Réflexions sur les divorcés-remariés

Réflexions sur les divorcés-remariés
9 mai 2015 Dorothée Paliard

Réflexions sur les divorcés-remariés

Par Françoise Breynaert.

            Françoise Breynaert a publié en 2011, Si tu savais le don de Dieu, Divorcés-Remariés dans l’Eglise, Fleurus Mame, Paris 2011. Philippe Cardinal Barbarin, Archevêque de Lyon le commenta avec ces paroles : « J’ai lu votre texte avec beaucoup d’intérêt. Je le trouve beau et bien situé au plan spirituel, témoignant d’un vrai amour pour l’Eglise et les personnes concernées par ce difficile problème. »

            Depuis lors, nous avons eu un nouveau pape, et un synode sur la famille. Peut-on encore lire ce livre quatre ans après ?

            « Le Créateur dès l’origine les fit homme et femme, ainsi l’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme et les deux ne feront qu’une seule chair. Ainsi ils ne seront plus deux mais une seule chair. Et bien, ce que Dieu a uni, l’homme ne doit point le séparer. « Pourquoi donc, lui disent-ils, Moïse a-t-il prescrit de donner un acte de divorce quand on répudie » — « C’est, leur dit-il, en raison de votre dureté de cœur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes; mais dès l’origine il n’en fut pas ainsi. Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre commet un adultère. » (Mt 19, 5-9)

            La forme indissoluble du mariage ramène l’humanité « à la vérité de la création » (cf. Benoît XVI, audience du 6 juin 2005).

            St Thomas d’Aquin parle d’un péché contre la nature humaine : « La luxure n’est pas le plus grave des péchés [… mais] cette convoitise corrompt la nature et pas seulement la personne. » (Somme Théol., III Qu.65 a.1).

            Effectivement ce péché corrompt tout un réseau social, ce que Jean-Paul II appelait « l’écologie humaine » : il a des répercussions permanentes sur le conjoint délaissé ou les enfants plus ou moins écartelés entre deux foyers.

            Il y a pourtant une miséricorde pour les divorcés remariés, un pardon des fautes vénielles par simple contrition, et la possibilité d’une communion spirituelle, humble, à la manière du publicain qui retourna chez lui justifié.

            Certains voudraient aller plus loin et accorder la communion eucharistique complète sans pour autant vivre la chasteté, et cela, au nom de la miséricorde. C’est ici qu’il faut se souvenir de certaines paroles de la grande apôtre de la divine miséricorde, sainte Faustine. On lit dans son journal, cette réponse de Jésus au sujet des âmes du purgatoire qui « ont la nostalgie de Dieu » : « ma miséricorde ne veut pas cela, mais la justice l’exige » (§ 20).

            Par ailleurs, si on le lit bien le Journal, la miséricorde divine est souvent enseignée dans la perspective des fins dernières. On comprend bien que dans le cas d’un remariage qui blesse en permanence un conjoint abandonné ou un enfant, il est difficile de proclamer à ce sujet la miséricorde divine durant cette vie terrestre, mais il est possible, surtout quand les situations correspondent, en conscience, au meilleur chemin possible à une étape déterminée d’une existence humaine, d’avoir une grande confiance en la miséricorde divine. Il faut toujours avoir une confiance totale en la miséricorde divine puisque Jésus est venu pour nous la révéler, et il a souffert sa Passion pour nous la transmettre. Simplement, il faut aussi savoir situer la réception de cette miséricorde en incluant l’heure de la mort. Dans l’au-delà, les réalités du mariage et de la génération humaine seront transfigurées et la miséricorde concernant ces réalités pourra avoir une signification réelle.

            Il faut être respectueux du sens profond de la miséricorde, elle n’est pas un coup d’éponge mais une reconstruction du bien. « Oui, le premier dimanche après Pâques est la fête de miséricorde, mais il doit y avoir aussi l’action » (Sainte Faustine, Petit Journal §742)


BREYNAERT Françoise, La Bonne nouvelle du Christ aux défunts, perspective de la théologie des religions (préface Mgr Minnerath), Via Romana, Versailles, 2014.

BREYNAERT Françoise, Si tu savais le don de Dieu, Divorcés-Remariés dans l’Eglise, Fleurus Mame, Paris 2011.

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