« Dans le nouveau siècle, vous ne vous résignerez pas »St Jean Paul II

« Dans le nouveau siècle, vous ne vous résignerez pas »St Jean Paul II
26 juin 2015 Dorothée Paliard

« Dans le nouveau siècle, vous ne vous résignerez pas »St Jean Paul II

Portrait de Gigi lamoroso

par Stéphane Duté.

Il a 38 ans. Il est marié à Anna Chiara. Ensemble, ils ont 4 enfants. Le vrai « Gigi l’amoroso » n’a pas fui l’Italie pour une riche américaine comme le prétend Dalida[1]. Il est resté à Rome. Par amour pour ses frères. A la question « m’aimes-tu », il a répondu du premier coup : « Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t’aime[2] ». Pas besoin de lui répéter trois fois…

Gigi – j’en demande pardon par avance à Saint-Pierre, comme dirait Brassens[3] – n’a pas attendu d’être vieux pour « étendre les mains et aller là où il ne voulait pas ». Il se trouve très exactement à l’endroit où il ne voudrait pas être : C’est que Gigi fait de la politique…

Et c’est à Rome, à deux pas de Saint-Pierre, justement, que nous l’avons rencontré, alors que nous étions en pèlerinage avec l’Observatoire Socio-Politique.

Coups de fil

Il entre dans la chapelle où nous l’attendons, tranquillement assis. Après nous avoir demandé de prier pour lui, il nous raconte son 11 janvier. Celui de l’année 2011. Ce jour-là, le maire de Rome tout juste élu, et contre lequel il a voté, lui demande de devenir conseiller municipal de la ville, en charge de la famille, de la jeunesse et de l’école. Rien que ça ! A l’époque il a 34 ans, sa femme est enceinte de leur troisième enfant et pour parfaire le tout, il n’a pas la moindre intention de se « salir » les mains. Certes, il dirige depuis de longues années une association pour les familles. Mais la politique, c’est autre chose. Alors, après avoir longuement prié et discerné avec Anna Chiara, il répond « non ». Le lendemain, le téléphone retentit de nouveau. Cette fois-ci, c’est le cardinal qui lui dit : « Gigi, accepte cette fonction. Fais-le pour les jeunes et pour les familles. Afin que le pire n’arrive pas ». Gigi et son épouse discernent, scrutent, prient et répondent : « oui ». Ensemble.

Gigi qui était déjà en avance sur Pierre est, cette fois, en avance sur François !

« La politique est la forme la plus haute de la charité » [4]

Gigi prend des coups à longueur de journées et de nuits. A commencer par ceux reçus de ses frères dans la foi qui ne le ménagent guère. Ils ne comprennent pas son choix. Comment peut-il travailler avec l’ennemi ? Comment, lui, Gigi le catholique, peut-il faire de la politique et travailler pour un tel maire ?

Mais Gigi ne travaille pas pour le maire, nous témoigne t’il. Il travaille pour les autres. C’est du bien commun dont il est serviteur. Il n’a rien à gagner. Absolument rien. Même financièrement, c’est une telle catastrophe que, le soir venu, Gigi se métamorphose en serveur de bar pour nourrir sa famille. Serveur et Serviteur. Et « Serviteur à cause de Jésus »[5]. Décidément, Gigi n’est pas un personnage ordinaire.

« Vous ne vous résignerez pas ! »[6]

Où puise-t’il son énergie ? Comment fait-il pour tenir ?

Il nous avoue être à deux doigts de renoncer. Il dit que « c’est trop dur ». Il sollicite humblement mais avec conviction nos prières. Gigi sait d’instinct que sans Lui, il ne pourra rien faire[7]. Puis il ajoute : « Vous savez, en Italie, nous avons beaucoup de politiciens catholiques mais très peu de catholiques qui s’engagent en politique ». Nous nous regardons les uns les autres. La formule est jolie mais elle souligne, davantage encore, le décalage entre nos deux pays.

C’est qu’en France, nous n’avons même plus de politiciens catholiques…

La conviction qui sous-tend son action trouve, peut-être, son origine dans une parole de Jean-Paul II, prononcée voici 15 ans et qui raisonne aujourd’hui comme une prophétie. Il nous raconte et nous rafraichit la mémoire.

Flash-back. Nous sommes le 19 aout 2000, à Tor Vergata, et le Saint-Père préside les JMJ de Rome. Parmi les deux millions de jeunes du monde entier, il y a Gigi. Et le pape déclare : « Dans le nouveau siècle, vous ne vous résignerez pas (…), vous défendrez la vie à tous les instants de son développement ici-bas».

Et Gigi d’ajouter pour que nous comprenions mieux : « Le pape n’a pas dit « ne vous résignez-pas » mais « vous ne vous résignerez pas ». Jean Paul II, qui parlait au futur, savait ce qui allait advenir. Et aujourd’hui, c’est le pape François qui parle au présent. C’est toujours le pape qui, parce qu’il est le prolongement sans cesse actualisé de  son prédécesseur sur le siège de Pierre, nous invite, nous, chrétiens, à nous engager en politique. Par charité ».

Je crois que, ce jour-là, Gigi de Palo, nous a tous réveillés. Personnellement, ce fut pour moi, la plus belle catéchèse sur la charité qui m’ait été donnée d’entendre.

Alors merci « Gigi l’amour » et sois assuré de mes prières.


 

[1] https://www.youtube.com/watch?v=HGYJ1e8DezA

 

[2] http://www.santegidio.org/fr/preghiera/2015/0522.asp

 

[3] http://www.paroledechanson.net/georges-brassens/supplique-pour-etre-enterre-sur-une-plage-de-sete#j-en-demande-pardon-par-avance-a-jesus

 

[4] http://www.lepoint.fr/monde/francois-ne-voulait-pas-vraiment-devenir-pape-07-06-2013-1677882_24.php

 

[5] 2 Corinthiens 4:5

[6] http://w2.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/speeches/2000/jul-sep/documents/hf_jp-ii_spe_20000819_gmg-veglia.html

 

[7] Jean 15, 1-17

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