Marie-Françoise Ousset : « Pour aimer la France, il suffit de la regarder »

Marie-Françoise Ousset : « Pour aimer la France, il suffit de la regarder »
15 mars 2018 Dorothée Paliard

Marie-Françoise Ousset : « Pour aimer la France, il suffit de la regarder »

Marie-Françoise Ousset, guide conférencière

Le colloque sur la culture française, organisé par l’Observatoire sociopolitique du diocèse de Fréjus Toulon, s’est tenu, salle comble, samedi 3 février à Toulon. Parmi les invités, Marie-Françoise Ousset*. La guide conférencière, qui a passé 15 ans au Service des Visites de la Direction des Parcs et des Jardins de la Ville de Paris à faire visiter les cimetières du Père-Lachaise, de Montparnasse, des Batignolles nous a parlé de tout ce que la France a apporté au monde à travers l’art : musique, architecture,  sculpture, peinture…

« La France a une histoire de l’art de 37.000 ans. Nous ne pourrons pas en 1 h 15 évoquer tous les courants artistiques qui se sont succédé. Partons seulement à la recherche de l’âme française, du génie français en mettant en évidence ce qui est typiquement français et ce que la France a apporté au monde.

« La contemplation de toute vraie beauté rend heureux » mais ne cherchons pas la nostalgie. Recherchons dans le passé ce qui est fécond et éternel. L’enracinement est un des besoins les plus fondamentaux de l’âme humaine. Il faut s’appuyer sur le passé pour aller vers l’avenir et le construire. La France fut un grand pays. Pour qu’elle le reste il faut qu’elle s’en souvienne.

Constatons d’abord que la France est un rare pays à avoir su mettre de la beauté : en tout temps pas seulement au grand siècle, en tout pas seulement en architecture ou en peinture mais en musique, en cuisine, pour tous pas seulement pour les rois mais aussi pour les pauvres, en tout lieu pas seulement dans la capitale mais dans chaque province, au fond des ravins comme sur les cimes.

En tout temps

Les Grecs arrivent chez nous vers 600 av J-C. Les Romains ne s’implantent vraiment chez sur notre sol qu’en 121 av. J.C. Ils seront les maîtres en France pendant plus de 500 ans. Ils copieront l’art grec. La Vénus d’Arles est une copie romaine d’une statue de Praxitèle, le grand sculpteur grec du 4ème siècle avant J-C. Elle a été trouvée en faisant des fouilles (1651) près du temple antique d’Arles. Ce sont les marseillais qui, en 60 av. J-C, avaient demandé aux légions romaines qu’elles viennent les défendre contre des tribus envahissantes. Les légions et les romains ne partirent pas. Cette Vénus ressemble beaucoup à la Vénus de Milo. Elle était en trois morceaux, sans bras. Louis XIV l’a trouvé superbe et a demandé à son sculpteur, François Girardon, de lui ajouter des bras et il l’a fait mettre dans la Galerie des Glaces de Versailles. Les grecs vont nous apprendre à centrer l’art sur l’humain et à faire de la beauté avec des gestes naturels au calme olympien

Beaucoup d’autres statues romaines, trouvées sur notre sol, seraient dignes des musées romains tout en étant en marbre des Pyrénées. On pourrait parler aussi du magnifique Ephèbe d’Agde découvert en 1964 lors d’un dragage dans l’Hérault. C’est un prince. Il porte sur l’épaule gauche un manteau court : la chlamide. On sait que la ville d’Agde, au sud de Montpellier, fut construite par les grecs.

Mais bizarrement aucun visage ne sourit comme dans l’art grec (à peine chez les étrusques) et ces visages sont toujours les mêmes pour les femmes comme pour les hommes. C’est bizarre que les grecs ne se soient pas intéressés à ce qu’il y a de plus humain dans l’humain : le visage. Les romains, eux, font de vrais visages.signifie

L’église de La Madeleine de Paris, terminée au 19ème siècle, ressemble comme une sœur à un temple grec. Nous avons été imprégnés de civilisation gréco-romaine. L’Empereur Constantin était dans les Gaules lorsqu’il fut proclamé empereur. Cela peut se voir dans les arts comme dans notre langue.

Les romains nous ont appris à construire des villes solides, en pierre  : Autun, Vienne, Toulouse, Aix en Provence, Orange, Bézier, Fréjus, Bordeaux, Reims, Sens, Saintes, Périgueux, Toulon qui signifie Tolus Martius, Narbonne qui veut dire Narbo Martius. Ils nous ont appris l’ordre et la persévérance. Le pont de Vaison la Romaine a résisté à la terrible inondation de 1992 ; l’eau était montée de 18 m !

Les Romains, comme les Grecs avant eux, nous ont appris à mettre de la mesure dans la grandeur même. Leurs premiers soins n’est pas d’embellir mais de circuler. Ils ont fait en un temps record une quarantaine de routes pavées, des ponts. Ils nous ont apporté l’arc en plein cintre (arc semi-circulaire sans brisure). Celui du Gard qui est, en fait, un aqueduc a une déclivité de 0,4 %, ce qui fait que l’eau coule doucement sur 50 km. Un chef d’œuvre ! L’arc en plein cintre va être copié pendant toute la période romane par l’Eglise car à la chute de l’empire romain, en 476, c’est vers elle que les populations se tournent. Les moines s’inspireront de l’architecture romaine pour construire leurs monastères. Par exemple, celui de Sainte Eutrope de Saintes en Charente-Maritime (ville gallo-romaine). Ce monastère sévère au premier abord, apporte quelques chose que les grecs et les romains avaient ignorés : de la fantaisie et de l’humour (chapiteau de Sainte Eutrope).

Toujours à Saintes, les cornes de béliers ioniques deviennent une fougère qui se termine par une petite fleur. Le climat de la France va apporter une fraîcheur dans l’art inconnue auparavant. « Le premier frémissement d’un art vraiment français c’est dans la flore qu’on le trouve » a dit Denise Jalabert, qui fut Conservateur des bâtiments historiques et qui a écrit des ouvrages sur la flore des cathédrales.

On peut retrouver cette même idée, cette même petite fleur à Paris au 19ème siècle sur un chapiteau corinthien cette fois de l’Université Descartes. La France a mis des fleurs sur son étendard alors que les autres contrées mettaient plutôt des bêtes féroces. Elle ne peut pas se désintéresser des fleurs.

L’architrave (partie inférieure de l’entablement, linteau ou plate-bande reposant directement sur les supports -colonnes, etc-) de l’église Aulnay en Saintonge est accueillante, à échelle humaine mais, incroyable ! L’église accepte que l’on décore avec des légendes qui n’ont strictement rien à voir avec le christianisme : un homme-cheval, un autre à moitié oiseau, un âne jouant de la harpe, un cyclope, un hibou, un homme-hippocampe, un cheval ailé, des sirènes de chaque côté : sirène ou serpent. Bref des histoires farfelues racontées depuis Esope (fabuliste grec 6° s. av. JC). Ces légendes ont été rapportées par Caius Julius Phaedrus (mort en 50 ap. J-C) auteur de 123 fables imitées d’Esope, En dessous, plus sages tout de même : les 24 vieillards de l’Apocalypse qui tiennent des harpes (ici on dirait des violons) et des coupes de parfums. On sait que l’art roman empruntera au monde romain la sirène, le centaure, le griffon.

