Excision light

Excision light
4 mars 2016 Dorothée Paliard

Excision light

Par Rémy Mahoudeaux. Mars 2016.

Un journal d’éthique médicale américain (sic) a publié en ligne le 22 février 2016 un article (1) de deux gynécologues invitant à tolérer l’excision non-thérapeutique (2) des femmes (rebaptisée altération génitale féminine pour l’occasion) dès lors qu’elle n’aurait pas ou peu d’impact sur l’apparence, la grossesse ou la vie sexuelle. Les informations relatives à cette publication ont été reprises sur nos écrans (3).

D’abord trois lieux communs :

1) L’excision est une MUTILATION (4) génitale imposée à des enfants (comme la circoncision). Édulcorer sa désignation dans une forme qui serait politiquement correcte n’y change rien ;

2) Favoriser des conditions d’asepsie lors de ces mutilations est un moindre mal souhaitable, c’est évident ;

3) Moins l’ablation est importante, moins pire c’est (parler de « mieux » me semble terriblement inapproprié).

Le relativisme est encore une fois à l’œuvre dans cette publication : ne pas juger les us et coutumes de l’autre ! Le prix de cette belle posture à laquelle nous invitent ces deux gynécologues est payé par ces victimes collatérales que sont les femmes des pays où cette mutilation est pratiquée. Pourquoi serions-nous si tolérants avec la circoncision et inflexibles avec l’excision ? C’est faire bien peu de cas de deux paramètres essentiels :

Les effets : un homme circoncis peut avoir une vie sexuelle épanouie, contrairement à une femme excisée ;

L’intention : celle qui préside à une excision vise à établir un contrôle sur la sexualité d’une femme et donc à restreindre sa liberté ; celle de la circoncision pour les trois grandes religions monothéistes vise à rappeler l’alliance de Dieu avec son peuple depuis la Genèse.

Si le maintien ou les progrès des droits de l’homme nous importent, nous ne devons pas céder à cette amodiation délétère de notre regard et continuer de condamner fermement toute excision partout dans le monde.


(1) Journal of Medical Ethics :  https://lc.cx/4MuM

(2) cette précision « non-thérapeutique » est dans l’article d’origine, mais renseignement pris auprès d’un docteur en médecine, il n’existe pas d’excision thérapeutique.

(3)  https://lc.cx/4MuW

(4) Une mutilation est en droit français un crime puni de 10 ans d’emprisonnement et de 150 000 Euros d’amendes. Pratiquée dans le cadre familial ou sur un mineur, la peine est portée à 15 ans. Cf. 222-9 et 222-10 du code pénal.

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