Pèlerinage en Syrie autour de Mgr Rey

Pèlerinage en Syrie autour de Mgr Rey
6 avril 2016 Dorothée Paliard

Pèlerinage en Syrie autour de Mgr Rey

Par Philippe Conte. Avril 2016.

Tous ceux qui ont eu la chance de pouvoir accompagner Monseigneur Dominique Rey dans son pèlerinage en Syrie ont été profondément marqués par ce voyage. Dans chaque ville visitée, dans chaque village parcouru, nous avons pu constater la volonté, le désir de destruction des takfiristes. Ainsi au centre ville de Homs des immeubles entiers n’ont pas été touchés par les combats eux-mêmes (absence d’impacts de balles ou d’obus) mais ont été intégralement ravagés de l’intérieur ou incendiés. Cette rage de destruction a été confirmée par le témoignage des syriens rencontrés qui insistaient sur le fait que les destructions ont souvent été accomplies au moment du replis des extrémistes.

Cette même rage de destruction n’est nul part plus visible que dans les églises. Toits effondrés, incendies volontaires et plus marquant encore acharnement contre les icônes et plus spécialement contre le visage des images saintes ! Quelle émotion que d’assister à la messe dans la cathédrale détruite de Homs dont les murs même menacent ruine. Le plus touchant était certainement la trace de l’explosion dans le cœur à l’emplacement de la cathèdre. Là, les takfiristes avaient placé une bombe destinée à tuer Monseigneur Jean-Abdo Arbach au cours d’une célébration. Fort heureusement la providence à voulu que l’engin fasse explosion après que tous eurent quitté la cathédrale.

Malgré ces destructions sans nombre, nous avons tous été frappés par la volonté des syriens rencontrés de reconstruire bâtiments et communautés. Sa Béatitude Grégoire III Laham est le cœur de cette promesse montrant malgré son âge un dynamisme et une confiance extraordinaire.

Mais les syriens nous ont également fait part de leur expérience de la vie commune avec les musulmans. Certains témoignent d’une amitié véritable (comme la prière commune avec des Imam pour les fêtes de Notre dame au monastère de Saidnayya) ou d’efforts partagés (comme la reconquête des villes et villages coude à coude avec les milices shiites) mais ils soulignent également le risque de l’idéologie takfiriste sa propension à propager a haine, le meurtre et la destruction. La phrase d’Abouna Georges curé de Yabroud claque ainsi durement à nos oreilles : « je suis confiant pour la Syrie, mais pessimiste pour l’Europe ! » Pensant que nous avons sous estimé la malignité de cette idéologie.

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