En 815, sous un fils de Charlemagne, Louis 1er, on invente le plan cruciforme et le chœur de forme arrondie pour les chanteurs que l’on place derrière l’autel. L’église à cette époque, est la grande maîtresse en civilisation. Elle va ajouter à l’architecture romaine des petites chapelles arrondies pour que plusieurs prêtres puissent dire la messe en même temps. Cela permet de consolider les murs. Le temps n’est pas loin où l’on trouvera en France 400.000 clochers. En 814, sur 1800 abbayes en Europe, 400 sont en Gaule franque mais beaucoup ont disparu. A cette époque, la France donne au monde le mot chapelle qui vient de la chape de St-Martin de Tours (mort en 397). Ce manteau dont les officiers romains payaient la moitié.

La tradition rapporte qu’en 507, à la bataille de Vouillé, Clovis fit amener la chape bleue de saint Martin et obtint alors la victoire sur le roi wisigoth Alaric.

La Grèce antique n’est pas oubliée : on se souvient que les colonnes doivent être renflées. On se souvient des chapiteaux ioniques ou corinthiens mais on leur apporte une fantaisie nouvelle et surtout on trouve des idées nouvelles pour lier harmonieusement les 4 côtés du chapiteau… ce que les grecs et les romains avaient du mal à faire.

A Saint-Germain- des- Prés à Paris on trouve des aigles, ou peut-être des phénix, cet animal mythique qui renaît de ses cendres. La Grèce antique est toujours là mais on la met un peu de côté : la France s’affirme.

(La colonne grecque peut être dorique, ionique, corinthienne ou toscane). Ionique se dit lorsque le chapiteau est comme décoré de volutes, comme des cornes de béliers.

On peut dire – et on l’a écrit – que la France, vers l’an Mil, devient le fer de lance de ce mouvement européen qu’est l’Art roman. « La France se couvre d’un blanc manteau d’églises » dit un texte du moine Glaber, chroniqueur de l’an Mil. Il n’y eut jamais de « terreur de l’an mil ». La peur ne fait pas faire de chefs d’œuvre.  « Il faut savoir raison garder » fut la devise des Capétiens même si cette phrase est sans doute d’Aristote. Les moines sont aidés des villageois et même parfois de chevaliers qui après une vie de batailles et de grands coups d’épée, finissent comme maçons. Elles sont recueillies et sages à l’extérieur, nos églises romanes… mais à l’intérieur… quel humour ! Au Mans : fraîcheur – humour. A la cathédrale St-Julien de Souillac (Lot) : le « trumeau fantastique » (dont vous avez un moulage au Musée de l’Architecture et du Patrimoine -ex Musée des Monuments Français) : des hommes ont l’air de se faire dévorer par des animaux bizarres, un loup au milieu.«L’imagination au pouvoir», avant d’être un slogan, ce fut une réalité. Les bénédictins ont certainement travaillé de leurs mains. Ils ont voulu représenter l’enfer mais n’ont pas voulu nous faire peur mais nous faire rire ! Ce pilier a demandé une dextérité bien plus grande que ce qu’a fait au 20ème siècle, le sculpteur Arman (1928-2005) avec cet empilement d’horloges devant la gare St Lazare à Paris !

Autre constante de l’art français : aucun repli sur soi. Le tympan somptueux de l’abbaye de Vezelay (Bourgogne) nous montre une fois de plus des êtres bizarres. Dans la voussure extérieure : des feuillages stylisés ! En dessous les signes du zodiaque entremêlés avec les travaux des champs (pour montrer que l’Eglise ne se désintéresse pas de tout ce qui peut faire l’homme : sa nature humaine et son travail. Puis, dans les compartiments, sur notre gauche, le troisième à partir du bas, on voit des frères siamois, plus haut des hommes à tête de chien. Dès le 12ème siècle, en effet, certains récits de voyage parlent de « cappadociens, peuple de frères siamois » et de « cinocéphales, hommes à têtes de chiens de la vallée du Gange » et « d’Ethiopiens aux nez aplatis » ! … que vous pouvez voir dans le compartiment en haut à droite. Dans le compartiment en bas à droite, ce sont des arméniens chaussés de patins, et en dessous, on représente – toujours selon des textes mal interprétés – des « Panotii aux grandes oreilles » et puis deux nains bizarres. Ces descriptions viennent de Pline l’Ancien, ce romain qui fit, dans son « Histoire Universelle », une encyclopédie des connaissances (parfois erronées) de son temps. L’homme du Moyen Age voyage beaucoup. Cet intérêt pour les autres civilisations est une constante en France. Il n’y a aucun repli sur soi dans le peuple comme dans l’Eglise. Ces hommes bizarres, on les a mis près du Christ comme pour dire « S’il y a des hommes différents de nous, ils ont été créés par Dieu eux aussi et ont donc vocation à aller au ciel ». Est-ce que, dans l’art des autres civilisations il est parfois fait référence à d’autres religions ? Ce n’est pas sûr. Pourtant le film « Au nom de la Rose » fait du Moyen-Age une époque d’obscurantisme et de terreur.

Au XIIème siècle, l’abbé SUGER, cet Abbé bénédictin qui commença la basilique de Saint-Denis (et fut conseiller des rois Louis VI et Louis VII), a reçu un vase égyptien en porphyre, un peu trop sévère pour lui. Alors, il lui fait rajouter des ailes et un bec d’aigle en or. Ce fut une constante dans l’art Français. On accueille les influences étrangères, on s’en inspire et puis on se dit « D’accord ! On a compris » et on met le tout à la sauce française, plus légère, plus gaie. Cette capacité d’assimilation sans sombrer dans la copie avait déjà été remarquée par Jules César dans son De Bello Gallico qu’il écrivit entre 52-51 Av. J-C.

Il est vrai cependant, qu’à cette époque, Saint Bernard de Clervaux trouve qu’il y a trop de fantaisies et de richesses dans les lieux de culte, alors les églises de l’Ordre de Cîteaux, dont il devient le supérieur, deviennent sobres et dépouillées à l’extérieur comme à l’intérieur (Abbaye du Thoronet). A sa mort, à 62 ans, en 1153, St Bernard avait créé 393 monastères en Europe. La France a donné au monde l’art cistercien et, dans un même élan, la seconde partie de l’Ave Maria. « Cette Marie, mère de Dieu…» fut composée par St-Bernard.

Il y aura 742 abbayes cisterciennes à travers le monde : en Equateur, Corée, Inde, Nigéria, Indonésie, Algérie (Tibéhirine), Etats-Unis (Spencer). Les cisterciens ont inventé le marteau actionné par la rivière : 120 coups à la minute.

Au XIIème siècle encore, la France donne au monde les Vierges couronnées. C’est, paraît-il, une idée qui a germé vers l’an 1100 en France, grâce à un groupe de chrétiens autour d’un neveu de Saint-Anselme. Le premier vitrail représentant une Vierge couronnée fut commandé par Suger pour l’église Saint-Etienne qui était à l’emplacement de Notre-Dame de Paris. Ce vitrail est malheureusement perdu.

A partir de cette époque la Vierge Marie accèdera aux emplacements traditionnellement réservés au Christ.

L’art roman

L’art roman peut être très élancé mais il ne dépassera jamais 28 m sous voûte. Dans l’art roman, la voûte en plein cintre fait peser sur les murs une telle pression qu’ils doivent être très épais et que l’on hésite à y faire de grandes ouvertures. Par exemple à Saint Lizier en Couserans (Ariège) malgré des cloîtres aux colonnettes très légères, les édifices restent sombres à l’intérieur. Quand on pense que les moines dans cette obscurité parfois recopient « l’art d’aimer d’Ovide » ! Un livre stupide où on apprend à tromper sa femme !

