De la sacralité du dimanche républicain aujourd’hui en France

De la sacralité du dimanche républicain aujourd’hui en France
23 septembre 2015 Dorothée Paliard

De la sacralité du dimanche républicain aujourd’hui en France

Libres propos par Amaury Le Bastart.
Consultant indépendant auprès de différentes institutions
Géologue-géophysicien et théologien de formation
Laïc du diocèse du Val de Marne.

Le pape François a écrit, au paragraphe 237 de son encyclique Laudate Si’[1], ces quelques phrases : Le dimanche, la participation à l’Eucharistie a une importance spéciale. Ce jour, comme le sabbat juif, est offert comme le jour de la purification des relations de l’être humain avec Dieu, avec lui-même, avec les autres et avec le monde. Le dimanche est le jour de la résurrection, le « premier jour » de la nouvelle création, dont les prémices sont l’humanité ressuscité du Seigneur, gage de la transfiguration finale de toute réalité créée. En outre, ce jour annonce « le repos éternel de l’homme en Dieu[2] ». De cette façon, la spiritualité chrétienne intègre la valeur du loisir et de la fête. L’être humain tend à réduire le repos contemplatif au domaine de l’improductif ou de l’inutile, en oubliant qu’ainsi il retire à l’œuvre qu’il réalise le plus important : son sens. Nous sommes appelés à inclure dans notre agir une dimension réceptive et gratuite, qui est différente d’une simple inactivité.

Commentaire : Le dimanche est devenu depuis plusieurs décades l’ennemi n° 1 du consumérisme et de l’économisme en France. Point d’année, où la loi française ne fait des entailles dans le « droit au repos dominical », journée nationale depuis des siècles de réjouissances familiales et collectives – déjeuners intergénérationnels en famille élargie, sorties des anciens de leurs maisons de retraite, bals musettes aux guinguettes, déjeuners au bord de l’eau, parties de pétanque, défilés de majorettes, concours de labours, etc -. Pour preuve, la dernière consultation des parties prenantes par l’actuel Ministre des finances Emmanuel Macron, celles-ci avaient jusqu’au lundi 15 septembre 2015 pour se prononcer avant que le ministre ne présente son projet de loi[3] sur une énième extension de l’ouverture des commerces le dimanche à l’Assemblée Nationale – il s’agit rien de moins que d’étendre le nombre annuel de dimanches ouvrables de 5 à 12 (ce très socialiste ministre n’y va pas de main morte, serait-il lui aussi un libertaire convaincu comme son maître élyséen ? Dans l’affirmative, voilà un libertaire bien serf !).

Pourtant, ni la Révolution française avec sa tentative de changement de comput calendaire, ni l’Empire napoléonien, ni le XIXe bourgeois capitaliste, ni la IIIe République anticléricale, laïcarde et ploutocratique n’ont jamais réussi à banaliser ce fameux dimanche. C’est dire que ce « foutu jour», un jour foutu pour le « Grand Capital », même en régime républicain laïc, a revêtu et revêt encore un caractère sacré aux yeux des citoyens français. Or, depuis au moins le début du XXIe siècle, tous les Présidents de la République française s’acharnent à le rendre toujours plus ouvré avec, bien-entendu, de très légitimes arguments plein de bon sens comme : « cela permet aux touristes de passage d’acheter plus articles de luxe comme on en vend aux Champs Élysées et au Faubourg Saint-Honoré à Paris, en plus cela crée de l’emploi qualifié (?)… ». Un autre argument fonctionne encore à merveille auprès du public franchouillard : « D’autres pays le font déjà… Rattrapons vite le retard hexagonal… » Lumières économiques françaises obligent ! Cette forme d’argument s’applique bien à l’extension du nombre de dimanches ouvrés : « Londres mise à fond sur le shopping dominical[4] »… Attention, la partie n’est pas encore gagnée outre-Manche puisque Londres n’en est qu’à miser ! Ainsi, le grand combat du consumérisme et de l’économisme mondiaux pour éradiquer le septénaire républicain français est en train d’avoir raison de lui avec la complicité des hommes politiques français de tous bords dont, en particulier, le très libertaire François Hollande.

 

C’est donc selon une telle expérience politico-existentielle contemporaine que le français moyen, confessant ou non le catholicisme romain, a abordé, aborde ou abordera ce paragraphe consacré au dimanche. Comment recevoir le propos du pape François relevant, au fond, plus d’une profonde anthropologie spirituelle que d’une idéologie ou d’un diktat papiste ? Ces propos forts et scientifiquement bien fondés[5] tendent à l’universel. Le dimanche se voit ainsi reconnaître un statut unique, il est jour de purification des relations de l’être humain avec lui-même, avec les autres et avec le monde, dans le loisir et la fête, sous réserve que ce jour soit vécu selon une dimension réceptive et gratuite, qui est différente d’une simple inactivité, i.e. d’un chômage forcé.

