L’âge de l’écologie ?

L’âge de l’écologie ?
22 août 2015 Dorothée Paliard

L’âge de l’écologie ?

Par Falk Van Gaver.

Avec Le Règne de l’homme (2015), le philosophe Rémi Brague clôt une trilogie commencée avec La Sagesse du monde (1999) puis continuée avec La Loi de Dieu (2005), correspond à trois âges qui se sont succédés dans l’histoire de l’humanité : l’âge de la cosmologie, du cosmocentrisme, qui correspond au paganisme et à l’antiquité ; l’âge de la théologie et du théocentrisme, qui correspond au christianisme (et aux monothéismes juif et musulman) et au Moyen-Âge ; l’âge de l’anthropologie et de l’anthropocentrisme, qui correspond à l’humanisme et à la modernité.

 

Peut-être cette tripartition pourrait-elle être continuée par l’âge de la technologie et du technocentrisme qui correspondrait au transhumanisme et à la postmodernité ? C’est sur cette aporie de l’inhumanité que semble échouer selon Rémi Brague le projet moderne, dont il analyse la genèse et l’échec – échec inscrit dans sa genèse, cela va sans dire, dans sa matrice d’abstraction abyssale. On pourrait appliquer à l’ensemble de la modernité le constat que fit en 1967 le juriste allemand Ernst Wolgang Böckenförde : « L’Etat libéral, sécularisé, vit de présupposés qu’il est incapable de garantir lui-même. »

Quelle pourrait être alors l’alternative pour l’avenir ? Un retour massif des sociétés au cosmocentrisme païen ou au théocentrisme chrétien semble difficile, quoique leurs survivances composent quelques contrepoids à l’anthropocentrisme moderne et au transhumanisme postmoderne.

 

Peut-être la cinquième et nouvelle période, dépassement et alternative de la présente, qui germe et difficilement éclot sous nos yeux est-elle celle de l’écologisme et de l’écocentrisme, l’âge de l’écologie, une époque nouvelle qui pourrait être appelée celle de la vulnérabilité ?

 

L’avenir nous le dira.

  • Feydex

    J’ai une autre proposition d’âge à vous faire :
    – l’enfance et la découverte de la matrice, la terre et du cosmos « Infans » c’est l’Ancien Testament
    – l’âge de Raison « Puer » (qui est l’âge prémices de l’adulte par excellence) de l’enfant pas encore esclave de ses passions et qui découvre son intelligence et développe sa vie spirituelle dans la confiance innée de cet âge et c’est ce que l’on nomme Moyen Age et qui n’est donc pas Moyen (cela c’est le jugement de l’humanité qui est adolescente et soumise, s’il elle ne garde pas la confiance en ses pères et en son Père, à ses passions, son moi égocentrique qu’elle essaie vaille que vaille d’appréhender). L’enfant est ouvert aux questions essentielles, métaphysiques et s’il est bien arrosé développe une intelligence prometteuse. Car rien en lui ne s’oppose à recevoir : tout est don. C’est Aristote, Saint Louis et Saint Thomas d’Aquin. C’est Jésus qui parachève l’ouverture de l’intelligence bonne et confiante par le don de la filiation divine.
    – l’adolescence et son corollaire d’ingratitudes et aussi de générosité et aussi d’égoïsme s’il ne rentre pas dans la « maison » « vivre ENTRE SES parents le reste de son âge ». Comme un certain Jésus ce n’est plus la découverte enfantine de la sagesse adulte de l’âge de raison, c’est la découverte d’être porteur d’un message, code unique et éternel, celui de la personne unique, chemin original et qui bouleverse la tradition des pères dans ses aspects figée : « Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il faut que je m’occupe des affaires de mon Père ? » Mais il ne comprirent pas ce qu’il leur disait. PUIS il descendit avec eux pour aller à Nazareth, ET il leur était soumis.  »
    Voilà ça c’est l’adolescence concrète, belle et réussie de Jésus, vrai homme et vrai Dieu.
    Notre problème c’est que nous qui sommes le moteur de cette croissance et en tout cas l’archétype, comme Fille Aînée de l’Eglise, nous avons eu une superbe enfance plongée dans les eaux du Baptême (certes remuante enfance), un extraordinaire âge de raison dont l’image est est Saint Louis, mais une adolescence orgueilleuse qui trouve son paroxysme dans la Révolution qui commence à s’achever dans ses derniers feux seulement maintenant. Une adolescence très « Moyenne » contrairement à tout ce que nous avions reçu. Ah tout n’est pas à rejeter. Mais non comment pourrait-on c’est nous même en croissance. Ne pas juger comme nous l’avons fait de notre enfance : Moyen Age ! (si belle : quelle ingratitude). Cependant nous pouvons reconnaître que contrairement à Jésus nous ne sommes pas retourné dans la maison de nos pères, nous avons tranché le lien avec le progrès véritable dont l’image d’efficacité prométhéenne nous a séduit et s’apparente plus à la guillotine qu’à la rencontre prometteuse de vie des jeunes fiancées !
    Alors c’est encore notre âge. Et c’est le propre de cet âge de se croire arrivé au sommet : « je suis adulte », « libre » de faire ce que je veux ». Cela ne vous rappelle pas une « Révoltution »…
    Aujourd’hui nous ne sommes qu’à la fin de cet âge ! L’adolescent devient péniblement un jeune homme qui s’extirpe avec pesanteur de sa bauge à cochon où il est tombé… Mais il n’est pas encore ce fils prodigue entrant dans la voie de l’homme adulte, du Christ en sa « stature ». Non il regarde encore les plaisirs de sa couche et en éprouve encore les relents de puanteur en sentiments partagés… Il n’est pas encore tout à fait mûr pour rentrer à la maison de ses pères et se réconcilier avec eux, et s’émerveiller de tout ce qu’il a acquis. Cette Maison Commune dont les fondations qui furent élevées avec tant d’effort lors de son infans et puer ne sont pas achevées… Alors non il n’y a pas de bis repetita : c’est le propre de la croissance de l’homme, mais des similitudes car chaque étape contient les germes des suivantes et se correspondent en ce qu’elles ont de meilleures et aussi … de pire. Mais la Miséricorde est là qui chemine avec nous.
    – Il est donc temps d’embrasser l’âge du jeune homme celui que les anciens situaient entre 18 et 30 ans. Il est temps selon nos Anciens (les véritables) d’entrer dans l’âge « juvenis ».
    Hé oui divine sagesse des Anciens : nous n’en sommes que là, n’en déplaise aux détracteurs adolescents ingrats qui pensent être arriver orgueilleusement à  » la fin de l’Histoire »… Entrons dans ce bel âge celui du jeune roi David et découvrons notre royauté commune, celle de ce Moyen Age si grand, et en même temps accomplissons le par des fiançailles avec Dieu à travers notre Cosmos enfin reçu comme Don de nos Pères/Pairs, afin de préparer les épousailles de l’homme à la stature du Christ VIR et SENEX à la fois !
    1. Infans
    2. Puer
    3. Adulescens
    4. Juvenis
    5. Vir
    6. Senex

    Belle entrée à nous dans l’âge « juvenis », en espérant que les derniers feux de l’adolescent ne réduisent pas tout à néant.

Partagez cette page
Suivez l'OSP sur les réseaux