Au milieu du XIIème siècle, il y eut une grande découverte en architecture : la croisée d’ogives. C’est ce croisillon de nervures que l’on voit apparaître tout d’abord dans les celliers, les caves ou les réfectoires mais toujours dans les abbayes bénédictines ou cisterciennes. On peut donc évider les murs entre les piliers et faire de plus grandes ouvertures comme à l’abbaye de Noirlac (dans le Cher).

La lumière peut enfin entrer à flot dans un édifice. C’est la France qui possède la plus grande surface de vitraux au monde…Calme, majestueuse mais simple : la nef de Reims, la cathédrale des sacres des rois de France. Jeanne d’Arc y fit sacrer Charles VII. Un siècle d’harmonie. 35 m de hauteur sous voûte. Ces cathédrales ne sont pas signées. On les fait pour Dieu, non pour sa propre gloire. Ce n’est qu’à la fin du XIV ème siècle que l’on commence à signer ses œuvres.

En France, c’est la cathédrale de Metz la plus claire de toutes les cathédrales du Moyen Age. 6.500 m² de vitraux ! On l’appelle « La lanterne du Bon Dieu » tellement, la nuit, elle irradie la lumière à l’extérieur. Quand on pense qu’on a appelé cette époque l’obscurantisme médiéval ! Le verre-cathédrale (vitrail légèrement dépoli pour qu’on ne puisse voir à l’extérieur) est une invention française. Il remplace les fines plaques d’albâtre ou le papier huilé.

Le chef d’œuvre de légèreté est la Sainte-Chapelle de Paris qui n’a presque pas de murs. Elle fut construite comme reliquaire pour y déposer la couronne d’épines du Christ que Saint-Louis venait d’acheter aux chrétiens de Constantinople. Nos maîtres-verriers, à cette époque, étaient demandés en Espagne, en Italie. Mais à propos, dans quel pays est vraiment né l’art gothique ? Il faut savoir que cet art n’a strictement rien à voir avec les Goths, les Ostrogoths, les Wisigoths. L’art gothique est né en France mais la France, à l’époque, n’était que l’Ile-de-France et le nord de la France

La première cathédrale est Saint Denis (commencée dans la première partie du XIIème siècle par l’abbé Suger mais que Saint Louis terminera au XIIIème siècle, 26 m de hauteur sous voûte) dont la façade occidentale est encore très romane. Alors, attention ! Des gens très instruits vous diront qu’il y a, à Durham, en Angleterre, une cathédrale légèrement plus ancienne que Saint-Denis, il faut répondre qu’elle est en grande partie romane, que les pierres viennent du Cotentin et que ce sont des moines bénédictins français qui ont bâtie la partie gothique !

L’art gothique

Alors pourquoi dit-on « gothique » ? C’est le peintre Vasari, ami de Michel-Ange, qui, au XVIème siècle, a lancé ce mot de « gothique », pour se moquer de notre art, pour faire croire que tout ce qui venait du Nord était barbare. Auparavant, on disait « l’art des Français ». En latin « Ars (ou « opus ») francigenum ». L’Italie avait besoin d’argent à cette époque ! Elle a été jalouse de cette petite Ile-de-France qui n’avait pas fait beaucoup parler d’elle avant ; elle semblait retenir son souffle devant ces montagnes de dentelles de pierres jamais vues auparavant. Quel dommage que si peu de français le sachent !

Le poète Charles Péguy (qui est l’initiateur des pèlerinages à Chartres) le savait, lui, que l’art gothique était l’art français par excellence puisqu’il fait dire à Dieu dans un de ses poèmes : « Les peuples de la terre te disent léger car tu es un peuple prompt mais Moi, je t’ai pesé, dit Dieu, et je ne t’ai pas trouvé léger, ô peuple, inventeur de la cathédrale, je ne t’ai pas trouvé léger en foi. »

La cathédrale de Strasbourg fut le bâtiment le plus élevé du monde avec 142,11 m de haut (ce n’est qu’en 1874 que l’église luthérienne Saint-Nicolas de Hambourg la surpassa avec ses 147 m de hauteur. De nos jours est en construction la Kingdom Tower en Arabie Saoudite qui devrait atteindre 1.000 m !

Connaissez-vous la cathédrale de Canton en Chine ? Notre art Gothique a essaimé très vite très loin… C’est un français, Vautrin, qui fut chargé de cette cathédrale (terminée en 1888). Il s’inspira de Sainte Clotilde à Paris.  La France a donné au monde l’art Gothique. Au Mans, lorsque la Reine Bérengère, femme de Richard cœur de lion, veut agrandir la cathédrale qui était romane et faire un choeur gothique, elle écrit à Philippe-Auguste « Nous ferons le chœur dans le style français » (« Ars francigenum » en latin). Elle ne sait pas dire autrement. Ce chœur du Mans culmine à 33 m sous voûte… alors que la nef romane et la chapelle axiale, à droite, ne font que 23 m sous voûte. Pour que la cathédrale Saint Julien tienne mieux, on a dédoublé les arcs-boutants afin qu’ils aient deux points d’appui au sol car le ravin est proche. Ils sont donc en forment d’Y renversés. « Le plus beau chevet de France », disait Rodin. Une cascade de pierres, en tout cas. Elles sont solides nos cathédrales.

Les arcs-boutants

Quelles sont les 3 fonctions d’un arc-boutant ? Tenir le mur, bien sûr. Faire beau parfois car certaines églises auraient tenu sans arcs-boutants. Notre-Dame de Paris a tenu sans arcs-boutant pendant 60 ans. Et troisième fonction des arcs-boutants : ce sont des gouttières pour évacuer l’eau le plus loin possible des fondations. Maintenant ces arcs sont souvent recouverts de plomb mais à Notre-Dame, ils sont creux et ils se terminent par des gargouilles qui crachent l’eau le plus loin possible des fondations (à droite).

La France a fait jaillir du sol 80 cathédrales gothiques, 500 grandes églises, des milliers de petites églises et elle a extrait plus de pierres que l’Egypte, sachant que la grande pyramide, à elle toute seule, fait 1,5 million de m3 de pierres. Montesquieu disait : « chose admirable, la religion chrétienne qui semble n’avoir d’autre objet que la félicité dans l’autre vie, fait encore notre bonheur dans celle- ci »

On pourrait croire que la Grèce et la Rome antiques sont oubliées, n’est-ce pas ? Et bien : pas du tout ! On parle beaucoup latin à cette époque et certaines femmes sur les murs de nos cathédrales sont habillées à l’antique. Cela peut paraître étrange cet amour pour cette civilisation romaine alors qu’elle a fait tant de martyrs chrétiens. Mais Saint-Justin, au IIème siècle, disait déjà « Tout est nôtre de ce qui a jamais été dit de vrai ». Il disait cela du paganisme qui allait le tuer ! Le sculpteur Rodin, qui était un amoureux des cathédrales, a dit : « Toute la France est dans les cathédrales comme toute la Grèce est en raccourci dans le Parthénon ».

Les premiers chrétiens ont pris tout ce qu’avait de bon la civilisation antique, les 7 arts libéraux notamment qui ont été enseignés jusqu’à la Révolution : grammaire, dialectique, rhétorique, arithmétique, musique, géographie, astronomie.

Le sculpteur Rodin disait « Pour faire de telles merveilles, il fallait avoir l’âme douce ». André Malraux, agnostique, a fait remarquer que « jamais on n’avait mis autant d’humain dans le sacré » et que « jamais on avait vu fleurir autant de douceur sous autant de panache ». Ici Beauvais, 48 m sous voûte, la plus haute cathédrale gothique du monde. (Mais la plus spacieuse est Séville en Espagne).

