Semaine (mal) sainte

Semaine (mal) sainte
12 janvier 2015 OSP

Semaine (mal) sainte

Semaine (mal) sainte

Par Stéphane Duté

La France aura connu dimanche un tremblement de terre médiatique d’une magnitude de douze sur l’échelle de l’émotion collective qui en compte neuf. De mémoire de poilu de la guerre 14, on n’avait jamais vu ça ! C’est que l’heure était grave. La démocratie, la République et pour finir la France éternelle avaient failli mourir en trois jours, sous nos yeux incrédules, après qu’une demi douzaine de dessinateurs qui portaient le génie universel à bout de bras depuis mai 68 eussent été froidement assassinés par trois hommes d’une trentaine d’années. Pour être tout à fait complet, ajoutons que quelques personnes de confession juive et autres fonctionnaires de police avaient également perdu la vie, en marge du coup d’Etat.

Bigre. Il fallait réagir ! Alors on défila, comme dirait Boris Vian…A trois millions, qu’on défila. Des blancs, des noirs, des beurs. Des athées, des juifs, des musulmans, des protestants, des catholiques, des patriotes, des internationalistes, des nihilistes, des gauchistes, des droitiers, des centristes, des communistes, des autistes, et des bien-portants. Sans compter la cinquantaine de chefs d’Etats et de gouvernements qui visiblement n’avaient rien d’autre à foutre ce jour-là !

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Je pourrais continuer ainsi quelques minutes encore, puisque la dérision fait désormais office de liberté d’expression. Mais je n’ai pas envie de rire. Je ne suis pas Charlie, moi. Tout ne me fait pas marrer… La mort, par exemple, ça ne m’amuse pas. L’insulte gratuite non plus d’ailleurs. Même en dessin.

Alors je ne vais pas vous en faire de dessin. Mais je crois profondément qu’après cette gigantesque comédie internationale où la France-mai-68 a fait son dernier tour de piste, la rigolade, c’est terminé.

S D

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