La Grèce face à ses créanciers : un exemple de courage en politique

La Grèce face à ses créanciers : un exemple de courage en politique
26 juin 2015 Dorothée Paliard

La Grèce face à ses créanciers : un exemple de courage en politique

Par Frédéric Nissac.

On entend souvent répéter que le politique ne peut plus rien, que les politiques sont impuissants face aux marchés, face aux intstitutions internationales, au FMI, à l’Union européenne.

Avec le bras de fer qu’elle a engagé contre l’Allemagne, l’Union européenne  et le FMI,  la Grèce et son Premier ministre, Alexis Tsipras, sont en train de nous démontrer le contraire.

Depuis janvier, en effet, Athène fait lanterner ses créancier, qui conditionnent le versement des aides à la Grèce à l’application de mesures d’austérité littéralement inuhumaines : Hausse de la TVA sur l’électricité, coupes sombres dans les retraites,  et autres mesures indignes qui se traduiraient par une baisse massive du niveau de vie du peuple grec (seules les élites les plus fortunées du pays seraient de fait épargnées).

En refusant d’appliquer les mesures d’austérités décrétées par Bruxelles, Berlin et New York, en gagnant du temps réunion après réunion, mois après mois, Tsipras a renversé le rapport de force. Au début, tous croyaient qu’un petit pays de dix millions d’habitants ne ferait pas le poids face aux mastodontes internationaux, et que son gouvernement élu sous un programme anti-austérité allait plier rapidement.

Mais, face aux échéances, ceux qui craignent le plus les conséquences d’une banqueroute de l’État grec sont ces mêmes mastodontes, plutôt que le peuple grec lui-même. Essoré jusqu’à la moëlle, celui-ci n’a en effet plus grand chose à perdre. Du coup, Tsipras et sa coalition Syriza se retrouvent en position de force pour renégocier les conditions iniques du soit disant « plan d’aide à la Grèce » – dont le seul but est d’engraisser le FMI et de renflouer les banques afin qu’elles puissent continuer à spéculer en toute tranquilité. Pour Bruxelles, un défaut de la Grèce aurait en effet des conséquences probablement funestes sur l’euro et sur les banques. En revanche, pour les peuples européens, une explosion en vol de l’euros serait plutôt une bonne nouvelle.

La Grèce nous montre donc une fois de plus qu’en politique, tout désespoir est une sottise absolue. Espérons que dans le bras de fer engagé, Tsipras soit victorieux !

 

 

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