On remarque de nombreuses petites plantes des talus, celles que l’on foule au pied qui sont immortalisées à côté des saints ou des anges. On trouve souvent du houx, figuier, lierre, noisetier et surtout du chou ! « Chou rampant » ou « chou frisé » dit-on en architecture. On sait que les gaulois mangeaient du chou deux fois par jour l’hiver et d’ailleurs les arabes appelaient le chou « le légume des chrétiens » ! Le sculpteur Rodin a dit : « le tempérament français a réalisé la perfection et il l’a recouverte d’un voile de modestie ».

Y a-t-il d’autres civilisations qui aient mis autant de fleurs dans leur architecture ?

On trouve aussi beaucoup d’humour. Sur de nombreuses « miséricordes » (sorte de strapontin qui permettait de s’asseoir pendant les offices en paraissant debout) on trouve non seulement de l’humour mais même des scènes vraiment scabreuses et l’Eglise a laissé passer cela !

On trouve de la gauloiserie aux endroits les plus en vue des cathédrales. Au portail central de Notre-Dame de Paris, une démone est assise sur une tête de moine et fait carrément pipi, sur une tête d’évêque (on voit des gouttelettes sur sa mitre) et de roi ; et le roi, il a la tête en bas, les fesses en l’air et un petit démon lui met un bâton dans l’arrière train ! Or le roi à l’époque c’est Saint-Louis. On sait qu’il a vu la façade de Notre-Dame de Paris terminée et il a laissé cette sculpture. Donc ne soyons pas plus puritains que Saint Louis. Aucun puritanisme en France (ce mot n’arrive en France qu’à la fin du XIXème siècle. Il vient du mot anglais « purity »).

Malgré quelques femmes démones, c’est surtout l’amour, le respect de la femme que montrent nos cathédrales. Dans la représentation des vices et des vertus, les vertus sont toujours des femmes (à quelques exceptions près) et les hommes des vices. Comme misogynie, on fait mieux !

Le XIIIème siècle est l’époque de l’amour courtois. Le chevalier fait des prouesses pour sa Dame. Même en Italie, on n’a jamais atteint ce degré d’élégance courtoise envers la femme. Le terme même de « Notre-Dame » arrive à cette époque. Avant les églises s’appelaient « Sainte Marie ». Peut-être est-ce en France que l’on trouve, dans l’art, autant d’hommes agenouillés devant des femmes. Cela aussi c’est de l’art, du grand art !!!

Et les femmes en sont ravies. Malgré des scènes d’enfer, l’art gothique est gai. Jamais l’Egypte, la Grèce ou la Rome antique n’avaient réussi ou voulu faire sourire la femme en sculpture comme en peinture. Allez dans les musées pour vérifier !

Mais les beaux jours ne vont pas durer. Au XIVème siècle, la Peste Noire décime presque la moitié de la population française, et la France donne au monde les « danses macabres ». La plus ancienne était, non pas en Allemagne, comme on l’a cru pendant un certain temps, mais à Paris : c’était celle du cimetière des Innocents (à l’emplacement de l’actuelle fontaine des Innocents). Elle était de 1424. Malheureusement elle a disparu.

Au 14ème siècle arrivent les premières Piéta et les premières grandes mises au tombeau. La tristesse du temps nous donnera des expressions qui sont parmi les plus émouvantes au monde.

Chambord

C’est peut-être Léonard de Vinci qui a fait le plan de Chambord, somptueux comme savent faire les italiens, mais les toitures… En avez-vous vu en Italie des toitures comme celle-ci ? Non ! Ces tours, ces clochetons sont français

Chenonceau est tout frémissant de féminité. C’est une femme, Catherine Briçonnet, qui en a fait les plans. Et c’est Catherine de Médicis (la femme d’Henri II) qui a voulu cette galerie sur l’eau. C’est à cette époque que le poète Joachim Du Bellay, retenu en Italie, a la nostalgie de la douce France : « Quand reverrai-je hélas de mon petit village fumer la cheminée… plus mon Loir (sans « e » ! C’est un affluent de la Loire) gaulois que le Tibre latin, plus que l’air marin, la douceur angevine ». Tout est dit : Rome est toujours étudiée mais la France, elle, est aimée.

Charles VIII avait fait venir le sculpteur della Robbia, Benvenuto Cellini, Mazzoni. François 1er a fait venir Léonard de Vinci, Serlio, Le Rosso, Le Primatice.

Les italiens nous ont apporté une somptuosité, une dextérité remarquable mais aussi un certain maniérisme. Ces femmes (par Le Primatice) qui sont à Fontainebleau, sont impersonnelles et moins émouvantes, me semble-t-il, que ce que faisaient les paysans ou les moines dans les campagnes françaises. Alors au bout d’un moment les français vont en avoir un peu assez de travailler sous les ordres des italiens. Il va y avoir une réaction.

Les plafonds à la française

 

Fin XVIème siècle, la France donne au monde les plafonds « à la française » (Ici celui du château de Blois)… et les lits à la française (cela veut dire que le baldaquin a la même forme que le lit et que le lit à la tête contre le mur), et, début XVIIème siècle, les toits à la Mansart : « Mansard roof » en anglais. (Il s’agit deFrançois Mansart et non pas de Jules-Hardouin Mansart son neveu par alliance. Il y eut 5 architectes dans cette famille !).

Mais au milieu du 17ème, une grande vague italienne déferle à nouveau sur la France et l’Europe : l’art baroque que l’on accueille avec enthousiasme. Cet art baroque est une réponse à Luther qui veut enlever tout ornement des églises et surtout les statues de saints. Cet art baroque se répandra beaucoup du midi jusqu’en Bretagne tout au long du 17ème siècle.

Mais bizarrement, en Ile-de-France, cet art ne s’est pas vraiment implanté.

Nos façades ne sont pas aussi colorées qu’en Italie. Elles sont parfois grises, un peu plates ; elles ondulent moins qu’en Italie. Elles sont trop sages peut-être avec leurs lignes droites. Oui ! Mais la ligne droite cela peut donner aussi Versailles ! Et le « Grand Siècle » commence. La France donne au monde les jardins à la française. Réguliers sans monotonie, mesurés dans la grandeur, équilibrés dans la majesté, noblesse sans sécheresse. « Le roi ne veut que du grand mais en même temps que du sage et du raisonnable » dit à l’époque le Chancelier de Pontchartrain. Le classicisme est une ascèse… Cette perspective est à la fois exaltante et apaisante. Chantilly : le jardin préféré du jardinier André Le Nôtre. A cette époque les anglais disent de nous : « Ces français sont enragés d’unité » ! La simplicité peut atteindre au sublime.

Tout en inventant un art bien français, nous restons les héritiers de l’art gréco-romain. Dans le parc de Versailles, le Rhône du sculpteur Coysevox ressemble beaucoup au Tibre romain mais on sent que les sculpteurs du XVIIème siècle veulent faire mieux que les romains. Ce petit amour a l’air de dire à ce grand fleuve « Fais attention à moi ! Ne reste pas trop romain ! On est chrétien maintenant en France et les pères de famille n’ont plus le droit de tuer leurs enfants comme c’était le cas dans la Rome antique ».

Les portes-fenêtres

Dans un même élan, la France donne aussi au monde les portes-fenêtres. Comment dit-on «porte-fenêtre » en anglais ? « French Window » ou « French bow » !!

Au 17ème siècle, il y eut Pascal, il y eut Descartes. Il y eut l’abbé Picard qui calcula les longitudes… et l’Abbé Mariotte qui fit faire à l’hydraulique des progrès énormes. D’une ville sans eau, sans aucune rivière, seulement quelques marécages, ils ont réussi à faire le symbole des Grandes Eaux ! C’est extraordinaire ! Mais au Grand Siècle, on ne s’intéresse pas qu’à l’eau.

