Le bonnet rouge et le sweat rose

Le bonnet rouge et le sweat rose
16 novembre 2013 webmaster

Le bonnet rouge et le sweat rose

Par la Mouche du coche.

« Moi, je fais de toi aujourd’hui une ville fortifiée, une colonne de fer, un rempart de bronze, pour faire face à tout le pays, aux rois de Juda et à ses chefs, à ses prêtres et à tout le peuple » Livre de Jérémie I, 17-19

 

La rumeur se répand, la pensée circule : on aurait dû tout péter, faire tomber des portiques et foutre les jetons. Ils sont quelques dizaines de milliers coiffés d’une sorte de bonnet phrygien redessiné par St James et ils ont réussi. Nous étions des millions et on a foiré avec notre sweat rose qui fait même pas peur. On était estampillé « cathos mais cools », ils sont marqués « méchants ».

J’ai presque envie de m’en offrir un moi, de bonnet rouge. Et puis de les rejoindre pour aller mettre le dawa, me prendre à rêver d’une démission du Président. Ou d’une dissolution. Ou au moins d’un remaniement. Ou mieux encore, d’un renouvellement complet de cette classe politique dans laquelle je semble ne pas être le seul à ne plus trouver qui me représente. Quitte à passer par une phase de chaos. Tant pis !

Mais enfin, il faut bien raison garder même si le désir de nous voir sortir de ces ornières morales, fiscales et politiques commence à me chauffer. Le chaos n’est évidemment pas à souhaiter. La guerre civile non plus. Comment revendiquer la mise en place d’un véritable État de droit, d’une politique et d’hommes politiques au service du bien commun, si les moyens que nous souhaitons engager pour leur installation bafouent eux-mêmes l’État de droit et le bien commun ? (Bon, il faut peut-être lire deux fois cette phrase mais elle se tient, sisi).

Me voilà donc citoyen, catholique (ou catholique-citoyen peu importe, je vous vois venir, de toutes façons c’est toujours moi) tiraillé.

Quelle position adopter ?

Peut-être y en a-t-il deux :

–  En tant que citoyen il me reste encore pas mal de possibilités d’agir. Notamment avec les élections municipales et Européennes qui arrivent. C’est précisément le moment de renouveler la vie politique française dans ce qu’elle a de plus local d’un côté et de plus supra-national de l’autre. L’occasion donc de prendre l’Assemblée et l’exécutif en étau. (Qui a dit « et de serrer, serrer, serrer… » ? Rhooo!). S’il n’est pas aisé de s’investir soi-même en politique, il est possible de lire chaque programme et de se demander lequel colle le mieux à ce qu’il conçoit du bien commun. Plutôt que de voter pour le plus beau ou le plus sympa ou le parti qui est historiquement celui pour lequel je vote toujours sans finalement me pencher trop sur ses idées.

–       En tant que catholique, c’est beaucoup plus grisant (comme toujours). Il semble assez clair que la période est plutôt pourrie question repères. L’isolement de nos contemporains va croissant. Leur moral est en berne et c’est bien normal : je l’aurais en berne aussi si je n’avais la certitude que tout ça finira bien, tôt ou tard. Du coup, nous les cathos, immuables, monolithiques, bimillénaires, nous voilà appelés à être les piliers de ce monde qui s’effondre sur lui-même, faute d’avoir mis Dieu et donc l’Homme au centre.

Alors plutôt que de vouloir tout péter, je veux tout construire, tout consolider ! A commencer par moi-même… Mes compromissions m’effritent, me font vaciller : je les vire. La prière, l’exercice de la charité, l’apprentissage des vertus me fortifient, me consolident : je les embrasse.

Allez, aussi bien sous peu dans les décombres on croisera des colonnes coiffées d’un bonnet rouge et revêtues d’un sweat rose…

Exit Ken Folett, les piliers de la terre c’est nous !

La Mouche du Coche, en chantier

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