Femme 2.0 : un individu de genre neutre, « augmenté » et sans filiation

Femme 2.0 : un individu de genre neutre, « augmenté » et sans filiation
27 novembre 2016 Dorothée Paliard

Femme 2.0 : un individu de genre neutre, « augmenté » et sans filiation

S’alarmant de la transformation profonde des femmes de notre siècle et percevant les risques inhérents à l’usage des technologies nouvelles dites NBIC (Nano, Bio-, technologies de l’Information et Cognitives) dans une logique transhumaniste, Laetitia Pouliquen a tenté de comprendre pourquoi la femme risquait de perdre son génie propre.

Trois agendas politiques imbriqués qui mènent à toujours plus de transgressions

Femme 2.0 identifie trois agendas politiques et leur mise en œuvre technologique depuis un siècle, qui pourraient expliquer comment et pourquoi nous en étions arrivés là.

  1. Le féminisme : « mon corps m’appartient » avec contraception, avortement, procréation médicalement assistée et gestation pour autrui
  2. Le « gender-isme » : indifférenciation sexuelle puisque le sexe et le corps ne disent plus rien de la personne
  3. Le transhumanisme : perte de l’identité féminine avec l’usage des technologies NBIC et « désenfantement » de l’humanité

i-grande-156405-femme-2-0-netDans sa recherche sur l’identité féminine avec l’aide de philosophes telles que Luisa Muraro, ou Edith Stein, la question fondamentale que Laetitia Pouliquen investigue est : existe-t-il une anthropologie féminine ? Défendant Egalité, Complémentarité et Altérité dans son site WomanAttitude, elle constate pourtant la manipulation technologique de la fécondité des femmes par la contraception, l’avortement, la Procréation Médicalement Assistée avec don de gamètes, la GPA et l’utérus artificiel ; la concurrence accrue entre hommes et femmes au nom de l’égalité, sur des plans économique, comportemental, et physiologique ; l’augmentation de la violence des femmes ; l’établissement d’un « corps marché » féminin. Ces éléments comptent, selon elle, parmi les conséquences directes des agendas politiques mis en œuvre depuis un siècle. Le corps de la femme devient un marché de sous-produits procréatifs (vente d’ovocytes, du sang des règles, de son lait maternel, location de son utérus…) et en même temps, la femme devient de genre neutre. Les hommes réclament, par ailleurs, le « droit » à la maternité en tordant la filiation, promouvant la parentalité, l’allaitement et la grossesse au masculin.

Puis, se fondant sur toutes les transformations subies par l’identité féminine, le transhumanisme mène à une transgression encore plus dangereuse et sans retour : cette philosophie servie par les nouvelles technologies, non contente d’abolir la mort, désire créer un être nouveau de toute pièce. Et cet être n’est plus homme ni femme. En effet, les technologies NBIC pourraient marquer la fin de la maternité et imposer un individu de genre neutre, « augmenté » et sans filiation, dans laquelle on ne pourra reconnaître un homme ou une femme. C’est ainsi l’avènement de cette Femme 2.0 que le livre dénonce.

L’Union Européenne

Collaborant au sein de Europe for Family, le collectif de citoyens qui promeut la famille Père-Mère-Enfant et les droits de l’enfant au sein des institutions européennes, Laetitia Pouliquen fait le constat d’une méconnaissance technologique des responsables politiques et de la nécessaire prise de conscience du développement rapide et incontrôlé des technologies transhumanistes américaines, coréennes ou chinoises entre autres. Pourtant, sans réflexion anthropologique et éthique aucune, la Commission Européenne finance des projets d’intelligence artificielle ; et le Parlement Européen, dans un rapport législatif définissant des règles de droits civiles sur la robotique, le rapport Delvaux, tente d’établir une personnalité juridique pour les robots les plus autonomes ainsi que le versement d’un paiement pour services rendus.

On constate donc l’urgence d’un débat citoyen sur le cadre éthique à mettre en œuvre dans le développement de ces technologies qui vont changer notre vie de tous les jours et à terme même, provoquer une révolution anthropologique et ontologique, redéfinissant notre essence humaine.

Quelle antidote à la perte d’identité des femmes ?

Peu nombreux sont les scientifiques, penseurs, bioéthiciens et philosophes qui s’inquiètent de l’eugénisme biologique et social résultant de l’usage des technologies NBIC. Femme 2.0 lance une alerte complémentaire en mettant en lumière la menace qui pèse sur les identités féminines et masculines, et en proposant un antidote fondamental : une acceptation de la contingence biologique et de la vulnérabilité de la vie humaine, un amour de l’humanité dans son inventivité technologique pour améliorer la vie de l’humanité, en particulier les plus faibles, et un émerveillement de la beauté de l’être-femme.

 

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