Une commission d’enquête sur le financement de Daech?

Une commission d’enquête sur le financement de Daech?
1 décembre 2015 Dorothée Paliard

Une commission d’enquête sur le financement de Daech?

Par Guival – citoyen normal. 01/12/2015.

 Nous avons bien pleuré, nous avons pavoisé, nous avons mis nos drapeaux en berne durant trois jours nous avons même strié nos profils face-book des trois couleurs. Et maintenant ? Les corps de nos compatriotes sont froids et bientôt – à part leurs proches – rares seront ceux qui se souviendront seulement – non pas des noms – mais du nombre de ceux qui sont tombés ce 13 novembre. L’emballement médiatique retombe : aujourd’hui la COP 21, demain les sports d’hiver puis Noël ou plutôt noël, celui où l’on vous demande de bien consommer en bon patriote car après tout il faut bien continuer à vivre non ? et surtout à alimenter la sainte croissance qui a remplacé la sainte naissance.

Certains affirment que la plus cinglante réponse à infliger à ces nouveaux barbares  serait de continuer à baiser, boire, lire, s’engueuler, se balader. Ce n’est sans doute pas faux. Mais ce n’est pas suffisant.

En premier lieu ne nous faudrait il pas comprendre ? Alors oui l’Orient est compliqué, mais revenons aux choses simples. Par exemple, il paraît que l’argent est le nerf de la guerre. Il semble également que l’argent de l’Etat islamique provienne – dans une partie importante – de son pétrole. Une notion élémentaire de logistique permet de certifier que le pétrole ne prend pas l’avion. Ajoutons un court rappel de géographien afin de citer les riverains de ce prétendu califat : Jordanie, Syrie, Iran et Liban d’une part ; Turquie et Arabie Saoudite d’autre part. Et il n’y a pas loin à chercher pour savoir qui parmi ces candidats favorisent, financent et arment ceux qui sont venus verser le sang sur notre sol.

Aujourd’hui la Turquie, membre de l’OTAN et à qui l’Europe vient de verser plusieurs milliards pour la gestion des migrants, l’Arabie saoudite – récemment nommée, entre deux décapitations publiques, à la tête du conseil des droits de l’homme des nations unies, et le Qatar client de Dassault et propriétaire du PSG (tant qu’ils ne rachètent pas le Stade toulousain !) constituent des alliés éminemment proches de notre « politique » étrangère. Aujourd’hui ces trois pays figurent aussi parmi les plus grands suspects de soutien à DAESCH.

Ainsi le temps des indignations passagères est révolu. Arrêtons de gémir, il est temps d’agir afin que ceux qui sont morts ne soient pas tombés pour rien. Jeudi nos députés débattront d’une proposition de M. Jean-Frédéric Poisson autour de l’opportunité de la création d’une commission d’enquête autour du financement de DAESCH. Cette proposition a été rejetée mercredi dernier par la majorité en commission de Défense. Il nous reste 48h pour contacter nos députés et leur faire comprendre que nous exigeons la plus grande transparence sur le financement de DAECH.

Il n’est pas question de droite ou de gauche, de catholique ou de musulman, de français par le sang, par le sol ou par le cœur. Cette exigence de transparence est le prix de la démocratie. Nos députés sont dépositaires d’une part du pouvoir qui appartient au peuple.

La vérité n’est pas un droit, elle est notre devoir de citoyen. Si nous refusons cet apanage de la démocratie, nous fuyons notre responsabilité. Non seulement nous n’aurons plus le droit de nous plaindre, mais en plus le sang de nos frères tachera notre inaction.

Alors prenez 5’ pour un mel ou un coup de téléphone à vos députés en leur demandant de soutenir la création d’une commission d’enquète sur le financement de DAECH – au delà de toutes querelles politiciennes.

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