Mgr Rey : « Amoris Laetitia est une somme sur l’amour conjugal »

Mgr Rey : « Amoris Laetitia est une somme sur l’amour conjugal »
25 avril 2016 Dorothée Paliard

Mgr Rey : « Amoris Laetitia est une somme sur l’amour conjugal »

Quelle est la nouveauté de l’enseignement du pape François sur la famille par rapport à ses prédécesseurs comme Jean-Paul II et Benoît XVI ?

Je suis frappé par le souci constant du Saint Père de se placer dans le sillage de ses prédécesseurs. Les citations du Magistère illustrent clairement ce qu’il a toujours affirmé : « Je suis fils de l’Eglise ! » François nous offre aussi une synthèse accomplie des apports du Concile Vatican II en matière de morale conjugale et familiale.  Il est en revanche évident que le Pape garde son style propre, éminemment pastoral. Réalisme et simplicité, pragmatisme et miséricorde caractérisent toute son exhortation.

Quels sont les fondamentaux que le pape a voulu rappeler sur l’amour humain ?

On découvre une véritable somme sur la spiritualité de l’amour conjugal et du mariage. Le Pape prend le temps d’approfondir, en partant de l’hymne à la charité de saint Paul, ce lien qui unit les époux. On y trouve comme un écho de Novo milenio ineunte, où saint Jean-Paul II avait tracé le programme pastoral pour le nouveau millénaire. Toute l’exhortation pourrait être présentée comme un petit manuel au service de la vocation des époux à la sainteté. Loin de se contenter d’aborder les « situations  exceptionnelles », le pape rappelle avec force la dimension surnaturelle du sacrement de mariage, sa radicalité et le primat de la grâce.

Pourquoi le pape François insiste-t-il sur le fait que tous les débats – autour la famille – ne peuvent être tranchés par le Magistère ?

En bon pasteur, il sait bien qu’une loi ne peut jamais envisager tous les cas particuliers. Aussi il n’ajoute ni ne retranche rien du déjà riche enseignement de l’Eglise sur la famille et le mariage. Mais celui-ci doit être tout entier lu et compris à la lumière de la Miséricorde, cette clé qui permet de comprendre au mieux la mission du Christ et le cœur de Dieu. Nul n’en est définitivement exclu ! Les regards qui nous élèvent sont ceux qui espèrent le meilleur de nous.

Faut-il parler d’une nouvelle page dans l’histoire de l’Eglise ou d’une continuité avec l’enseignement de l’Eglise ?

Certains ne manqueront pas de chercher des ruptures jusque dans les notes de bas de page. En réalité, il s’agit plutôt d’un manuel de théologie pastorale. Cet enseignement fera certainement date, car il est un fruit mûr de certaines intuitions de Vatican II. Il révèle une synthèse aboutie et paisible. Il est évident que l’accompagnement personnel doit tenir compte d’un certain nombre de facteurs et de circonstances, qui peuvent atténuer ou diminuer la responsabilité.

Le pape François prolonge l’enseignement de saint Jean-Paul II sur la loi de la gradualité. Il s’agit, selon la belle expression de Jean Vanier, de devenir ami du temps, d’être surtout soucieux de favoriser des processus de croissance, d’accueillir et d’encourager ceux qui peinent sur le chemin. C’est un peu un esprit catéchuménal qui demande à être insufflé dans toute la pastorale familiale. 

 

Partagez cette page
Suivez l'OSP sur les réseaux