Les vrais réactionnaires

Les vrais réactionnaires
11 mars 2014 webmaster

Les vrais réactionnaires

Par Philippe Conte.

Dans ce qui tient lieu de débat intellectuel en France, il y a des termes qui balisent la discussion, des termes phares qui permettent de penser par réflexe ; grâce à eux, chacun s’y retrouve sans effort. Chacun peut ainsi continuer sans encombre à penser en rond, se référant à ses semblables, évitant tout risque de se confronter aux écueils d’une pensée alternative. Ainsi en est-il du mot libéralisme. Suivant l’optique de votre lecteur être anti-libéral fera de vous un agent soviétoïde ou pour d’autres un « progressiste » quand bien même vous ne seriez ni l’un ni l’autre.

Le mot réactionnaire appartient à cette espèce. Il a d’ailleurs le privilège ne n’être employé que par le camp « progressiste »; ceux qui en sont affublés préférant généralement se nommer eux-mêmes conservateurs. En effet, dans son acception habituelle, il présuppose qu’il y ait un sens préétabli du « progrès », un cours prédéfini de l’Histoire ; l’humanité quittant progressivement les âges sombres des sociétés traditionnelles pour avancer vers l’émancipation. Ces « contes et légendes » destinés aux enfants de l’école « laïque » à la fin du 19e siècle se sont fracassés sur le siècle de fer qui a connu les plus grands massacres de l’histoire humaine ! Mais les vieux-croyants n’ont pas renoncé à leurs mythes !

Le Christianisme donne, au contraire, les moyens réels d’un progrès authentique, progrès orienté non vers un futur hypothétique, mais vers Dieu. « Moi, je suis le chemin, la vérité et la vie » (St Jean 14, 1 6) disait le Christ. L’Église catholique a pratiquement expérimenté tout au long de son histoire ce chemin de l’amélioration à la fois personnel et collectif, proposant sans cesse et en même temps des moyens naturels et surnaturels à même de donner des fruits répondants à la vocation divine de l’homme et de la création dans sa totalité. De ce point de vue, l’œuvre « civilisatrice » du christianisme est une évidence. Obsolescence de l’esclavage, fin de la vengeance privée, de la guerre privée, institution du mariage par consentement, élévation de celui-ci au rang de sacrement indissoluble, tout est l’œuvre de l’Esprit par l’Église ! Combien d’autres améliorations pourraient être mises en avant ? Une des plus centrales du point de vue politique, est sans conteste l’affirmation concomitante de la liberté de la personne et du caractère liturgique de l’autorité. Mais les progrès spirituels de la personne ne sont jamais acquis sauf au moment de notre mort. Chacun, aussi haut aura-t-il été, peut tomber ainsi que Juda Iscariote et les sociétés pareillement peuvent connaître d’horribles chutes !

En effet, que sont les soi-disant progrès sociétaux que l’idéologie dominante des sociétés autrefois chrétiennes, tente d’imposer au peuple sinon de profonds reculs civilisationnels ? L’euthanasie un progrès ? Mais de nombreux peuples subsistant aux limites de la survie, y ont eu recours, mais y ont renoncé dès que leur situation s’améliorait. L’avortement un progrès ? Mais là encore, cette affreuse pratique immémoriale n’a réellement été combattue que par le christianisme ! L’absence de tout jugement moral sur les inclinaisons personnelles quelle que soit leurs implications collectives, mais c’est la situation de nature ! Les chats ont habituellement des pratiques « pédophiles » sans encourir le moindre blâme !

Ainsi, le couple strictement monogame à la base d’une famille stable n’est pas la situation « naturelle », c’est une conquête de la civilisation chrétienne ! Conquête conforme non à la nature matérielle de l’homme, mais à sa vocation spirituelle !

 

Photos : Écueil de Lavezzi .

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