Des cordons sanitaires

Des cordons sanitaires
1 mars 2017 Dorothée Paliard

Des cordons sanitaires

my Mahoudeaux, Mars 2017.

En politique, l’ostracisme existe. Il y a à peine plus d’un an, une alliance de circonstance entre le choux et la chèvre a permis de priver un loup vilipendé d’obtenir la proie qu’il convoitait : la tête d’une région ! Le ban, cette sentence tirée du droit féodal, existe encore puisque le système prive de l’accès aux responsabilités le parti des infréquentables avec l’aide de peu reluisantes combines, nonobstant quelques exceptions d’intérêt local qui tiennent lieu d’alibi démocratique.

 

A l’orée d’une nouvelle série d’élections où le casting suscite bien des interrogations, voire des suspicions et des déceptions, certains tentent de nous vendre l’indignité de futurs jouteurs qu’il faudrait mettre en quarantaine. Ces docteurs Diafoirus usent d’une dialectique de VRP en assurance qui ferait rougir d’envie Séraphin Lampion lui-même, et glosent sur les cascades de sinistres inéluctables, tout ça pour vendre un beau cordon sanitaire clef en main. N’ayant rien fait de tangible depuis des lustres pour endiguer la propagation de l’épidémie, ils pontifient avec arrogance sur son contrôle, son confinement, son éradication.

 

Il est possible d’affirmer que les grands et moins grands partis aujourd’hui en France sont, pour des catholiques, des structures de péchés. Alors qu’ils devraient être des laboratoires d’idées et des fédérateurs d’énergie autour de la recherche du bien commun, ils ne sont plus que des meutes de fauves plus ou moins unis pour conquérir du pouvoir, ou le conserver. Le pouvoir est, comme Mammon, une idole qui détourne du devoir : servir ce bien commun. Pour ceux qui refuseraient d’user d’une étiquette issue de l’Église Catholique, le terme de structure perverse peut se substituer : les partis font délibérément le mal et ils le savent.

 

Nos Diafoirus encartés nieront cette culpabilité quasi-existentielle pour eux-même et peut-être pour leurs alliés objectifs ou explicites. Ils proclameront à tous les naïfs désireux de les croire que l’altruisme guide leurs pas vers des lendemains qui chantent. Ils rétorqueront aussi qu’il y a des logiques de curseurs dans le péché : gravité et fréquence seront pesées pour séparer le bon grain de l’ivraie. (Et bien évidement ils sont les moins mauvais grains).

 

Le prisme culturel ayant droit de cité chez les politiques et les médias est clairement orienté. L’indulgence coupable vis à vis du marxisme, nécessairement innocent de tous les crimes et toutes les atrocités commis en son nom fait que nul ne propose d’établir un cordon sanitaire au-delà duquel tout marxiste ou assimilé serait relégué. Ceci fait de nous une société de borgnes volontaires.

 

La charité me semble mal s’accommoder de cordons sanitaires infranchissables. Au contraire, elle nous commande d’aller proposer le bien commun dans toutes les zones d’exclusion. Puisque la politique est la forme supérieure de la charité, sachons franchir et briser ces cordons sanitaires, non pas en abdiquant de nos idées, de nos aspirations, de notre perception du bien commun, mais en s’y risquant à un dialogue aussi sincère que possible. Parce qu’une société où l’on laisserait à l’abandon de tels ghettos ne saurait-être être la cité rêvée des catholiques.

 

 

 

 

 

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