Le champagne

On s’occupe aussi du vin ! La France a donné au monde le champagne. Le bénédictin Dom Pérignon meurt la même année que Louis XIV, en 1715. Son disciple est Dom Ruinard, bénédictin lui aussi, qui a donné son nom à un de nos meilleurs champagnes. C’est le grand siècle a tous points de vue … malgré l’Edit de Nantes qui, comme vous le savez, n’est pas une jeune femme anglaise ! (C’est Marcel Proust qui a dit : « Le comble de l’ignorance serait de croire qu’il s’agit d’une jeune femme anglaise lorsque l’on parle de Lady de Nantes !! »).

L’âme française, fraîche, souriante, n’a pas été supprimée sous Louis XIV, comme on le dit parfois. Dans le parc de Versailles ces petits amours semblent attendre que les fleurs poussent. Louis XIV avait écrit un jour : « Je veux de l’enfance répandue partout ».

Il s’est d’ailleurs plus intéressé à son parc qu’à l’intérieur du château. Voulant tout comprendre par lui-même, il prenait parfois les sécateurs des mains des jardiniers.

Mais pourquoi Louis XIV n’a pas fait un grand et beau théâtre pour Molière qu’il aimait tant ? Celui de Versailles date de Louis XVI. Peut-être parce qu’il a fait passer avant son plaisir les culs de jatte et les manchots des guerre et ils leur a fait  palais, peut-être plus beau que Versailles, avec ce dôme magnifique par Jule Hardouin Mansard, plus beau que Saint-Paul de Londres, que Saint-Pierre de Rome et de beaucoup d’autres. Ce sont les Invalides. Ce fut la grande pensée du règne. On n’a pas dit cela de Versailles ! Versailles commence en 1661 ; les Invalides en 1671. Louis XIV y avait pensé tout jeune. Il ne supportait pas de voir ces vieux soldats mendier sur le pont-Neuf. Alors certains diront : « Oui ! Mais c’était pour la gloire de ce roi vaniteux ». Peut-être vaut-il mieux mettre sa gloire à combler les pauvres.

Rappelons aussi que c’est Charles VI (le fou) qui avait introduit les femmes dans les jeux de cartes en remplacement du cavalier. Il n’y en avait aucun autre exemple dans le monde.

Les ballets

A cette époque La France invente l’opéra-Ballet (grâce aux musiciens André Campra, Rameau et Lully) et le roi Louis XIV ne craint pas de monter sur scène. Le musicien Marc-Antoine Charpentier n’attend pas la télévision pour composer l’air de l’Eurovision. Lully n’attend pas les anglais pour composer l’air du « God-Save the Queen » qui fait partie d’un de ses Te Deum. La France est riche de tellement de talents qu’elle peut en donner aux autres pays.

Pendant ce temps, Louis XIV se détend au Grand Trianon qui, pour le monde entier, est typiquement français. Il a donné lui-même à l’architecte Jules-Hardouin Mansart l’idée de cette élégante colonnade en marbre des Pyrénées, « sans rien en elle qui pèse ni qui pose » comme dirait le poète Verlaine. Certains pays trouveraient peut-être que ce château n’est pas digne d’un grand roi.

Sous Louis XIV, on construit, à Paris, la Place des Victoires, une quarantaine de couvents, la cour carré du Louvre, les quai de la Seine, les arcs de Triomphe de Saint Denis et de la Porte Saint-Martin, on rase les remparts, on réalise les grands boulevards plantés d’arbres. On trace les Champs-Elysées… et après on ose dire que Louis XIV s’est désintéressé de Paris et qu’il avait peur des parisiens !

Le pli à la française

La France donne au monde la robe ou le « pli à la française ». C’est celui qui part du col et qui est plat. Ce délicieux Watteau, si français ! De quel siècle est-il ? On le croit du 18ème. Pourtant, il a vécu la plus grande partie de sa vie sous Louis XIV puisqu’il est né en 1684 et mort en 1721. Watteau est le peintre des fêtes galantes ; pourtant il ne lui est arrivé que des misères dans sa vie ; il était pauvre ; il est mort tuberculeux à 37 ans, mais il a eu l’élégance de ne jamais montrer ses angoisses dans ses tableaux. C’est de l’art cela aussi.

Watteau est le peintre des sentiments fugitifs. On retrouve ce pli à la Française dans ce tableau de Jean-François de Troy au 18ème siècle et, de nouveau, un homme à genoux devant une femme. Il porte « l’habit à la Française ». Cela consiste en un gilet et une redingote par-dessus. Les académiciens l’ont à peu près conservé.

Sculpture

Mais le XVIIIème siècle est un grand siècle pour la sculpture. Citons Houdon qui fait toujours une larme de pierre sur la prunelle pour montrer le rond blanc que nous avons tous sur la pupille. Il a pris sur le vif le philosophe Diderot qui est en train de parler, tout au moins de penser. Les philosophes préparent la Révolution Française mais à cette époque tout le monde s’en balance. Antoine FRAGONARD (1732-1806) peint ici « La balançoire ». Toujours ce style français « Sans rien en lui qui pèse ou qui pose ».

C’est sous Louis XVI que nait l’expression « Heureux comme Dieu en France » lancée par les juifs de France qui ont été particulièrement avantagés à cette époque. Le mot hébreux est « Azoy » qui veut dire surtout « génial ». On dirait actuellement « cool », « peinard ». Le mot se répandra très vite en Allemagne notamment.

La révolution

Le style change, pendant la Révolution, apportant froideur et conformisme. Ce sera le néoclassicisme. A cette époque, Diderot dit : « L’art a pour mission de faire aimer la vertu et haïr le vice ».

David est le grand peintre de l’époque révolutionnaire, révolutionnaire lui-même puisqu’il a voté la mort de Louis XVI.

La France, si elle est la fille aînée de l’Eglise, est aussi la fille aînée de la Révolution ! La Révolution Française ayant donné des idées à la révolution bolchevique.

Le peintre Boilly (1761-1845), qui est si drôle, échappera, lui aussi de peu à la guillotine. Heureusement pour lui, il avait peint « Marat porté en triomphe ». C’est ce qui l’a sauvé.

Il semble que seuls les pays catholiques ont mis dans l’art toutes les expressions du visage humain : depuis la grande tristesse jusqu’à la grande joie. Vérifiez quand vous voyagez.

Au XIXème siècle

Le XIXème siècle invente une vingtaine d’écoles de peintures différentes : pointillisme, le fauvisme, l’orientalisme, l’art naïf, etc …sans compter le style Napoléon III. Nous ne pouvons pas les évoquer toutes.

La France donne au monde l’impressionnisme. Claude MONET (1840-1926) passe des heures dans la nature à étudier la variation perpétuelle de la lumière. Il peint le port du Havre. Son frère voyant ce tableau inachevé lui dit « C’est une Impression de soleil couchant » : le mot est lancé.

De Claude Monet toujours « la Pie », à Giverny, en Normandie. Les impressionnistes feront des chefs d’œuvres avec des paysages apparemment sans intérêt. Les français sont rapides, trop rapides. Bien souvent, leurs tableaux ne semblent pas terminés. Italiens ou espagnols ne se seraient pas contentés de cela. Ils auraient préféré de plus grands contrastes de lumière, des paysages plus somptueux. Les hommes sont souvent le reflet de leurs paysages.

Le plus grand des peintres paysagiste de cette époque, celui qui a été le Maître des impressionnistes, c’est Camille Corot (1796-1876). Claude Monet disait : « Il n’y a qu’un Maître, c’est Corot. Nous, nous ne sommes rien ».

