La laïcité, une nouvelle religion

La laïcité, une nouvelle religion
20 février 2014 webmaster

La laïcité, une nouvelle religion

Par Mélina Douchy-Oudot.

Mise en bouche avant le colloque de l’OSP du 22 février 2014, la question de la foi laïque ou d’une religion de la laïcité aiguise les appétits, surtout si le temps a été pris de lire l’ouvrage du ministre Vincent Peillon intitulé Une religion pour la République : la foi laïque de Ferdinand Buisson (Ed. Seuil 2010) où il est soutenu que la laïcité est « la religion de toutes les religions, de toutes les confessions, la religion universelle ».

Elle se substitue à l’Église catholique en France pour permettre le succès de la République et de la démocratie, non pas au sens aristotélicien d’organisation de la cité, mais au sens rousseauiste de doctrine antichrétienne ayant pour idée force l’athéisme social.

Le ministre explique clairement d’où vient cette religion laïque. A l’étranger la République a réussi à s’instituer car la religion est la religion protestante fondée sur le libre examen et les volontés privées. Il observe qu’en France la Révolution de 1789 a échoué, la restauration, la IIème République le prouvent (interview de Vincent Peillon sur JDM, le Journal du musulman). Lors de la IIIème République, on prend conscience des raisons de cet échec : la présence de valeurs normatives défendues par l’Eglise catholique. C’est lors de la IIIème République que l’on va poser les fondements d’une foi laïque qui aboutit à la séparation de l’Église et de l’Etat en 1905. Les catholiques libéraux, les francs-maçons, selon les dires du ministre, participent alors à cette transformation en ayant certes des objectifs distincts, mais dont le résultat sera commun, ils sacrifient tous au Dieu laïcité.

Ce Dieu nouveau que l’on ressuscite dans le rapport du 22 avril 2013 « Pour un enseignement laïque de la morale », et que l’on consacre dans notre « refondation de l’école de la République », ne tend plus aujourd’hui à déraciner les valeurs chrétiennes de la société, l’Etat croit avoir eu la peau de l’Eglise catholique au début du siècle. Le laïcisme actuel s’attaque à la religion qui « tient bon » dans les pays d’où elle est issue, la religion fondée sur l’Islam. Tous ces pays ont pour l’instant refusé la laïcité et l’athéisme social, qu’il s’agisse des pays du Maghreb, de certains pays d’Afrique, le Mali notamment, y compris lorsque le serpent venait drapé de généreuses aides au développement subordonnées au sacrifice, au sens de sacrificiel, à l’autel des valeurs républicaines, parmi lesquelles le gender (cf. M. Peteers, Le gender, une norme mondiale ? éd. Mame 2013).

L’Islam résiste. La difficulté de nos gouvernants actuellement est le développement de cette religion en France. Afin de faire face, il est rappelé, en totale contradiction avec les effets d’annonce de tolérance, de libre examen, qu’il existe des règles, des normes morales communes, y compris dans l’Etat laïque, et que la morale laïque « ne conduit pas nécessairement à l’acceptation d’un relativisme généralisé ». Au droit naturel classique, à la distinction du bien et du mal fondement général de la morale, l’Etat substitue le socle commun des valeurs de la République, ces « valeurs constitutionnelles de la République française inscrites dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et de la constitution de 1946 » sur lesquelles il m’appartiendra d’intervenir le 22 février prochain.

Je vous dis donc à bientôt pour la poursuite du propos !

 

Photo: via La Révolution française par l’image

 

 

 

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