L’Union fait la soupe (à la grimace)

L’Union fait la soupe (à la grimace)
11 mai 2015 Dorothée Paliard

L’Union fait la soupe (à la grimace)

Par Stéphane Duté.

Le 21 avril 2015, Eurostat – qui est à l’Union Européenne ce que l‘Insee est à la France – publiait un remarquable communiqué de presse qui par malheur semble lui avoir échappé (à la presse !). C’est bien dommage, et ça l’est d’autant plus qu’il est d’une clarté inouïe, ce qui, au vrai, n’est pas toujours le cas.  Il faut dire que ce communiqué donne des chiffres et non de vagues opinions. Il se fonde sur le réel et non sur l’idéologie européiste. Il compare des choses comparables. Il est incontestable. Il est factuel. Bref, il est encombrant !

Alors accrochez-vous bien car les chiffres vont tomber plus drus que les obus sur Gravelotte où, déjà, la France, n’avait pas brillé contre l’Allemagne…

La zone des quatre ou la loi de Pareto

La zone euro comporte 19 pays dont quatre – la France, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie – constituent à peu près 80% de tout. De tout le PIB, de toute la dette publique, de tous les déficits et de tout le reste qui n’apparait pas dans le tableau ci-dessous…

En gros, 20% des pays membres de l’Union Européenne composent à eux seuls 80% du cocktail explosif qui nous sautera à la figure un jour ou l’autre.  Mais regardez plutôt :

Sur la première ligne de ce tableau apparait la moyenne de la zone euro. Par exemple, en moyenne, les dépenses publiques des pays de la zone correspondent à 49% de leur produit intérieur brut (PIB). L’Allemagne, à 44%, fait mieux que la moyenne cependant que la France, à 57% fait moins bien. Et pas qu’un peu !

Si vous avez bien regardé l’ensemble des chiffres – ce que je vous invite à faire – vous devriez vous exclamer : «Ben non ! En fait ces 4 pays participent pour « seulement » 72% du déficit public global de la zone euro. Pas 80%. La loi de Pareto ne marche pas. Et toc ! ».

tableau

Trois pays plus un…

Alors voici le truc : enlevez l’Allemagne, refaite le calcul, et vous découvrirez, les yeux ébahis, qu’il suffit de 3 pays (France, Espagne, Italie) pour obtenir les fameux 80%. Car l’Allemagne a un excédent budgétaire, pas un déficit ! Et cela pose un problème, un énorme problème même. L’Allemagne est « verte » partout (c’est-à-dire meilleure que la moyenne de la zone euro). L’Espagne est verte parfois. Quant à la France et à l’Italie, elles  sont « rouges » toujours. Elles sont rouges avec leurs propres spécificités. Ainsi l’Italie, avec 132% de dette publique ne pourra jamais la rembourser. Au moins ça c’est clair. Elle a le même montant de dettes en euro que l’Allemagne dont le PIB est deux fois plus important !

La France, avec des recettes publiques s’élevant à 53% de son PIB, a sans doute atteint le plafond de ce qu’elle pouvait demander à ses contribuables. Elle est donc à peu près dans la même situation que l’Italie : sa dette est non remboursable.

Dans ces conditions…

Dans ces conditions, force est de reconnaitre que c’est bien la Grèce qui met en péril l’Europe tout entière et qu’on a bien raison de leur faire payer jusqu’au dernier sou. Ainsi soit-il…

Source :

http://ec.europa.eu/eurostat/documents/2995521/6796761/2-21042015-AP-FR.pdf/7466add3-3a70-4abb-9009-bc986a5d2c0a

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