La dernière phrase que l’on ait entendue de Corot, juste avant qu’il ne meure, fut : « Vois-tu comme c’est beau ? ».

Le réalisme français est toujours présent avec Edgar Degas (1834-1917). De famille aristocratique, (son nom s’écrivait avec une particule) il a su montrer la beauté des scènes familières. Avec « Les repasseuses », c’est  le premier (et peut-être le seul bâillement dans l’art ! Je n’en connais pas d’autre). Il devait être dur de repasser à cette époque ! Est-ce de l’eau pour la patte-mouille qui est dans la bouteille ? Pas sûr ! Mais, une fois de plus, on ne dramatise pas dans l’art français. Degas fait montre, au contraire, d’une certaine tendresse pour ces petites repasseuses.

Dans « L’absinthe », on sent que Degas a eu pitié de cette pauvre petite, complètement perdue devant son verre. Elle a trop bu car le gars sur lequel elle comptait, sans doute, regarde déjà d’un œil connaisseur vers d’autres conquêtes. Entre deux gars, il fallait choisir le bon ! A quoi sert l’art, si ce n’est à faire mieux voir et donc à faire mieux aimer. L’amour fut au centre de notre civilisation.

Mais Degas est plus connu pour ses danseuses. Admirez la profondeur de « La leçon de danse ». Le professeur semble bien âgé ! Il bat la mesure verticalement comme au temps de Louis XIV. On a toujours beaucoup dansé en France, à la cour comme en province. En cette fin du 19ème siècle, c’est « la belle époque », comme on disait.

Au cabaret, c’est un autre style. Jeanne Avril danse (par Toulouse-Lautrec). Et la France donne au monde le French cancan qui remplace la valse. Cette musique d’Offenbach est géniale ! A cette époque, personne ne se rend compte que la plus grande révolution dans l’art arrive en France. Les flonflons en effet couvrent les pas d’un homme qui arrive d’Espagne au tout début du XXème siècle : Picasso lui-même.

XXème siècle

Et la France donne au monde le cubisme et la révolution surréaliste. Nous sommes maintenant dans le monde de l’excessif, ce qui n’est pas grec. Les Demoiselles d’Avignon qui seraient des prostituées attendent le client. Vendues récemment 700 millions d’euros.

Picasso s’est installé à Paris en 1904. Soutine était arrivé de Lituanie en 1912, Max Ernst d’Allemagne en 1913, Miro d’Espagne en 1924, le roumain Tzara (de son vrai nom Samuel Rosenstock) était arrivé à Paris en 1919. Il a lancé un mouvement de dérision absolue le dadaïsme. Comme il le dit lui-même, il s’agit de « détruire les tiroirs du cerveau humain », « Tout est à faire, tous les moyens doivent être bons à employer pour miner les idées de famille, de patrie, de religion».

« Aucun repli sur soi, une fois de plus, en France… quitte à perdre son âme ! »

Aujourd’hui ce n’est pas l’œuvre qui fait scandale ; c’est le scandale qui constitue l’œuvre.

Nous sommes évidemment très loin de Boileau qui disait : « Rien n’est beau que le vrai, le vrai seul est aimable », « Aimez donc la raison : que toujours vos écrits empruntent d’elle seule et leur lustre et leur prix ». Nous sommes loin de la civilisation gréco-latine : pour les grecs, l’outrance, la démesure, « l’hubris » en grec était un péché digne du châtiment des dieux. Où est l’âme française parmi ces œuvres d’art ? C’est l’accueil que nous avons toujours fait aux étrangers. Aucun repli sur soi, une fois de plus, en France… quitte à perdre son âme !

Sur l’art contemporain, lire de Christine Sourgins : « Les mirages de l’art contemporain » et de Jean-Louis Harouel : « La grande falsification ».

« Cette démesure, cette déraison n’est plus l’âme française car, pour les Grecs l’art n’avait pas pour effet de bouleverser l’âme mais de l’épurer, ce qui est tout à fait différent »

Cette démesure, cette déraison n’est plus l’âme française car, pour les Grecs l’art n’avait pas pour effet de bouleverser l’âme mais de l’épurer, ce qui est tout à fait différent. Certains Français s’engouffrent dans cette révolution, notamment Georges Braque (1882-1963) qui est l’inventeur du cubisme. Il a des côtés sympathiques mais, évidemment, le Français moyen, dans sa campagne, lorsqu’il contemple ses tableaux a tendance à trouver que les paysans de France ont fait, avec leurs champs, de bien plus beaux tableaux abstraits… Il compare sa peinture à un amoncellement de petits cubes. D’où le mot cubisme. Braque est aussi l’inventeur du « papier collé ».

La France ne ressemblait pas à ces champs dans le haut Moyen Age. Ce sont les bénédictins, les premiers, qui sont allés défricher là où les romains n’avaient pas eu le courage d’aller.

Quant à Buren, il pense comme Karl Marx qui a dit : « Le bon sens : chien de garde de la bourgeoisie » et aussi « La raison voilà la pire ennemie ». On peut se demander ce que le général allemand Von Scholtitz aurait fait de Paris pendant l’occupation s’il n’y avait eu que ce genre de sculptures dans les rues lorsqu’Hitler lui demanda « Paris brûle-t-il ? ». Paris n’a pas brûlé grâce aux beautés de notre capitale. Notre-Dame de Paris ou les Invalides ont été certainement mieux placés que ces colonnes pour sauver Paris ! Quand on pense qu’on a, en 2009, dépensé 5 millions 800.000 euros pour restaurer ces colonnes !

Heureusement l’humour n’a pas été absent de ce XXème siècle : Albert Dubout, (né en 1905) est un caricaturiste génial (dont les œuvres ne sont pas à mettre dans toutes les mains). Dans l’une d’elles,  il représente des snobs devant une œuvre contemporaine.

Heureusement, grâce à lui, la galanterie française a encore quelques restes et un homme s’agenouille une fois encore devant une femme. Même complètement ivre, il en a encore la force ou le réflexe ! L’humour est une constante bien française.

Pour se moquer, lui aussi, d’un certain surréalisme, Roland Dorgeles (auteur des « Croix de Bois », Prix Goncourt) avec quelques amis, a fait peindre, devant huissier, par la queue d’un âne, dans le jardin du restaurant « Le lapin agile » sur la butte Montmartre, ce tableau qu’ils ont intitulé « Et le soleil s’endormit sur l’Adriatique » et ils l’ont exposé au Salon des Indépendants en 1910. Beaucoup de gens ont crié au génie !

L’âne s’appelant Ali Boron, ils avaient donné comme nom de peintre : Boronali. Ce tableau est toujours exposé à l’espace culturel Paul Bédu à Milly la Forêt (Essonne).

Grâce à Jean-Gabriel Domergue (1889-1962), l’âme de la France est là avec son élégance et sa légèreté. Domergue a appris le métier avec le peintre Degas.

Rien de trop chez René Gruau (1909-2004) dont le crayon va lui aussi à l’essentiel. D’origine italienne mais français par sa mère une Gruau de la Chesnaie, il s’installe Paris à 15 ans. Ami de Christian Dior. La signature de Gruau est toujours surmontée d’une étoile car la première fois qu’il a signé une affiche de mode, une tâche étant tombée malencontreusement près de sa signature, il l’a transformée en étoile. Il disait « le Petit Prince a son étoile. Je peux avoir la mienne ». sGruau encore : « Jolie Madame » pour le grand couturier Pierre Balmain. Quelle rapidité d’exécution ! Rien de trop là aussi. L’élégance et le mystère de la femme ont toujours attiré les vrais artistes.

