Il faut aimer passionnément !

Il faut aimer passionnément !
28 février 2014 webmaster

Il faut aimer passionnément !

Par Anne-Gersende van Gaver.

« Parce que tu n’es ni chaud, ni froid, mais tiède, je te vomirai de ma bouche. Dieu vomit les tièdes. »
 (Apocalypse)

« Crucifié sous Ponce Pilate, il souffrit sa passion et fut mis au tombeau. Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Écritures. »
 (Symbole de Nicée)

 

« Crise de sentiment, la passion agit sur les fonctions mentales. Le passionné est obsédé et se rend incapable de s’ouvrir vraiment au monde des autres. Fixé sur un objet unique, son esprit perd cette mobilité qui caractérise une conscience libre. Attention à la passion qui domine la raison, elle est destructrice. » Cette définition de la passion est moderne et psychologique, reprise de la philosophie païenne antique. Elle a été reprise par la civilisation chrétienne européenne, mais elle n’est ni biblique ni évangélique. « Dieu vomit les tièdes », ne l’oublions jamais!

 

La liberté est une passion, celle d’une conscience libre. La charité est une passion, celle de l’amour de Dieu et du prochain.

« La mesure d’aimer Dieu, c’est d’aimer Dieu sans mesure. » (Saint Augustin)

Si le Christ n’avait pas aimé son peuple passionnément, il n’aurait pas souffert. Si le Christ avait vécu son passage sur terre de manière « raisonnée », « rationnelle », « sécuritaire » et « prudente », il n’aurait pas été le Christ. Est-ce que quelque chose de mauvais vient du Christ ?

N’est-ce pas parce qu’ils sont brûlés par la passion envers Dieu que des enfants Cristeros sont morts en martyrs pour Lui ? S’il n’y avait aucune passion pour Dieu dans leurs cœurs, ils ne seraient pas des saints. Or la sainteté est une folie. La sainteté est une passion. Delphine et Elzéar (s’)aimaient passionnément. Sainte Claire et Saint François (s’)aimaient passionnément.  En Dieu. Si leur amour avait été raisonnable, leur sainteté aurait été médiocre. Si notre vie ne brûle pas de passion, elle est médiocre. Si notre amour pour notre mari, pour notre femme, n’est pas celui d’un amour porté par la passion, il est tiède. Si notre amour pour nos enfants est raisonné et plat, il est mou.

Une vie « stable » est une vie de morts vivants.

Une vie prudente est une vie sans souffle.

Une vie sans vagues est une vie sans joie.

 

L’obsession du monde moderne c’est la stabilité.  Attention, ne vous passionnez pour rien ! Ne prenez aucun risque ! Vivez à moitié ! C’est cette stabilité et cette raison humaine qui ont donné l’avortement…

La passion est belle parce qu’elle dépasse l’entendement humain !

Ce qui n’est pas a notre portée est ce vers quoi nous devons tendre !

Ce qui est trop haut pour nous est ce que nous devons saisir.

Ce qui est trop beau pour nous est ce que nous devons aimer.

Ce qui est trop fou pour nous est ce que nous devons imiter.

 

Dieu aime les fous.

 

« Ce qui est fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages. Ce qui est faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les forts. Car la folie de Dieu est plus sage que la sagesse des hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que la puissance des hommes. »
 (Saint Paul aux Corinthiens)

Encore heureux que la passion s’accompagne d’une capacité de révolte ! Sans révolte, on serait déjà tous bouffés par le démon ! Sans révolte, l’avortement serait obligatoire ! Sans révolte, la vérité ne serait jamais entendue ! Sans révolte, nous  ne pourrions pas donner l’exemple de ce qui est acceptable ou non ! Qui ne sait se révolter accepte tout, et celui qui accepte tout a vendu son âme.

Dieu a demandé à Jeanne d’Arc de se battre contre les Anglais, qu’est-ce que la guerre sinon la violence, qu’est-ce la guerre sinon la révolte ?

Dieu est d’une violente révolte, une révolte et une violence en vue de la justice.

On n’accède pas à la justice avec prudence, on y  accède avec violence.

Se faire violence, voilà ce qu’il faut.

Révolter et révolutionner son cœur, voilà notre besoin.

Qui se ménage se perd.

 

« Depuis toujours le Royaume souffre violence, et les violents s’en emparent. »

« Un chrétien aujourd’hui, s’il n’est pas révolutionnaire, n’est pas chrétien. » (Pape François)

Peu importe que l’on vive sa vie au même endroit ou vers les terres inconnues, si la vie est vécue sans passion elle n’est vécue qu’à moitié.

On confond souvent humilité avec endormissement. L’humilité n’est pas incompatible avec la passion. Au contraire, il faut être d’une passion brûlante pour être humble.

 

Une vie ni passionnante ni passionnée ne mérite pas le nom de vie : « Tu as le nom de vivant, mais tu es mort. »

« Je suis venu pour que vous ayez la vie, et que vous l’ayez en abondance. »

 

Il faut perdre sa vie, se renier soi-même, perdre pied, se noyer. Le baptême est une noyade, une mort par immersion dans la mort du Christ pour revivre de la vie du Christ.

« Celui qui se perd dans sa passion a moins perdu que celui qui a perdu sa passion. » (Saint Augustin)

 

 

Ô Dieu, envoie-nous des fous,

Qui s’engagent à fond,

Qui aiment autrement qu’en paroles,

Qui se donnent pour de vrai et jusqu’au bout.

Il nous faut des fous,

Des déraisonnables,

Des passionnés,

Capables de sauter dans l’insécurité:

L’inconnu toujours plus béant de la pauvreté.

Il nous faut des fous du présent,

Épris de vie simple, amants de la paix,

Purs de compromission, décidés à ne jamais trahir,

Méprisant leur propre vie,

Capables d’accepter n’importe quelle tâche,

De partir n’importe où :

A la fois libres et obéissants,

Spontanés et tenaces,

Doux et forts.

Dieu envoie-nous des fous.

(Louis-Joseph Lebret, « Appels au Seigneur », Éditions ouvrières/Éditions de l’Atelier, 1955)

  • Sophie

    une relecture des béatitudes m’a fait le plus grand bien après avoir lu cet article emprunt de paix et de douceur! 😉

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