La PMA ne doit pas être combattue pour son extension aux personnes homosexuelles

La PMA ne doit pas être combattue pour son extension aux personnes homosexuelles
9 juillet 2016 Dorothée Paliard

La PMA ne doit pas être combattue pour son extension aux personnes homosexuelles

La PMA, ni pour les homos, ni pour les hétéros !

Par Frédéric Nissac. Juillet 2016.

Lundi 4 juillet, Mme Rossignol, ministre des Familles, a confirmé la prochaine abrogation d’une circulaire punissant les gynécologues orientant leurs patientes vers l’étranger pour y subir une PMA (procréation médicalement assistée). Cette annonce intervient après la promesse faite jeudi 30 juin par le président de la République aux associations LGBT. C’est une étape supplémentaire vers la légalisation de la PMA « pour toutes et tous. »

  • La circulaire en question punit depuis 2013 les gynécologues de cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende s’ils orientent leurs patientes à l’étranger pour y subir une PMA. Mme Rossignol a réitéré son souhait que l’interdiction de PMA pour les couples de jeunes femmes soit levée. « Il n’y a aucune raison de discriminer les couples homosexuels, les couples lesbiens (…) en leur refusant l’accès à une technologie qui est ouverte aux couples hétérosexuels. »
  • La PMA n’est autorisée en France que pour les couples hétérosexuels infertiles. Le code de la santé publique précise que « le caractère pathologique de l’infertilité doit être médicalement diagnostiqué » pour que la PMA soit autorisée (article L. 2141-2 + article L. 2141-7). Or, l’infertilité des couples de personnes de même sexe ne présente pas un « caractère pathologique » mais découle bien d’une impossibilité biologique : une personne seule ou deux personnes de même sexe ne peuvent pas procréer.
  • L’autorisation de la PMA aux couples de personnes de même sexe créerait de facto une nouvelles discrimination. Si les homos y ont accès, au nom de quoi les hétéros ne souffrant pas d’infertilité pathologique se verraient interdire la PMA ? Celle-ci, de plus, est déjà ouverte à « toutes et tous » dans de nombreux pays.
  • L’extension du domaine de la PMA, au nom de questions de non-discrimination, masque en réalité la transformation de la procréation humaine en une industrie soumise à la guerre économique. Des milliers d’entreprises, partout dans le monde, se positionnent désormais sur le créneau de l’enfant à naître.
  • Le potentiel commercial d’une PMA libéralisée est immense. Ce nouveau secteur industriel pèse aujourd’hui plus de 650 millions d’euros au Royaume-Uni et plus de trois milliards de dollars aux États-Unis*. 42% des cliniques américaines reconnaissent actuellement utiliser le DPI (diagnostique pré-implantatoire) pour des raisons non médicales. À Los Angeles, le Fertility Institute fabrique chaque année 800 bébés par FIV (fécondation in vitro) l’une des techniques utilisées en PMA. Parmi eux, 700 bébés ont des parents parfaitement fertiles. Pour les parents, il s’agit de choisir le sexe mais aussi de garantir les meilleures caractéristiques génétiques pour leur progéniture. Plus de 400 maladies et affections sont détectées, et les embryons jugés défectueux sont écartés. Le prix total de l’intervention approche les 25 000 €. Grâce aux nouvelles techniques médicales comme le DPI et les progrès fulgurant du séquençage de l’ADN, les caractéristiques positives de l’embryon (couleur des yeux, des cheveux, stature, aptitude au sport, QI, etc. ) devraient pouvoir, dans le futur, être choisies.
  • Désormais, la recherche de l’enfant parfait et l’amélioration de l’espèce humaines sont à porté de main. Le cauchemar d’une humanité augmentée, auquel travaillent les transhumanistes et des multinationales comme Google, passe par la généralisation de la PMA. Nul besoin de contrainte : « Ceux qui décideront de rester humains et refuseront de s’améliorer auront un sérieux handicap, ils consistueront une sous-espèce et formeront les chimpanzés du futur, » expliquait il y a dix ans Kevin Warwick, apôtre du transhumanisme et professeur de cybernétique à l’Université de Reading, en Angleterre.
  • « Il n’y a pas de reproduction artificielle sans eugénisme et il n’y a pas d’eugénisme citoyen » (Alexis Escudero). Ainsi que le rappelait la visionnaire encyclique de Paul VI, Humanae Vitae, la PMA doit être refusée en tant que telle et non pas pour sa seule extension aux homosexuels.

* Les chiffres et citation de ce paragraphe et des suivants viennent du meilleur livre écrit à ce jour sur la question :  Alexis Escudero La reproduction artificielle de l’humain, Éditions Le monde à l’envers, 2014.

 

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