La Manif pour tous face aux défis internationaux

La Manif pour tous face aux défis internationaux
3 février 2015 Dorothée Paliard

La Manif pour tous face aux défis internationaux

 

La décision trop prévisible du Conseil d’Etat relative à l’attribution de la nationalité française aux enfants issus de GPA à l’étranger souligne d’un éclat singulier la portée stratégique de la manifestation du 5 octobre 2014. Une déferlante qui marque un renversement de perspective. Bien au-delà des frontières françaises.

La profondeur de l’enracinement dont témoigne cette manifestation a positionné définitivement la « Manif pour tous » face aux défis internationaux dont elle ne saurait plus éluder l’affrontement sans manquer l’essentiel de son but.

Pas seulement parce que sa résonance médiatique l’érige de facto en standard de résistance dans de nombreux pays confrontés au passage en force d’une législation anti famille et anti vie.

Mais parce que la reconquête du terrain des idées – préalable à celle des lois – ne laisse pas d’autre choix que d’engager la bataille au plan des Institutions internationales, dont procèdent le déferlement des dérives sociétales présentes.

Ludovine de la Rochère ne s’y est pas trompée. Ses déclarations à l’occasion des vœux de nouvel an, comme sa proposition, formulée à l’issue de la manifestation, de faire du 5 octobre la journée mondiale de l’abolition de la GPA atteste une nouvelle fois de sa conscience aiguë des enjeux et des moyens à mettre en œuvre.

Elle n’est pas seule. Les Cardinaux Angelo Scola et Christophe Schönborn, archevêques de Milan et de Vienne, l’avaient’ également pressenti en publiant dans le Figaro du 29 septembre un appel à la défense des droits de l’enfant qui situait par avance l’enjeu de la manifestation du 5 octobre bien au-delà des frontières nationales : « Il ne s’agit donc pas d’une voix ecclésiale mais d’une voix française qui se fait entendre, au plan européen et au plan international. Son expression, populaire et citoyenne, devrait inspirer l’ensemble des peuples occidentaux et permettre à la Convention européenne des droits de l’homme de choisir un dispositif capable de protéger les droits de l’enfant ».

Voilà esquissée la première étape de la reconquête. Dans un contexte où l’ONU, par l’entremise de ses Agences, s’attaque frontalement à la famille traditionnelle, au mépris de la Charte de San Francisco et de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de1948, la Convention Européenne présente la double spécificité d’être juridiquement contraignante pour les Etats parties au Traité, et de constituer un verrou aussi incontournable qu’infranchissable aux desseins des Agences onusiennes.

L’irruption de cette composante populaire renforce en outre singulièrement le poids de la diplomatie Vaticane et des Etats pro famille et pro vie, dans le ballet incessant des conférences et des Rendez-vous internationaux.

Sous le vocable de « nouveaux droits de l’homme » – piège sémantique destiné à habiller les dérives sociétales – les Agences onusiennes, flanquées de quelques ONG militantes comme l’IPPF, entretiennent tous azimuts la promotion de comportements hédonistes et utilitaristes.

Le tout au nom d’un malthusianisme et d’un néo malthusianisme, exacerbés par le mythe – totalement anti scientifique – de l’imminence d’une surpopulation incontrôlable – paravent habile des groupes financiers les plus puissant du « nouveau monde ».

Lors du Congrès théologique pastoral à l’occasion du XXème anniversaire de Familiaris Consortio, tenu au Vatican en novembre 2001, Michel Schooyans déclarait :

De quelle autorité, et [de] quel mandat, l’ONU peut-elle se prévaloir pour bouleverser l’ordre juridique et politique mondial et se présenter comme défenseur des droits de l’homme alors qu’elle a accumulé les échecs… ?Pourquoi l’ONU mène-t-elle partout dans le monde une entreprise de déprogrammation-reprogrammation psychologique visant à détruire la famille, à dématerniser le femme, à rejeter l’enfant ?[…] Pourquoi violer la Charte de 1945 et la Déclaration de 1948 et s’obstiner à fourguer de soi-disant « nouveaux droits de l’homme » hostiles à la famille, aux femmes, aux enfants et aux Etats souverains ?

La reconquête du terrain des idées et des lois n’est cependant pas hors de portée, bien au contraire. Car le paradoxe du rouleau compresseur de la bien-pensance mondialiste ultra-libérale, relayé par les organisations onusiennes, est de ne pouvoir fonctionner que dans « l’imbécilisation » des masses. Rien ne lui inspire plus de crainte qu’un mouvement populaire puissant, organisé et méthodique.

L’exemple français est éclairant à cet égard. Dans ce pays où la « doxa » bien-pensante frôle la dictature, la nouvelle lame de fond a marqué un renversement de perspective.

Au point que les lendemains de « manif » ont laissé transparaître, au cœur de certaines formations politiques, le filigrane d’une ligne de fracture rédhibitoire autour des choix humains fondamentaux, et que les programmes électoraux en gestation – tous partis confondus – se positionnent désormais prioritairement autour des thèmes de la « Manif pour tous ».

Les leaders politiques, d’abord incrédules, réalisent progressivement – vent debout – que les promesses attrape-mouches pour second tour d’élection présidentielle ne suffiront plus, face à l’enracinement d’un mouvement d’opinion non partisan, décidé à peser de tout son poids sur les engagements « éthiques » des candidats à l’occasion des scrutins législatifs, régionaux ou locaux. Témoin s’il en est de cet état de chose, l’étonnant glissement sémantique, progressif mais généralisé, observable autour des thèmes de la « Manif pour tous ».

A l’échelle internationale, il n’est pas douteux que la journée mondiale pour l’abolition de la GPA peut ainsi constituer la préfiguration emblématique d’une action méthodique et concertée des mouvements pro vie européens et internationaux, permettant d’entrevoir une reprise en main, par les vraies forces vives des Etats, du contenu des textes internationaux.

Le défi est celui de l’organisation et de la formation. L’amateurisme n’est plus de mise. A cet égard le contenu des vœux de Ludovine de la Rochère constitue un message d’espoir véritable :

Nous sommes déterminés à poursuivre notre action tout au long de l’année 2015. Nous serons présents au quotidien pour faire entendre le plus largement possible la voix des familles. Nous allons notamment porter une attention particulière à l’action de proximité en renforçant la structuration de notre réseau local. Et nous allons également continuer à développer nos relations avec les organisations partenaires à l’échelle européenne et internationale, en particulier pour obtenir l’abolition universelle de la GPA.

Parmi ses prochains rendez-vous, La Manif Pour Tous travaille à l’organisation de son forum international contre la GPA qui se tiendra à Paris le dimanche 8 mars 2015.

Ce sera notre manière à nous de célébrer la journée internationale de la femme. On ne peut tolérer plus longtemps cette pratique qui exploite la femme et fait de l’enfant une marchandise.

Bernard Dejardin

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