« Les questions de race » : ce que disent nos experts en 1950

« Les questions de race » : ce que disent nos experts en 1950
11 octobre 2015 Dorothée Paliard

« Les questions de race » : ce que disent nos experts en 1950

par Marion Duvauchel.

Nous sommes très mal informés. Le 20 juillet1950 à Paris, l’UNESCO a réuni un ensemble d’experts dont la collaboration fraternelle a abouti à la rédaction d’un texte : « Déclaration d’experts sur les questions de race ». On le trouve sur la toile.

Quinze articles édifiants dont le premier stipule que « les savants s’accordent à reconnaître que l’humanité est une et que les hommes appartiennent à la même espèce ». Très exactement ce que dit l’Eglise dans sa langue théologique lorsqu’elle postule l’unité du genre humain.

Une « race » (biologiquement parlant) peut donc se définir comme un groupe parmi ceux qui constituent l’Homo sapiens (souligné dans le texte original). L’article 7 admet que même si les races humaines sont classées différemment selon les anthropologues, ceux-ci s’accordent pour admettre trois grands groupes : mongoloïde, caucasoïde et négroïde. En gros et à la louche, les blancs, les noirs et les jaunes. Ce sont nos grands savants eux-mêmes qui le disent.

L’article 8 évoque la question de la sous-classification, pour ajouter que les experts ne sont pas d’accord et que rien n’est établi nettement. On peut donc déduire légitimement qu’il y a toujours trois grands « groupes ethniques » repérables, que la variable dominante semble la couleur, mais que pour des sous classifications, polop…

Suivent un certain nombre de considérations générales qui disent dans la langue pédante de nos savants jurisconsultes ce que nous savons tous, que ni le caractère ni la personnalité ne dépendent de la race.

Fort de toutes ces certitudes, l’article 13 affirme que rien n’interdit « l’hybridation ». C’est le mot utilisé. Aujourd’hui on dit plutôt « métissage », plus poli, plus élégant, moins désuet.

Or l’hybridation, selon nos grands savants, c’est « l’un des principaux mécanismes de la formation, de la fusion ou de l’extinction des races » mais ça n’entraîne pas de dégénérescence. Rien n’empêche dont d’imaginer que, à plus ou moins long terme, à force d’hybridation, il n’y aura plus que des blancs, ou des noirs, ou des chinois. Pardon, des mongoloïdes, des caucasoïdes ou des négroïdes. Moi franchement, pourvu qu’on apprenne encore le violoncelle, qu’on prie Jésus Christ et qu’on chante l’Ave Maria de Gounod ou de Schubert, si l’une ou l’autre de ces couleurs disparaissait, ma foi, je m’en remettrais, même si je trouve qu’un monde café au lait perdrait en contraste. Nos savants préconisent par ailleurs de dire désormais : « groupes ethniques ». Je suis d’accord. J’avais moi-même proposé autrefois, « grands peuplements ». Mais personne ne m’a écoutée.

L’article 14 est admirable, il affirme que l’homme aurait un instinct inné de coopération, une tendance naturelle plus forte que la tendance égocentrique. C’est très exactement ce que dit saint Augustin. Il y aurait même, et nos savants l’expriment clairement, « une éthique de la fraternité universelle » et là, il faut citer in extenso: « c’est en ce sens que l’homme est la gardien de son frère ». C’est beau non ?

Le problème, comme le soulignent avec justesse nos grands savants, ce n’est pas le fait physique de la « race » ou plus exactement de la « variabilité qui se produit dans un groupe donné ». C’est l’interprétation qu’on en fait, le « mythe de la race », ça, c’est sûr !

 

Nota bene :

Signalons ce passage édifiant (article 15). « Il faut affirmer, et de manière la plus catégorique, que l’égalité en tant que principe moral ne repose nullement sur la thèse que tous les êtres humains sont également doués. Il est bien évident qu’au sein de tout groupes ethniques, les individus diffèrent considérablement par leurs aptitudes». Il faudrait peut-être en informer d’urgence les membres de notre gouvernement ?

Oserai-je signaler que parmi les signataires, on trouve le nom de M. le professeur Claude Levi Strauss, auteur de Race et histoire et de Race et culture. Deux ouvrages, que, question brûlante, il conviendrait peut-être désormais d’interdire ?

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