Toi le frère que je n’aurai jamais

Toi le frère que je n’aurai jamais
9 juin 2016 Dorothée Paliard

Toi le frère que je n’aurai jamais

Par Rémy Mahoudeaux, pour l’OSP. Juin 2016.

Peut-être que l’auteur (1) de cette chanson, musicien et poète talentueux, m’en voudra de lui emprunter les paroles qui sont les siennes pour ce propos. Au-delà des divergences entre ses idées et les miennes, elles illustrent bien la philosophie des Survivants.

Les Survivants (2) sont un groupe dont la limite d’age est mouvante. Ils sont nés après 1975, après la loi Veil légalisant l’avortement. Ils veulent remettre au cœur du débat public l’avortement, en dénonçant sa banalisation et l’idéologie qui le promeut. Ils veulent dire haut et fort que depuis 4 décennies, nos familles sont amputées de ces frères et sœurs qui n’ont pas vu le jour : une personne sur cinq n’est pas là. Ils font passer le message avec des actions de rue et une communication aussi percutante que possible, pour dénoncer la doxa qui voudrait que l’avortement soit un droit inaliénable et la condition essentielle de la libération des femmes (3).

Bien sûr, ce discours à contre courant gène et choque. 40 ans de laisser faire, de relative passivité et de silence ont laminé l’expression de la vérité. L’IVG est la première cause de mortalité en France avec plus de 220 000 décès chaque année. Certes, les normes de l’état-civil contesteront cette affirmation qui use des mots « décès » et « mortalité ». Mais les faits sont têtus.

Le sujet est tabou, miné, explosif. On l’a constaté (entre autres) avec un évêque dont l’effigie a été brûlée, parce qu’il a rappelé publiquement ce qu’est l’avortement. L’état idéologisé n’hésite pas à perdre sa prétendue neutralité pour soutenir l’insoutenable. Pour fuir un débat dont les pro-choix ne veulent pas, dès lors que l’on aborde le sujet sur les réseaux sociaux, des anathèmes fusent, parfois d’une grande violence, certes plus à grands coups de slogans et d’insultes qu’avec le moindre argument probant. La discussion argumentée et respectueuse est rare.

Comme pour tout le travail de déconstruction de l’idéologie libérale-libertaire où nous sommes englués, le chemin sera très long. Il passera par un travail de fond, long et fastidieux, y compris dans les domaines de l’éducation et de la culture, pour aboutir. Et pourtant, dans le cadre de cette grande remise en cause initiée en 2012/2013 du projet anthropologique qui nous est imposé, nous avons pris conscience de ce que nous pouvons nous mobiliser, et devenir le caillou qui bloque la machine. Les sujets ne manquent pas, tous sont légitimes, mais celui-ci en est un qu’il ne faut pas oublier. La première étape significative sera de pouvoir (enfin) en débattre aussi sereinement et publiquement que possible, sans se draper dans des postures que dicteraient des idéologies ou des dogmes, pour se cantonner au seul terrain anthropologique et biologique. Alors bonne chance aux Survivants !


(1) mon frère – Maxime le Forestier

(2) les Survivants sur la toile : http://lessurvivants.com/ sur twitter : @lessurviivants  (les 2 i ne sont pas une coquille.

(3) à ce propos, j’aime partager l’article de fond de Let Us Comment au bout du lien : http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/ivg-mon-amour-162269, une réflexion honnête et pondérée.

 

 

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