 

En outre, le pape leste encore sa visée anthropologique universelle en forant la notion de dimanche jusqu’à son fondement. Ainsi, conçoit-il le dimanche, même républicain, athée ou païen, comme accomplissement du sabbat juif. La sacralité, de quelque nature qu’elle soit, du dimanche se fonde donc sur le jour où Dieu s’est reposé après avoir créé l’univers et toutes les créatures : « Le septième jour, Dieu avait achevé l’œuvre qu’il avait faite. Il se reposa, le septième jour, de toute l’œuvre qu’il avait faite. Et Dieu bénit le septième jour : il le sanctifia puisque, ce jour-là, il se reposa de toute l’œuvre de création qu’il avait faite », Gn 2, 2-3. N’en déplaise à tous les Francs-Maçons professant l’athéisme comme une donnée scientifique que seules certaines Lumières françaises, d’ailleurs moins éclairantes que d’autres, auraient soi-disant révélé au monde pour le libérer de toute servitude religieuse. Ce que ces derniers ont en réalité largement diffusé en Occident n’est qu’un rationalisme étriqué désormais ratiocinant et incapable d’apporter la moindre clé de compréhension  comme la moindre maxime d’action propices à traverser sereinement la vertigineuse crise environnementale actuelle. L’eusses-tu cru ?

Selon donc l’Église romaine la sacralité du dimanche, comme accomplissement du sabbat, se fonde sur le septième jour du premier récit de la Création, jour où Dieu s’est lui-même reposé de sa création. Dans le comput chrétien, le dimanche est d’ailleurs compté comme huitième, le premier jour après le sabbat où l’on commémore et célèbre, chaque semaine, la résurrection de Jésus. Cet article de foi et cette praxis liturgique sont partagés par l’immense majorité de toutes les églises chrétiennes. Il reste néanmoins à interroger ce que le judaïsme, lui-même, dit du sabbat que ses membres pratiquent avec plus ou moins d’intensité et d’assiduité. Interroger le judaïsme se heurte à la profondeur et l’amplitude de son histoire, la multiplicité, les variations et la complexité de ses traditions, au fait que cette tradition religieuse n’est pas d’abord portée par un  »clergé », des rabbins, qui enseigne et dirige un peuple, mais par le peuple lui-même qui sélectionne, forme et élit le clergé dont il a besoin. C’est pourquoi nous avons pris le parti de prendre l’avis de très éminentes figures du judaïsme contemporain, reconnues pour la modération et la justesse de leur pensée par leurs pairs et bien au-delà de ce premier cercle : Abraham Joshua Heschel et Benjamin Gross.

 

Selon Abraham Heschel[6], « la civilisation n’est pas simplement une technique dédiée à la puissance de l’homme ; elle ne se mesure pas à l’entassement des objets, ni à l’accumulation des connaissances. Le Sabbat est un certain art de maîtriser le temps, d’introduire le sacré dans nos travaux et dans nos jours. Tel est l’art de vivre qu’on édifié les Juifs et que le Sabbat continue à nous enseigner[7]. » La critique de la civilisation occidentale de ce rabbin est pour le moins très acérée et virulente. Elle vise globalement le projet prométhéen d’une volonté de puissance absolue de notre civilisation. Ce projet suit trois voies distinctes cependant que s’interpénétrant et se nourrissant l’une l’autre : un développement technologique sélectivement centré sur le service de l’homme, un consumérisme débridé et une concupiscence gnoséologique insatiable, toujours serve pour des applications technologiques au service de la plus grande puissance de l’humanité, seulement entre les mains de quelques-uns. Ainsi peut-on compter la technologie thermonucléaire à usage militaire – soit la Bombe Atomique – comme le fleuron le plus manifeste et le plus emblématique de la civilisation occidentale telle qu’elle évolue. Face à cette critique qui met en perspective l’anéantissement de toute civilisation qui vivrait jusqu’au bout cet idéal démesuré, mûri récemment dans l’imaginaire[8] occidental, A. Heschel oppose le sabbat comme art de maîtriser le temps, d’introduire la sacré dans nos travaux et nos jours. Le pape François écrivait au § 134 que « le temps prime l’espace », ce rabbin de New-York montre lui que vivre le sabbat est l’unique moyen de juguler nos passions et délires, individuels, collectifs, voire civilisationnels, via l’introduction d’une temporalité sacrée dans nos travaux et nos jours. D’ores et déjà, remarquons que pour A. Heschel les hébreux anciens jusqu’aux juifs actuels sont des bâtisseurs et des conservateurs d’un temps qu’ils sont astreints à vivre, cependant que cette temporalité du septénaire est destinée à l’humanité entière pour rendre possible une vie en plénitude ici-bas.

