Morale ou politique ? la responsabilité sociale du chrétien

Morale ou politique ? la responsabilité sociale du chrétien
4 octobre 2017 Dorothée Paliard

Morale ou politique ? la responsabilité sociale du chrétien

L’espace Bernanos de la paroisse Saint Louis d’Antin à Paris organise un cycle de formation « La responsabilité politique de la foi » animé par le père Xavier Lefebvre et Philippe de Saint-Germain (1). L’objectif est de développer le discernement des chrétiens pour que leurs engagements politiques servent du mieux possible le monde. La première séance avait lieu le 3 octobre avec Thibaud Collin (professeur agrégé de philosophie, auteur de « La République, les religions, l’espérance » publié chez Cerf) comme conférencier, un peu pour camper le décor.

Y furent présentées les nuances entre éthique de responsabilité et de conviction, et ce qui distingue la morale de l’éthique. La neutralité éthique de l’État conduit à la privatisation de tout ce qui ne relève pas de sa mission première, et donc tous les sujets sociétaux où plus de permissivité sera la ligne de conduite.

Nous prenons possession de nous-mêmes, de nos vies pour devenir heureux. Vraiment heureux. Cette liberté d’acteur de nos propres vies nous permet de poser des décisions, des actes qui débordent notre personne et façonnent la société, en favorisant le bien commun ou en le desservant.

Même si certains voudraient que l’Église se taise à l’agora de nos pays laïcs, elle est, comme communauté de conviction et sans être partie de l’État, responsable de tout.

Cette évocation en 3 minuscules paragraphes est bien sûr trop succincte et incomplète, elle est indigne de l’enseignement qui fût dispensé. Mais deux points saillants de la conclusion m’incitent à laisser vagabonder mes réflexions.

Exclure la vérité du champ politique à force de soumission au relativisme, c’est accepter de ne plus avoir que la force pour réguler les relations sociales. Il n’est pas besoin de démontrer que la force, quand elle est inspirée par des désirs nécessairement antagonistes et non la quête de la vérité, conduit aux crises et aux conflits. Le « prophète » George Orwell érigeait un ministère de la vérité dans 1984, sans doute sa plus géniale et abominable trouvaille : en charge de l’appauvrissement linguistique et du révisionnisme permanent et industrialisé, il s’avérait l’outil d’asservissement le plus puissant qui puisse être conçu.

Origène a écrit que « le Christ ne triomphe de personne sans qu’il le veuille lui-même. Il ne triomphe qu’en convainquant : car Il est la Parole de Dieu. » Le terme martial de « triomphe » peut surprendre quand il s’agit de notre rédemption. Comme pour l’Annonciation, mais à l’échelle de chaque personne, notre salut dépend d’un « fiat », d’un amen, d’un ainsi soit-il d’homme jouissant de cette liberté prodiguée par le Créateur dans son amour sans bornes.

Nous, nous savons qu’Il est la route, la vérité et la vie. Et que la vérité nous rendra libre.

Les parisiens qui le veulent et le peuvent seront je pense bien accueillis aux 7 prochaines conférences pour cheminer ensemble, mieux discerner la vérité et vivre cette liberté.

Rémy Mahoudeaux

(1) Cycle de 8 conférences, une par mois, de 19:00 à 21:00 à l’ Espace Bernanos de la paroisse Saint Louis d’Antin. Plus d’informations www.espace-bernanos.com

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