Université d’été de la Sainte-Baume : 24 Août

Université d’été de la Sainte-Baume : 24 Août
24 août 2018 Dorothée Paliard

Université d’été de la Sainte-Baume : 24 Août

 

Il revenait à Jean-François Chemain la tâche d’entamer les enseignements sur les racines chrétiennes de l’Europe, ce qu’il a fait en brossant sa carte d’identité. Il privilégie la vision d’Erdogan qui considère l’Europe comme un club chrétien. Le monachisme européen et la distinction de saint Augustin entre la cité de Dieu et celle des hommes ont façonné la culture des pays européens, mais ont aussi induit les sources de tensions concrétisées par les luttes entre l’autorité du souverain et celle de l’Église. On doit à ces racines chrétiennes la démocratie, les droits de l’homme, l’essor du capitalisme et du progrès. Cette Europe (Occidentale) s’oppose à trois modèles concurrents : un modèle byzantin, où l’empereur commande à l’Église ; un modèle musulman, théocratique ; et un modèle américain, qui conjugue un état faible et une absence d’église dominante. Mais l’Europe doit se garder d’idées chrétiennes devenues folles, et des volontés parfois totalitaires des états laïcs.

Comment la scolastique a-t-elle façonné l’Europe ? Frère Serge-Thomas Bonino o.p. a du commencer par expliquer ce qu’est la scolastique à l’auditoire. A partir de la création des universités au moyen-âge se développe une méthode novatrice qui use d’un cycle commentaire / dispute dialectique / prédication. A la simple obligation de transmettre un savoir se substitue le besoin de le passer au crible de la logique, de la raison. Mais plus que dans la discussion, c’est dans le commentaire que se trouve la matrice de notre culture européenne, il condense l’esprit chrétien et renvoie à notre anthropologie chrétienne où la vérité est donnée, et où il est permis de tenter de la découvrir et de la comprendre. A la suite du monachisme, la mobilité des maîtres et étudiants, sorte d’Erasmus du moyen-âge ainsi que les ordres mendiants ont façonné cette Europe.

Lors de la messe présidée par Mgr Xavier Malle, frère Paul-Marie o.p. relevait que la quête de cette vérité, même si elle est déjà donnée, était la racine de notre culture commune, de notre identité européenne.

Après le déjeuner, Monseigneur Xavier Malle était interrogé par Christophe Geffroy (Directeur de la Nef) sur le sujet sensible des migrants. Il nous a présenté la situation complexe et parfois sordide de son diocèse de Gap et ses initiatives d’accueil des mineurs. Ni l’Église ni lui-même n’ont de solution, mais il nous demande d’être chrétiens, d’être saints comme le Pape nous le demande aussi. Ils ne croit pas à la différence entre réfugiés politiques et migrants économiques et pense que vider l’Afrique de ses forces vives n’est pas une solution. Le problème, qui dépasse les seules nations, s’est aggravé du fait d’une mauvaise gouvernance de l’Union Européenne.

Dernière intervention de la journée, celle de Gérard Leclerc sur l’avenir chrétien de l’Europe. L’affaiblissement de l’Europe chrétienne s’est accéléré en une décennie (1965-1975) avec la chute de la pratique religieuse, la révolte des clercs et l’effondrement du catholicisme de gauche. De plus, deux phénomènes de civilisation, le refus du mariage et la chute de la démographie, conduisent à un rapport de force vis à vis de l’Afrique. Régler le problème des flux migratoires s’impose donc. La montée des populismes traduit un besoin de refondation car la classe politique est dépassée. Les chrétiens doivent travailler à cette refondation, y apporter la vertu d’Espérance.

Cette journée s’est terminée par une soirée Miséricorde à la grotte de la Sainte-Baume.

Rémy Mahoudeaux

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