 

 

Quelques 65 ans après A. Heschel, Benjamin Gross[9] va encore approfondir la signification juive du sabbat dans un opuscule, Shabbat que l’on peut considérer comme le testament de son œuvre philosophique : « L’institution du Shabbat est la plus importante contribution du judaïsme à l’humanité, tout en étant le fondement de la vocation d’Israël. Résistance à l’oubli de l’origine, appel à la maîtrise du temps pour assurer la liberté de l’homme, évocation d’un jour futur « qui sera tout entier Shabbat et repos pour une vie du monde qui vient », il introduit dans l’existence une dimension essentielle, dont le monde contemporain, livré à la démesure, doit absolument prendre conscience. À un projet prioritairement économique, obsédé par la satisfaction du besoin et le culte de la croissance, Benjamin Gross oppose une vision d’avenir liée non à un manque, mais à une plénitude. Il rappelle l’indispensable valeur de la limite et du lien entre les générations[10]. » En effet, force est de constater que c’est le seul peuple hébreu, le peuple d’Israël ancien, qui a inventé la semaine de sept jours et l’a portée au rang de mythe fondateur de la Création de l’univers dans son premier récit de la Création, une Création voulue, faite et bénie par son Créateur lui-même. Un Créateur qui cependant transcende tant ses créatures qu’il va jusqu’à se laisser allégrement dénier par quelques-uns des hommes, des communautés et des civilisations, sans même sourciller. Et si Deus non daretur !

 

L’enfer est pavé de bonnes intentions. Et l’enfer ici-bas, le technologico-économisme, le consumérisme comme la technologie thermonucléaire civile ou militaire nous l’ont largement donné à vivre. Il semblerait d’ailleurs que la majorité des hommes en redemande de cet enfer-là, cela leur évite à avoir à connaître un bonheur serein et à penser tout cours. En outre, point n’est besoin de conscience dans un monde d’objets réduit à des échanges marchands, où tout est marchandise : le sexe, l’amour, la santé, l’espace, l’eau et bientôt certainement l’air respirable. À ce point de notre commentaire du § 237 se trouvent en tension maximale prêts à entrer dans un conflit à mort, d’une part le techno-économisme et le consumérisme français avec pour alliés principaux toute la classe politique nationale, le CAC 40, et les figures de proue du MEDEF et, de l’autre, les citoyens français qui veulent encore croire et vivre les vertus du septénaire laïc républicain qui consacre le dimanche comme jour à chômer par tous pour se consacrer à soi, à sa famille, aux autres, aux loisirs et à la fête, un véritable jour chômé car rempli d’activité gracieuses et gratuites. Ceux-là ont, en outre, pour plus féaux alliés objectifs : la Synagogue, l’Église et la Mosquée. L’issue de ce conflit est d’ailleurs déjà donnée d’avance sous la forme d’une redoutable alternative.

 

Soit le dimanche chômé, tout comme le septénaire républicain, reconquiert sa valeur sacrée s’imposant à l’immense majorité de tous les habitants du territoire national, touristes pressés et hommes ou femmes d’affaires cosmo-planétaires compris, et le techno-économisme et le consumérisme se verront enfin bridés et remis à une place moins nocive. Soit le consumérisme sans entrave et le techno-économisme délirant s’imposent à la République française qui renonce dès lors au caractère sacré de sa propre temporalité et l’on assistera à un phénomène sociétal aussi inédit et violent avec des conséquences nocives incalculables comme l’explosion des deux premières bombes atomiques le 6 août 1945 le fut. En effet, depuis ce terrible 6 août 1945, aucune guerre conventionnelle n’est désormais possible. Cette conséquence[11] a d’ailleurs été perçue immédiatement par un grand intellectuel suisse, Denis de Rougemont[12], doté d’une très vaste culture française et d’une non moins grande acuité perceptrice du risque que le monde ne se précipite droit dans le mur, chantant gaiement le fleur entre les dents. Maintenant spéculer sur ce qu’il adviendra de la société civile française une fois que la classe politique aura sacrifié le septénaire républicain sur l’autel du consumérisme international et, en particulier étranger, nous laisserons les événements le dire si cette hypothèse advenait.