Il a des idées novatrices ce Gruau tout en restant dans une tradition très française. L’œuvre des grands artistes ne défigure pas : elle transfigure. Quelle élégance ! Il n’y a presque rien sur lui sur internet et il n’est pour ainsi dire jamais exposé… alors qu’il faudrait tellement submerger la laideur par de la beauté, la vraie, celle qui réjouit le cœur. Il est tellement évident que la contemplation de la beauté rend heureux.

De la beauté en tout

Nous venons de voir que la France a mis de la beauté en tout temps et nous avons surtout parlé de sculpture, de peinture et d’architecture. Voyons maintenant si elle a su mettre de la beauté dans d’autres domaines.C’est en France qu’il y a la plus grande variété d’escaliers a fait remarquer l’historien d’art André Chastel. On pense bien sûr à Chambord ou l’escalier à vis du château de la Rochefoucauld (Poitou), l’escalier du jubé de Saint-Etienne du Mont à Paris, en colimaçon. Délicieux ! Ou encore l’escalier de l’Opéra de Paris.

En musique, la France a donné au monde la polyphonie qui est née, à la fin du XIIème siècle, grâce à deux chantres de Paris : Pérotin et Léonin. Le grand historien d’art Louis Gillet fait remarquer par ailleurs que, dès la fin du XIVème siècle, la France est le premier pays musical d’Europe. La France a inventé l’opérette et l’opéra-bouffe, terme lancé par Offenbach.

A la fin du XVIIIème siècle La porcelaine de Limoges devint connue dans le monde entier. Marco-Polo, au XIIIème siècle, fit la découverte en Chine de la porcelaine, cette céramique translucide et sonore. Il l’appela « porcellana » qui est le nom italien de certains coquillages nacrés. La Chine en faisait déjà peut-être sous les Tang (VII -VIII ème siècle avant J-C). Un gisement de kaolin a été découvert en 1768 à Saint-Yriex la Perche, près de Limoges, en Haute-Vienne : c’est l’argile pure mélangée aux roches de quartz et de feldspath qui donne à la fois sa solidité et sa blancheur translucide.

Née à Venise au XVIème siècle, la dentelle est fabriquée en France surtout à partir du XVIIème siècle. Chaque région de France en fera bientôt de différentes. L’église organisait des concours de dentelle dans les villages et la plus belle dentelle était mise sous l’ostensoir le jour de la Fête-Dieu. Les jeunes filles inventaient, à cette occasion, un point nouveau. C’est ainsi qu’est né le point d’Alençon ou point de France, auquel s’adonnait Zélie Martin, la mère de Sainte-Thérèse de l’Enfant-Jésus. Est née aussi la dentelle de Chantilly qui était noire. Il y eut la dentelle de Bayeux, celles des Bigoudènes. Bien sûr la Bretagne a été très créative en ce domaine. Ce n’est pas la capitale qui donnait le ton. Jusqu’à Kate Middleton qui, le jour de son mariage, portait de la dentelle de Caudry (Nord). Il faut dire que les métiers à tisser ont été importés par des ouvriers anglais en France, en fraude, pièce par pièce.

En joaillerie nous avons été des princes. La couronne de l’impératrice de Russie : Maria Feodorovna, femme du Tsar Alexandre 1er, a été réalisée (par Jacob et Jean Duval), en 1882. Il fallait donc faire une œuvre dans le style russe. Mais lorsque les joailliers français font un diadème pour l’impératrice de France : Eugénie de Montijo, femme de Napoléon III : 212 perles et 1998 diamants !

Dans la plupart des langues, le mot « coquette » « coquetterie » n’existait pas. C’est la France qui a donné au monde le mot « coquette ». Regardez dans le dictionnaire anglais : le mot « coquette » est traduit par « coquette » ou par « pretty » qui veut dire jolie, ce qui n’a pas le même sens : on peut être affreuse et coquette ! En allemand, on dit coquette, en espagnol coqueta, en polonais on dit «coquetka ». C’est la France qui a également donné au monde le mot haute couture et le premier défilé de mode a été organisé à Paris par le grand couturier Worth anglais venu très jeune à Paris. Le mot « chic parisien » se dit en français dans presque dans toutes les langues.

La France a donné au monde le Blue Jean dont la toile fut fabriquée au XVIème siècle, à Nîmes. D’où la marque « Denim » que l’on peut voir encore de nos jours sur les blousons en jean surtout. Mais la toile était teinte en bleu en Italie, à Gêne et on parlait du « Bleu de Gênes ». Cela a donné le mot « Blue Jean ». Maintenant, Levi-Strauss aux Etats-Unis vend 20 millions de blue-jeans chaque année.

L’escrime aussi est un art : c’est l’art de toucher sans être touché. Aux jeux Olympiques, la langue officielle est le français et, lorsqu’il s’agit d’escrime, on dit en garde, prêt, allez, prime, terce de New-York à Bratislava ! Christian d’Oriola (mort en 2008) a été quatre fois champion du monde et deux fois champion olympique, ce qui est un cas unique. On l’appelait le « Mozart du fleuret ». En 2011, la France a été pour la 8ème fois consécutive championne du monde. La devise de l’Académie d’armes de France est « Ars pro Patria ». Le 14 novembre 2010, les français ont obtenu, une fois encore, une médaille d’or. Vingt siècles avant notre ère, les chinois apprenaient la technique de l’escrime. Il paraît que la gestuelle de l’escrime permet de retranscrire toutes les nuances des sentiments humains.

Lorsqu’il s’agit de danse classique, on parle également français dans le monde entier depuis Louis XIV, époque qui avait non seulement inventé l’opéra-ballet mais aussi consigné les divers pas de danse. On dit : pas de deux, entrechats, saut de chat, échappé battu partout dans le monde. Ce qui est bien avec la beauté, la vraie, c’est qu’on n’a pas besoin d’expliquer, de parler, pour savoir que c’est beau.

La gastronomie

Mais j’ai gardé le meilleur pour la fin (ou la faim ?) : l’art culinaire. Dans ce domaine, nous sommes les meilleurs. Pourvu que ça dure !« Manger est un besoin. Savoir manger est un art » a dit La Rochefoucauld qui, apparemment maniait les maximes aussi bien que les maxillaires.

Le cuisinier de M. de Talleyrand, Carême – qui portait un nom pas du tout prédestiné – disait d’ailleurs : « La gastronomie marche en tête de la civilisation ». La Gastronomie française a été classée le 10 novembre 2010 au « Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité » institué en 2003 et visant à protéger les cultures et traditions populaires. La Chine a dit récemment : « La Chine et la France sont les deux plus grands pays du monde car ils ont inventé la politesse et la bonne cuisine ».

Jusqu’au XVIIème siècle, il n’y avait pas de restaurant dans les rues (seulement des gargotes, des tavernes ou des auberges à la périphérie des villes). Alors certains ont eu l’idée de vendre, dehors, sur le trottoir, l’hiver surtout, pour les passants, du bouillon chaud et ils criaient « Bouillon restaurant ! » (qui restaure la santé). C’est ainsi qu’est né le mot. La France a donné au monde le mot « Restaurant ». A part quelques pays asiatiques, on emploie partout le mot français : en anglais, en allemand on dit restaurant, en espagnol restaurante, en polonais restauracja etc.

La France a donné au monde beaucoup d’autres mots (tableau de J-François de Troyes) : champagne, foie gras (Le foie gras a pourtant été inventé en Egypte où on gavait les oies avec des figues), omelette, quiche, mayonnaise, dessert, meringue, tournedos, cordon bleu, buffet, bouillon, canapé, fricassée, galantine, soufflé, gratin, éclair, charlotte, financier, gaufres, madeleine, crème brûlée …et beaucoup d’autres.

