L’avortement est-il un droit fondamental ?

L’avortement est-il un droit fondamental ?
9 décembre 2014 OSP

L’avortement est-il un droit fondamental ?

colonnade-et-drapeaux

Il y a quelques jours, l’assemblée nationale célébrait à sa façon les quarante ans de la loi Veil qui légalisa l’avortement. Officiellement, il s’agissait de « réaffirmer le droit fondamental à l’interruption volontaire de grossesse en France, en Europe et dans le monde. » Pourtant, la loi Veil elle-même n’a jamais défini l’avortement comme un droit fondamental, bien au contraire.

À la différence des débats acharnés auxquels donna lieu cette loi en 1974, et qui vit même des députés communistes s’opposer à celle-ci, un large consensus fut de mise cette fois parmi les députés. Il faut dire que l’avortement est devenu un fondement quasi-religieux des « sociétés libérales avancées » – pour reprendre le mot du président de l’époque, Valéry Giscard d’Estaing.

Alors que, en 1971, les 343 féministes qui signèrent le manifeste du même nom s’exposaient à des poursuites pénales pouvant aller jusqu’à l’emprisonnement, et pouvaient donc poser comme transgressif d’avoir avorté, il est intéressant de constater que la situation s’est entièrement renversée. En 2014, celui qui affirme son attachement à la vie, de la conception à la mort, s’expose au lynchage médiatique et à l’anathème pour avoir transgressé le principal tabou d’un système de domination qui a érigé la société de consommation en horizon indépassable de l’humanité.

Sur 577 députés, seuls sept ont eu le courage voter contre le texte, et ainsi de braver l’interdit moral que constitue aujourd’hui toute réflexion critique sur l’avortement. Leurs noms méritent d’être cités : il s’agit de Jacques Bompard, député maire d’Orange, des députés UMP Xavier Breton, Nicolas Dhuicq, Olivier Marleix, Yannick Moreau et Jean-Frédéric Poisson ainsi que de l’UDI Jean-Christophe Fromantin. Ce dernier a été dénoncé par une autre parlementaire UDI, Chantal Jouanno, qui a affirmé qu’il n’avait plus sa place au sein de leur parti.

Il est à noter que l’écrasante majorité des députés UMP présents n’ont eu aucun scrupule à voter le texte. Parmi ceux-ci il faut relever les noms de nombreux dirigeants de l’UMP. Citons entre autres Jérôme Chartier, Jean-François Copé, François Fillon, Christian Jacob, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean Leonetti, Jacques Myard ou encore Valérie Pécresse. Des noms que devraient retenir les électeurs catholiques lors des prochaines élections législatives, afin d’empêcher leur réélection.

Frédéric Nissac

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