 

Achevons ce commentaire sur l’importance du respect dû au dimanche national par une méditation personnelle et visuelle sur le temps, essayant de déborder celle du pape François. Si le temps est la croix du philosophe selon la dixième méditation cartésienne d’Edmund Husserl, alors la gestion du temps de la création se fait du sommet d’un crâne où trois hautes croix sont plantées[13]. Au centre, la croix la plus majestueuse où, à la croisée entre potence et traverse, pâtit une étoile de David scintillant et rayonnant d’or, deux de ses branches symétriquement opposées clouées au bois. Le pied de cette croix est d’ailleurs ceinturée d’une haute clôture de fers barbelés à l’identique de celles qui bouclaient les camps d’extermination en Allemagne et en Pologne pendant la Seconde et ultime Guerre mondiale. Cette croix étoilée d’or est la gardienne du temps créé, condition de possibilité que la création survive aux prévarications de l’Imago Dei. À sa droite, se dresse une autre croix, celle du bon larron[14] et à la croisée des bois se superpose une reproduction du Christ crucifié vu du-dessus du supplicié, le Christ de Jean de la Croix, un tableau dû à Salvador Dalí en 1951. On imagine facilement ce sempiternel Crucifié surplombant le monde s’interrogeant en son for interne : « Père, à quoi donc a bien pu servir la Rédemption obtenue par ton Fils ?…  Que notre Esprit éclaire l’homme !.. ». À la gauche, la croix du mauvais larron, où un ample croissant de lune rouge est fixé au mât par deux grands clous à tête noire, l’un en haut et l’autre en bas. La couleur du croissant est un dégradé du rouge vif à l’apex jusqu’au rouge bleu-noir du sang oxydé en bas ; de plus, la pointe basse de ce morceau de lune goûte au sol de cette mauvaise humeur – celle d’un cadavre frais  et déjà froid – jusqu’à en constituer une flaque saumâtre au pied de cet instrument de torture destiné aux condamnés à une inexorable mort lente, une mort bien lente qui, pour certains, risque de durer jusqu’à la venue du Messie ou la Parousie.

C’est le Golgotha de la création continuée du temps de l’homme créé à l’image et la ressemblance d’un Dieu créateur qu’il ne cesse de défigurer !


[1]Pape François, Lettre encyclique Laudato Si’ sur la Sauvegarde de la Maison commune, Traduction officielle française, 2015, Paris, Librairie Téqui. Édition originale, Le Vatican, 2015, Libreria Editrice Vaticana.

[2]Cf. Catéchisme de l’Église catholique, n. 2175., (Téqui) :

«  Le dimanche – accomplissement du sabbat. n. 2175. Le dimanche se distinguent expressément du sabbat auquel il succède chronologiquement, chaque semaine, et dont il remplace pour les chrétiens la prescription cérémonielle. Il accomplit, dans la Pâque du Christ, la vérité spirituel du sabbat juif et annonce le repos éternel de l’homme en Dieu. Car le culte de la loi préparait le mystère du Christ, et ce qui s’y pratiquait figurait quelque trait relatif au Christ (Cf. 1Co 10, 11) :

Ceux qui vivaient selon l’ancien ordre des choses sont venus à la nouvelle espérance, n’observant plus le sabbat, mais le Jour du Seigneur, en lequel notre vie est bénie par Lui et par sa mort (Ignace d’Antioche, Magn. 9, 1)

La célébration du dimanche observe la prescription morale naturellement inscrite au cœur de l’homme de « rendre à Dieu un culte extérieur, visible, public et régulier sous le signe de son bienfait universel envers les hommes » (Thomas d’Aquin, s. th. 2-2, 122,4.). Le culte dominical accomplit le principe morale de l’Ancienne ( »Première » est de meilleur aloi théologique ») Alliance dont il reprend le rythme et l’esprit en célébrant chaque semaine le Créateur et le Rédempteur de son peuple. »

[3]Cf. le dossier du quotidien La Croix, dans son édition du mardi 15 septembre 2015. Le journal titrait à la Une : « Qui veut vraiment ouvrir le dimanche ? », puis en page deux : « Le dimanche, une manne commerciale encore incertaine »

[4]La Croix, Ibid, p. 3.

