Université d’été de la Sainte-Baume : 26 Août

Université d’été de la Sainte-Baume : 26 Août
26 août 2018 Dorothée Paliard

Université d’été de la Sainte-Baume : 26 Août

 

Déjà le dernier jour ! C’est celui où sont conviés des intervenants politiques chrétiens pour qu’ils fassent part de leurs points de vues. Cette année, Henrik Lindell animait la table ronde entre Patrice Obert, des poissons roses, Philippe Pradal, adjoint au maire de Nice et membre de Les Républicains, et Pierre Saulnier de Sens Commun. Pour Patrick Obert, l’Europe a, par le passé, dominé le monde, mais ce n’est plus le cas. Elle peut cependant apporter au reste du monde sa vision de la personne et de sa dignité intrinsèque, elle doit le faire sans arrogance, mais sans concession, en reliant l’homme à l’autre, à la nature et à la transcendance s’il le souhaite. Pour Philippe Pradal, le modèle initial de l’Europe – un progrès partagé entre toujours plus de peuples via son extension – est dépassé, avec des élargissements conduisant à plus de disparités économiques, sociales ou culturelles. Il n’est plus envisageable de tout faire partout au même rythme. Pierre Saulnier défend une idée du conservatisme qui impliquerait une « vraie » subsidiarité et une connaissance des objectifs. Il souhaite en outre que la France s’affranchisse de la CEDH, jugée idéologique. En fédéraliste, P. Obert souhaite une délimitation claire des domaines de compétences répartis entre l’Europe et les nations. Face au différentiel démographique avec l’Afrique, il appelle à des solutions mesurées sur le problème des migrants : ni forteresse, ni ouverture totale. P. Pradal considère que seule l’Europe dispose d’une masse critique pour résoudre les problèmes que les états lui demandent de résoudre. Il ose parler de suicide démographique. Pour P. Saulnier, la seule communauté qui puisse rassembler, c’est la nation, pas l’Europe. Il pense que l’enjeu important réside dans la contribution au développement de l’Afrique, en cohérence avec le pape François à Strasbourg. Sur l’incompatibilité constatée des institutions et des politiques européennes, P. Obert propose aux électeurs d’élire des représentants conformes à nos convictions et déplore la marginalisation des chrétiens de gauche dont les effectifs se sont considérablement réduits. P. Pradal pense qu’être chrétien en politique, c’est prendre à son compte toute la doctrine sociale de l’Église. Il indique qu’à droite, comme militant, ce n’est guère facile non plus : on ne fait pas de concession envers un électorat dont on présuppose qu’il est déjà acquis. Comme élu, s’il ne cache pas sa foi catholique, il ne sent pas investi d’une mission de lobbying de l’Église au sein du conseil municipal de Nice. Lors des questions, les intervenants ont admis comme réalisable une plateforme transpartisane chrétienne sur quelques rares points où une position commune serait possible. Cela n’empêcherait pas des divergences significatives sur des options importantes. H. Lindell a conclu le débat en enjoignant à chercher des alliés chez les protestants, et le père Louis-Marie Guitton a expliqué les raisons de la défection de l’intervenant programmé pour représenter En Marche : qu’il est dur d’y être publiquement chrétien !

Dieu me préserve de tenter de résumer ou présenter la conclusion de frère Joseph-Thomas o.p. : le texte magnifique et pertinent de son intervention sera publié sous peu ici, et j’en suis impatient ! Lisez-le, relisez-le.

Après la messe dominicale célébrée par Mgr. Dominique Rey, un dernier déjeuner clôturait cette université d’été, où cette alternance entre temps spirituels et intellectuels permet au simple laïc de vraiment se ressourcer et se fortifier. Souhaitons qu’elle soit féconde pour chacun !

Il ne reste qu’à écrire merci, en très grand. D’abord à Monseigneur Rey, hôte de cet évènement. Puis aux frères dominicains du prieuré de la Sainte-Baume, au père Louis-Marie Guitton de l’OSP Fréjus-Toulon, à Gilles et à toute son équipe qui l’ont organisé ensemble. Aux intervenants. Au chœur Philanthropos, pour leurs chants. Aux participants pour leur bienveillance qui peut si facilement dégénérer en amitié. Et au bon Dieu et à Sainte Madeleine bien sûr !

Rémy Mahoudeaux

 

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