La République barbare

La République barbare
2 février 2015 OSP

La République barbare

Par la mouche du coche.

 Là où règne la violence, il n’est de recours qu’en la violence , Berthold Brecht, Sainte Jeanne des abattoirs.

La Mouche is back ! Il est probable que ça n’émeuve que deux ou trois fans membres de sa famille mais ça fait une bonne intro. Et puis c’est drôle de démarrer 2015 avec la citation d’un socialiste.

L’année a commencé dans la violence avec Charlie Hebdo et l’Hyper Casher de Vincennes. Tout a été dit ou presque sur ces événements. Mais c’est la mise en perspective qui nous intéresse, le regard de l’aigle. Ces derniers mois on a vu les Bonnets Rouges bousiller des installations de plusieurs millions d’euros sur les autoroutes, on a vu des écolo-révolutionnario-altermondialio-Zadistes rejouer les scènes de libération de la Bolivie dans les collines autour du barrage de Sivens, on a vu trois ou quatre fanatiques flinguer sauvagement des journalistes et des gens qui faisaient leurs courses…

Ces derniers mois on a vu aussi des manifestations. Ces manifestations dite de la « majorité silencieuse », celle qui ne casse rien, qui défile sagement le dimanche, tant que les magasins sont encore fermés. Que ce soit pour la Manif pour tous ou la Marche pour la Vie ou encore le défilé dit d’union nationale après les attentats de janvier.

Tout ça pour quoi ? Ou plutôt quelle action pour quel résultat ?

L’éco-taxe a été supprimée, le projet du barrage de Sivens est suspendu, le mariage homosexuel a été voté, les projections du film « l’Apôtre » et « Timbuktu » sont reportées, une installation d’art contemporain à base d’escarpins dorés sur un tapis de prière est retirée…

Conclusion simple et, je crois, objective : la violence donne la victoire.

En démocratie, malheureux les doux, ils n’obtiendront rien.

Une (trop) rapide conclusion de conclusion voulait me faire dire que, vraiment, cette République mollassonne n’avait qu’à être plus ferme, que le problème c’est que nos gouvernants ne savaient que baisser leur froc, donnant ainsi à contempler leur émasculation.

Bref. Une conclusion à la portée du premier Bar des Amis, moi qui ne bois pas. Impossible.

La clef est plutôt je crois dans la citation de ce bon vieux Berthold : si nos gouvernants, eux-mêmes contraints par le système en place, ne réagissent qu’à la violence, c’est parce que, malgré sans doute leur propre illusion que nous évoluons dans un système démocratique mature, où le débat, le bien commun, la majorité sont les moteurs de la décision politique, il n’en est rien en réalité. S’ils sont réceptifs à la violence c’est parce qu’eux-mêmes en usent. « Là où règne la violence, il n’est de recours qu’en la violence ». La République comprend la violence parce que c’est son langage.

Et d’ailleurs à bien y regarder, la suppression de la notion de détresse pour avorter, les répressions absurdes contre les manifs anti-mariage gay, les manipulations quotidiennes des images, des chiffres, la propagande scolaire pour faire conformer nos enfants à leurs délires égalitaristes, le dénigrement de 750 000 signatures et avant ça, sous une autre majorité, un référendum balayé d’un revers de la main, tout ça c’est de la violence politique pure. Et je passe sur les violences bestiales et primaires : les morts par pendaison à l’Elysée, les suicides de ministre avec l’arme de service du garde du corps ou de cet autre retrouvé noyé mais la tête hors de l’eau, et j’en passe, qui viennent jeter le goût amer de la suspicion dans la soupe servie chaque jour au JT de 13h.

Si la violence est entendue par la République c’est parce que la République est elle-même violente. Je ne saurais dire si c’est carrément le système républicain qui est défaillant dans sa nature même. Ce qui est sûr c’est que tous ces évènements et leurs conséquences montrent bien que nous n’avons pas beaucoup de leçon à donner au reste du monde sur la maturité de notre démocratie.

Alors si une révolution doit avoir lieu pour un monde meilleur, la preuve est faite qu’il faudra qu’elle soit celle de la douceur, de la vulnérabilité, de l’humilité. La conversion de la France en somme et donc de chaque Français. Les blés sont mûrs. Mais où sont les moissonneurs ?

  • gombey

    La république EST VIOLENCE . Elle s’est installée en commençant par l’assassinat de la famille royale et des nobles , puis par des milliers de français . La république s’est installée dans la terreur . Que voulez-vous qu’il en sorte ? VIVE LE ROI!

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