La France a donné au monde la clémentine. C’est le Frère Clément en Algérie qui l’a inventée. C’est un hybride de bigaradier et de mandarine.

On pourrait faire toute une conférence sur l’apport de l’Eglise catholique en ce domaine. Les bénédictines ont inventé les beignets (du latin oblata = hostie). Les religieuses, les bernardins, les nonettes, les sucres d’orge sortent tous du couvent. Les tripes à la mode de Caen ont été inventées, au XVIème siècle, par un moine cuisinier de l’Abbaye aux Hommes de Caen, etc.)

Si les campagnes ont inventé des plats délicieux, chez nous la cuisine fut aussi le loisir des princes ou, lorsqu’ils ne le sont pas, on les anoblit ! (Henri IV anoblit un certain Nicolas Fouquet un ancêtre du célèbre Fouquet qui vécut sous Louis XIV). Henri IV se préoccupa de la Poule au pot pour chaque famille ! La crème Chantilly fut inventée à la cour des Condé. Louis XV, le Marquis de Béchamel, homme fort riche, s’adonnait à la cuisine… jusqu’au Président de la République Loubet qui a dit un jour « et je vous le ferai quand même mon cassoulet quand je serai à l’Elysée » ! Et il a tenu promesse ! Savez-vous quel est le seul homme à ne pas se découvrir devant le Président de la République ? C’est le chef cuisinier !

Quant au vin, nous sommes les meilleurs. Souvenons-nous que les Celtes ont inventé le tonneau et que ce n’était pas pour le laisser vide ! La France possède la plus grande gamme de crus différents ayant compris, comme a dit notre grand savant Pasteur, que « le vin est la plus saine et la plus hygiénique des boissons ». Attention ! Il est vrai que l’alcool est l’ennemi de l’homme mais, en France, on sait que « celui qui recule devant l’ennemi est un lâche » (Francis Blanche) ! C’est l’humoriste Pierre Desproges qui a dit : « Ne buvez pas au volant, vous risqueriez d’en renverser » !

En France, 109 appellations de vins sont d’origines monastiques contre seulement 27 en Autriche, 17 en Italie. Le Pape Jean XXII fit planter les plans de ce qui deviendra le Châteauneuf du Pape. Le Clos Vougeot est cistercien. Il est vrai que le premier miracle du Christ fut de changer l’eau en vin et il y a 441 mentions du vin dans la Bible, les moines devaient le savoir !

Que dire des fromages ? En France, il y en aurait maintenant 1600 variétés ! Le Brillat-Savarin, avant d’être un fromage, fut un homme de la fin du XVIIIème siècle, qui a dit : « un repas sans fromage est comme une belle avec un œil en moins ». Il a dit aussi « La table est le seul endroit où l’on ne s’ennuie jamais pendant la première heure ». J’ai donc intérêt à mettre les bouchées doubles ! Charles de Gaulle disait : « comment voulez-vous gouverner un pays qui a 246 variétés de fromages ? »

De la beauté pour tous…

Et même pour les pigeons : des colombiers qui ressemblent à des petits châteaux.

… par tous…

 

Les artisans de France ont même voulu embellir ce que personne ne verra de loin. L’amour du travail bien fait ! Le Père de Foucauld (qui a été tué en Algérie en 1916) a dit : « j’ai cru pendant un certain temps qu’il fallait prêcher l’humilité, je pense maintenant qu’il n’y a rien de plus urgent que de prêcher la fierté ».

… et de la beauté partout

Nous avons fait des chefs d’œuvre en creusant par marée basse : Fort Boyard (en Charente Maritime au  XVIIème siècle, voulu par Colbert). Nous avons bâti sur des pics (Le Puy en Velay en Auvergne). Il y a aussi la chapelle de Pierrelongue (Drôme). Nous avons réussi à mettre une statue de la Vierge Marie à 3.730 m d’altitude en haut du petit Dru, le pic de France le plus difficile à atteindre. En 1913, après 7 heures d’escalade, 5 guides de haute montagne, dont le curé d’Argentières (Haute Savoie), ont réussi à mont cette statue que l’on a appelée « Notre-Dame des Drus » (C’est une reproduction de la Vierge de Lourdes).

Grâce à tous ces artistes ou artisans, on a gagné beaucoup de touristes puisque nous sommes même le premier pays touristique au monde.

La Marche des Rois universellement connue n’est pas une Arlésienne, comme on pourrait le penser puisque Bizet l’a introduite justement dans son opéra « l’Arlésienne ». Elle est Aixoise. En fait, c’est la marche du régiment de Turenne. La partie la plus rapide est la marche des chevaux sauvages qui se dansait sur des paroles grivoises pendant la procession de la Fête-Dieu pour symboliser la religion primitive naturelle. Bizet a associé les deux. (On peut mettre l’enregistrement des éditions Berlin Classic).

Et maintenant, faisons un rapide tour de France de quelques beaux châteaux. Il a été difficile de choisir. Nous en avons 38.000 ! Dont 1100 en Dordogne et 700 dans le Lot et Garonne.

 

Pour conclure….

La France fut « le plus beau royaume après celui de Dieu », comme l’a dit un protestant Hugo Grotius (van der Groot) (1583-1645) avocat hollandais. « Il n’y a pas d’orgueil à être français, ce n’est pas un orgueil, c’est une responsabilité », selon l’écrivain Georges Bernanos. Ce qui constitue une nation c’est d’avoir fait ensemble de grandes choses et ce qui la fait vivre c’est de vouloir en faire dans l’avenir. L’homme ne peut se construire que par un sentiment d’appartenance. Un pays ne peut subsister que si les causes d’amitié et d’union sont supérieures aux causes d’inimitié et de division.

Bien sûr, il a fallu parfois se battre pour faire l’unité de notre pays et nous pourrions parler aussi de l’art militaire. Jeanne d’Arc a pris Orléans en 10 jours alors que le siège durait depuis 7 mois !

L’art français ne pousse pas à la haine. Notre art n’a rien d’arrogant. Rodin a dit : « Le tempérament français a atteint la perfection mais il l’a recouvert d’un voile de modestie ». Dans notre art, on trouve de la tendresse et de la douceur. Et quand on veut surpasser les autres on le fait avec légèreté et humour.

La Tour Eiffel. Cette vieille dame de 10.000 tonnes fut « la hampe du monde ». Elle est maintenant surpassée, par la tour de Dubaï inaugurée en janvier 2010 : 828 m de haut.

Comme le Mont Saint-Michel, la France est une « merveille de l’Occident » qui fut battue par les vents, foudroyée, plusieurs fois ravagée, chaque fois relevée. Comme ce Mont, la France, a résisté aux guerres, aux assauts anglais, à la décadence, aux Révolutions.

Le génie d’une civilisation ne meurt pas par accident. Il meurt quand il renonce aux vertus qui le faisaient vivre. La communauté nationale est quelque chose de fragile. Il ne faudrait pas que l’histoire et l’amour de la France s’estompent de la mémoire de nos contemporains et deviennent quelque chose de plus en plus lointain, de plus en plus brumeux.

Il ne faudrait pas que la France nous tire sa révérence définitivement. Comme cette petite danseuse de Degas, elle est fragile, gracile, mais elle est forte. Pour qu’elle puisse rebondir, il faut qu’elle se sente aimée et pour l’aimer, c’est simple, il suffit de la regarder.

Que ce trop rapide tour d’horizon vous donne envie d’en savoir plus !

  • Des CD sont à disposition pour ceux qui le souhaitent (12 euros), merci de nous envoyer un mail à observatoire@diocese-frejus-toulon.com
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