[5] Pour autant que l’anthropologie en France, comme discipline académique, autorise encore de considérer qu’il est de l’essence de l’homme de s’interroger sur l’au-delà, sur ce qui transcende son existence, scrutant cet au-delà malgré lui, cherchant à  nommer cette transcendance pour tenter de vivre une relation qui donne sens à la vie. C’est loin d’être certain, d’aucuns pensent que l’Anthropologie en France en est restée coincée à ou par l’œuvre de Claude Lévy-Strauss, un éminent anthropologue structuraliste de génie. Tristes Anthropologues français contemporains ! (Cf. Tristes Tropiques, 1955)

[6]Abraham Joshua Heschel est un rabbin Massorti, théologien et penseur juif américain, né le 11 janvier 1907 à Varsovie, alors rattachée à l’Empire russe, et décédé à New York le 23 décembre 1972… Il a expliqué de nombreuses facettes de la pensée juive, y compris la philosophie juive médiévale, la kabbale et le hassidisme, en s’intéressant particulièrement aux prophètes et à la façon appropriée pour les Juifs de vivre en accord avec leur foi sans se couper de la modernité. Fidèle à la position « centriste » du judaïsme conservateur, il inclut dans ses livres critiques polies mais acérées tant contre ceux qui, dans le judaïsme réformé, ne regardent plus la Loi juive comme normative que contre ceux qui selon lui, dans le judaïsme orthodoxe, s’attachent plus à la lettre qu’à l’esprit de la Loi – cette finale est, à s’y méprendre, un copié/collé d’écrits de Paul de Tarse -. (d’après Wikipédia en français, lui-même ayant pris comme source Wikipedia en anglais.)

[7]Abraham Heschel, Les bâtisseurs du temps, Paris, 1957, Les Éditions de Minuit, Éd. novembre 1992, quatrième de couverture

[8]Pour ceux qui sont friands de repères historiques, on peut prendre comme date repère de l’émergence de l’ambition d’une souveraineté technologique de l’homme sur la nature, la parution du Novum Organum de Francis Bacon, un des pères de la méthode expérimentale, le 16 octobre 1620. « Notre résolution est,…, d’essayer si nous pouvons réellement donner à la puissance et à la grandeur humaines des fondements plus fermes et en porter plus loin les limites. Et bien que, ici ou là, dans des sujets spéciaux, nous parvenions à des résultats bien plus vrais (à notre sens), et également plus fructueux que ce qui est reçu à présent (résultats que nous avons réunis dans la cinquième partie de notre Restauration), cependant nous ne proposons aucune théorie universelle et complète. Il ne semble pas en effet que le temps soit encore venu pour une telle entreprise. » Bacon, Novum Organum, Paris, 1986, Presses Universitaires de France, rééd. 2001, p. 170. § 116.

[9]Benjamin Gross (1925), Professeur de philosophie, Doyen honoraire de la Faculté des lettres et des sciences humaines de l’Université Bar-Ilan, l’un des plus éminents représentants de la pensée juive contemporaine.

[10]Benjamin Gross, Shabbat un instant d’éternité, Paris, 2015, Éditions de l’éclat, coll. Philosophie imaginaire, quatrième de couverture

[11]Denis de Rougemont, Lettres sur la bombe atomique, Paris, 1991, La Différence, rééd. SNELA La différence 2015. :

« Chapitre II, La Guerre est morte, Lake George (N.Y.), le 12 août 1945 … La principale victime de la bombe atomique a été la guerre, qui est morte en trois jours (p. 28)… Il faut en prendre son parti : l’ère des militaires a pris fin le 6 août à Hiroshima… L’arithmétique élémentaire qui suffisait à comprendre grosso modo des kilomètres, des bataillons, des trajectoires et des vitesses d’avions, fait place aux raffinements ultra-mathématiques de la physique post-einsteinienne. (p. 29)… Il ne faut pas dissimuler que ce déclassement brusque de la guerre va provoquer dans le monde entier un sentiment de vague et vaste frustration. (L’Europe sera plus touchée que l’Amérique.) On ne se guérit pas facilement d’une ablation à chaud d’une coutume ancestrale, du goût des uniformes, du jeu des soldats de plomb, et de l’usage quotidien des métaphores guerrières, intimement liée, depuis Lancelot, à la sexualité occidentale. Quelles fêtes, quels carnavals mondiaux remplaceront désormais, pour nous et nos enfants, les « grandes parades » qui firent le principal de notre Histoire ? (p. 30) »

[12]Denis de Rougemont, né le 8 septembre 1906 à Couvet et mort le 6 décembre 1985 à Genève, est un écrivain et un philosophe, professeur universitaire suisse… Il est considéré notamment comme l’un des grands penseurs pionniers de l’idée d’instituer un fédéralisme européen et, avec Alexandre Marc, il est un des principaux représentants du fédéralisme intégral. (D’après Wikipédia en français)

[13]Mt 27, 38 et //

[14]Lc 23, 39-43

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