Où sont passés les Chariots de Feu ?

Où sont passés les Chariots de Feu ?
14 mai 2015 Dorothée Paliard

Où sont passés les Chariots de Feu ?

Sans le dimanche, nous ne pouvons pas vivre…

Où sont passés les Chariots de Feu ?

par le Père Louis-Marie Guitton.

Il a fallu quelques jours aux réseaux pour traduire et diffuser les paroles improvisées du Saint Père lors d’une audience avec les membres de CVX. Laissant de côté son discours, le Pape a brossé d’une manière très claire le portrait du chrétien engagé en politique. Face à la culture du rebut où l’on jette les personnes par amour pour le dieu argent, il n’est pas possible de rester spectateur du haut de son balcon.

S’impliquer en donnant le meilleur de soi-même, c’est assurément aller au devant d’une forme de martyre. Garder son idéal de recherche du bien commun sans se laisser corrompre, c’est un vrai travail « martyrial »… Aucune équivoque possible : tu ne peux faire de la politique sans souffrir.

Il m’est revenu en tête les nombreux messages de saint Jean-Paul II aux jeunes à l’occasion des JMJ. Un exemple parmi d’autres : « Aujourd’hui croire en Jésus, suivre Jésus… exige de prendre position pour lui, et il n’est pas rare que ce soit comme un nouveau martyre : le martyre de celui qui est appelé à aller à contre-courant pour suivre le divin Maître. » (Saint Jean-Paul II aux JMJ de Rome, août 2000) Alors que nos frères chrétiens d’Orient subissent le martyre au sens le plus littéral, il est plus que temps que se lèvent les martyrs en Occident. Où sont donc passés les martyrs du dimanche ?

Dans sa lettre sur le dimanche, Dies Domini, saint Jean-Paul II, puis plus récemment en 2005, le pape Benoît XVI, évoquaient l’un et l’autre la figure des martyrs d’Abitène en 304. Ils furent arrêtés parce qu’ils étaient réunis un dimanche pour la célébration de l’eucharistie. Interrogés par le proconsul qui leur demandait pourquoi ils avaient bravé les ordres impériaux, ils répondirent : « Sans le dimanche nous ne pouvons vivre ! » Et Benoît XVI de commenter : « Pour nous non plus, il n’est pas facile de vivre en chrétiens, même s’il n’y a pas ces interdictions de l’empereur. Mais d’un point de vue spirituel, le monde dans lequel nous nous trouvons, souvent marqué par la consommation effrénée, par l’indifférence religieuse, par un sécularisme fermé à la transcendance, peut apparaître comme un désert aride. »

Dans « l’oubli du dimanche », il y a bien sûr les raisons économiques, mais quid par exemple des « grands-messes sportives » ? Où sont donc passés les Chariots de feu ? Qui n’a pas en tête la musique de ce film ayant si bien su en son temps illustrer et mettre en valeur le courage et l’amitié, le dépassement de soi et l’esprit d’équipe? Qui se souvient en revanche que le point d’orgue de cette histoire est atteint lorsque le héros renonce à une médaille assurée aux Jeux Olympiques, par respect pour le Jour du Seigneur ? Impossible de courir un dimanche…

La Loi Macron a beaucoup fait parler d’elle, sur le fond comme sur la forme. Parmi ses mesures-phares figure entre autres la libéralisation et l’assouplissement des règles régissant le travail dominical. Les sénateurs sont même allés plus loin que les députés (ouverture dominicale permanente des commerces de biens culturels…) Le débat a bien eu lieu, mais si faible et tellement peu audible, les plus actifs à l’Assemblée n’étant pas forcément ceux qu’on imagine. Le plus surprenant n’est pas tant cela que le manque de réaction des chrétiens eux-mêmes, et des catholiques en particulier, théoriquement concernés au premier chef. Quelques voix se sont bien élevées, mais comme résignées d’avance, à l’évidence peu préparées à un combat pourtant annoncé et peu désireuses de passer une nouvelle fois pour d’affreux conservateurs. Les courageux qui ont porté le fer se sont sentis bien seuls…

  • Dominique

    Bonjour,

    Je ne sais pas de quand date cet article, mais je mets ici un commentaire pour réagir au propos disant que les chrétiens ne réagissent pas au projet d’élargir le travail le dimanche.

    Voici cinq raisons qui me conduisent à ne pas m’opposer personnellement à la loi :

    1- Le dimanche, jour du Seigneur, est fait pour l’homme et non l’homme pour le dimanche.

    2- Si le dimanche est le premier jour de la semaine au sens du catéchisme, le jour du repos est le samedi. Donc on peut travailler le dimanche. J’imagine d’ailleurs qu’au royaume de Dieu, on ne chôme pas.

    3- Tous les jours sont des jours pour le Seigneur.

    4- Je ne vais pas lutter contre des lois qui autorisent car la liberté est importante dès lors bien sûr que tout le monde peut bénéficier de la même liberté.

    5- Je ne connais personne autour de moi, chrétien ou non, qui se doit dit préoccupé par cette loi.

    Pour autant, je ne suis pas un consommateur du dimanche et je trouve qu’il serait préférable pour la cohésion de la société, à commencer par la famille, de pouvoir disposer d’un jour hebdomadaire commun sans travail. Mais il appartient à chacun de réfléchir, d’expérimenter, de prendre conscience et de choisir. Pour ce qui me concerne, les dimanches matin de 9h à 14h, je visite les malades à l’hôpital.

    Bonne continuation à vous.

    Cordialement.

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