consiste en ce que tous les hommes doivent être soustraits à toute contrainte de la part tant des individus que des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit, de telle sorte qu’en matière religieuse, nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience ni empêché d’agir, dans de justes limites, en privé comme en public, seul ou associé à d’autres » (« Dignitatis humanae« , 2). Nos martyrs doivent également être pour nous un modèle d’amour inconditionnel envers Dieu et notre prochain. L’exemple de leur vie et leur intercession doivent nous aider à vivre avec générosité notre vie. »
Alors ne boudons pas notre plaisir en allant voir « Cristeros » !

 

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