L’idéologie est-elle partout?

L’idéologie est-elle partout?
22 novembre 2017 Dorothée Paliard

L’idéologie est-elle partout?

Le fait idéologique. Roland Hureaux donnait, le 15 novembre, une conférence sur ce thème à l’espace Bernanos de la paroisse Saint-Louis d’Antin, à Paris dans le cadre du cycle de formation « La responsabilité politique de la foi » animé par Philippe de Saint-Germain. L’objectif de ces enseignements est de développer le discernement des chrétiens pour que leur engagement politique serve au mieux le monde.

Faudrait-il que nous nous censurions, que nous nous abstenions de crier au loup à chaque fois que nous en identifions une, pour ne pas lasser, pour ne pas trop user du signal d’alarme ? Parce qu’elles sont omniprésentes, ces idéologies avec tous les avatars qu’elles prennent : libéralisme, communisme, égalitarisme, féminisme, gender, une certaine écologie, pédagogisme etc… Des idées fausses parce que trop simples et niant le réel, qui gouvernent le monde et le conduise à l’échec. Non, il ne faut pas transiger avec elles.

La déchristianisation est une cause évidente de la prospérité des idéologies dans notre monde. Saint Jean-Paul II dans « Fides et Ratio » mettait en évidence que la perte de foi induit la perte de raison. L’intelligence et la réflexion sont indispensables pour mettre en évidence la fausseté des idées sous-jacentes à l’idéologie, et la menace qu’elles font peser sur le bien commun : aucune idéologie n’a eu de fin heureuse. Les médias toujours présents dans nos vies fertilisent ce terreau où ils s’épanouissent.

À la source de ces idéologies, Roland Hureaux incrimine l’orgueil.

Le chrétien doit, bien sûr, voir dans l’idéologue un adversaire et dans l’idéologie un mal à combattre énergiquement. Il doit en comprendre le fonctionnement, ne pas mentir ni transiger, ni surtout bâtir ou servir une idéologie de substitution. Tout ce que l’idéologie évacue sous l’anathème de ringardise (nature, morale, bon sens, loi naturelle, culture, langue, altérité, démocratie), le chrétien doit le défendre pied à pied en restant ferme comme le roc sur ses fondements anthropologiques, en amoureux de la vérité. Et il doit se tenir prêt à rebâtir le monde lorsque les idéologies se seront écroulées.

Le format de mes billets fait injure à la densité et à la pertinence du propos, mais peut-il en être autrement ? Non sans remercier le conférencier et les organisateurs, je vous livre ma conclusion personnelle, ainsi qu’une question que j’aurais du formuler.

Pour s’imposer à tous comme des doxas indiscutables, les idéologies disposent aujourd’hui des médias, ces « fabriques du consentement » redoutables d’efficacité. Ils montrent certes leurs limites, le bon sens de l’homo normalus n’admet pas toujours de prendre des vessies pour des lanternes sur leurs injonctions : il est confronté au réel tous les jours. Les médias alternatifs ouverts par l’Internet battent en brèche leurs aspirations hégémoniques, mêmes s’ils sont l’objet de censures. Mais la lutte sera d’autant plus âpre que l’appauvrissement délibéré du langage appris à l’école aux jeunes générations les prive d’outils tranchants pour démasquer les impostures, et les combattre. Et ma question : le relativisme n’est-il pas finalement une méta-idéologie qui les englobe et les résume toutes ?

Rémy Mahoudeaux

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