La nouvelle campagne de com de l’Education Nationale sur l’homosexualité

La nouvelle campagne de com de l’Education Nationale sur l’homosexualité
25 janvier 2016 Dorothée Paliard

La nouvelle campagne de com de l’Education Nationale sur l’homosexualité

Par Sabine Faivre. Janvier 2016.

Le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a lancé le 14 décembre dernier une campagne nationale destinée à informer et sensibiliser les collégiens, lycéens, étudiants et l’ensemble des membres de la communauté éducative aux violences et discriminations à caractère «  homophobe ».

Cette campagne s’intitule «   lutte contre l’homophobie : une campagne pour prévenir les violences et les discriminations et accompagner les victimes ». Elle s’appuie sur la diffusion d’outils de prévention et d’information, notamment une affiche distribuée, avec son guide d’accompagnement, dans les collèges et lycées, et relayée sur le web, avec un visuel unique « L’homophobie n’a pas sa place à l’École » »[1]. Cette campagne s’étend actuellement à tous les établissements secondaires, privés et publics.

En fait de campagne sur le rejet des personnes ayant des tendances homosexuelles, il s’agit ni plus ni moins d’une campagne destinée à banaliser et promouvoir l’homosexualité, la bisexualité, le transsexualisme.

A une période de leurs vies où les jeunes sont en pleine construction d’identité, vulnérables, le gouvernement contribue à induire des questionnements qui, s’ils ont lieu pour quelques élèves minoritaires, n’ont pas lieu d’être pour la grande majorité d’entre eux. Au nom des questionnements existentiels d’une minorité, on en viendrait à imposer des questionnements existentiels à tous ? Cela n’a pas de sens.

Autre élément gênant : le Ministère utilise comme support de sensibilisation une BD qui rassemble de nombreuses insultes stigmatisant l’ homosexualité, contribuant ainsi à ancrer dans l’inconscient collectif les discours discriminatoires qu’il entend pourtant combattre. C’est la posture du pompier pyromane, qu’on avait déjà vue à l’oeuvre sur les stéréotypes de genre : partir de préjugés supposés ou avérés, pour en dénoncer le caractère discriminant. En agissant ainsi, la Ministre a contribué plus sûrement que n’importe qui, à faire renaître dans l’opinion les stéréotypes et postures qu’elle voulait pourtant dénoncer [2].

Prenons un exemple concret : c’est comme si, pour lutter contre les fautes d’orthographe, on diffusait un texte truffé de fautes pour sensibiliser les élèves au bon usage de l’orthographe. Ceci est particulièrement contre productif.

Par ailleurs, comment concilier la volonté de lutter contre les discriminations et la stigmatisation des personnes à travers le sigle «  LGBT « ? La stigmatisaton est le corollaire naturel de la discrimination.

Comment comprendre une démarche de type communautariste dans l’Education Nationale ? Comment une personne peut elle être réduite à une orientation sexuelle ? L’identité d’une personne va bien au delà d’une éventuelle « tendance ».

On voit bien qu’à force de vouloir ne pas stigmatiser, le gouvernement, par excès d’idéologie, risque de conduire tout droit à l’effet inverse.

Nous ne gloserons pas sur le fait que le terme «  homophobie «  n’a aucun sens étymologiquement : du grec « homoios » signifiant « semblable » et, phobos,  la crainte. La crainte du semblable ? Comment est on passé de la « crainte du semblable » au « rejet des personnes homosexuelles « ? Par une extrapolation idéologique. Ajoutons que cette «  phobie » n’est pas un terme de Psychiatrie. Nous pourrions aussi dénoncer les faux sens, les néologismes, et ce pléonasme, qui a servi de soubassement idéologique au combat pour le mariage homosexuel : la supposée prédominance de la norme« hétérosexuelle ». La sexualité, ( secare : couper ), implique l’altérité sexuelle. Toute sexualité se réfère par définition au sexe opposé. Parce que l’humanité n’est pas répartie entre «  hétéros » et homos », mais entre hommes et femmes.

Commençons pas rétablir le sens des mots pour définir des réalités qui leur correspondent. L’enjeu de l’éducation est de faire de ces garçons et de ces filles des hommes et des femmes qui n’ont pas peur de s’assumer comme tels, dans leur différence structurante et leur complémentarité. Car si l’altérité est une richesse, c’est aussi la source de la vie humaine. Il est aussi d’éveiller chez ces jeunes le sens du respect de la personne dans son intégralité, de ne jamais réduire quelqu’un à une tendance, une orientation quelle qu’elle soit.

Ce  n’est qu’à ce prix que l’Education Nationale pourra parvenir à lutter efficacement contre les attitudes blessantes et les préjugés simplistes, pour regarder toute personne dans sa globalité et comme ce qu’elle est fondamentalement: une richesse.

[1]http://www.education.gouv.fr/cid96664/lutte-contre-homophobie-une-campagne-pour-prevenir-les-violences-les-discriminations-accompagner-les-victimes.html

[2]http://www.education.gouv.fr/cid66416/2013-l-annee-de-mobilisation-pour-l-egalite-entre-les-filles-et-les-garcons-a-l-ecole.html&xtmc=stereotypesdegenre&xtnp=1&xtcr=2#Une_culture de l’égalité : la lutte contre les stéréotypes de l’école maternelle au lycée

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