DAECH, cancer de stade 3

DAECH, cancer de stade 3
7 septembre 2015 Dorothée Paliard

DAECH, cancer de stade 3

 

Par Thierry Fournier.

Daech est un cancer. Celui-ci n’est plus localisé, de stade 1 ou in situ. Au terme d’un développement somnolent, sur les restes d’un Irak calciné, le califat auto-proclamé « État Islamique (EI) » est passé, en douze mois, au stade 3 de la maladie. Il s’étend et s’éparpille en terres d’Irak et de Syrie et ronge leurs organes vitaux.

Les attaques terroristes isolées, lancées à travers le monde occidental contre la civilisation, révèlent les premières métastases, signe d’une évolution péjorative prochaine, de stade 4.

Aujourd’hui, pour combattre le cancer, les médecins du monde entier sont armés des mêmes protocoles. Les cancers régressent ; leurs attaques sont moins mortelles.

Il devrait en être de même dans la lutte contre Daech. Sauf que les chefs suprêmes de la coalition internationale n’ont choisi d’employer que la bonne vieille méthode, les frappes aériennes. Or, la progression exponentielle des troupes de l’EI montre avec certitude que ces bombardements sélectifs sont inadaptés et obsolètes. Non seulement ils terrifient les populations, mais, plus encore, ils stimulent l’intelligence d’un adversaire sans visage qui gagne en tactique et en souplesse. Et ce ne sont certainement ni nos Rafale ni les drones américains qui pourront changer les choses. En oncologie, on considère que la radiothérapie, si elle est employée seule, est inefficace face à un cancer avancé. Il faut donc avoir recours à la chirurgie, c’est-à-dire aller sur le terrain même de la maladie pour extirper le mal et réparer les tissus endommagés. L’action est délicate et nécessite des mains expertes, mais elle est indispensable à la survie du malade. Et pour tirer le maximum de bénéfice de l’intervention, le traitement doit être complété par une chimiothérapie intensive qui, certes, va secouer le patient et même le vider de ses forces, mais qui, à terme, pourra l’emmener sur le chemin de la guérison.

De la même façon, contre le cancer islamique, seule une intervention au sol pourrait aujourd’hui faire la différence.

Mais tandis que Daech avance, que Daech tue, que Daech décapite, on regarde les images et on s’émeut. La prétendue coalition contre l’EI est une guerre qui avance à reculons. Le peuple américain reste hanté par le désastre des précédentes campagnes napoléoniennes sur le sol miné du Moyen-Orient. Il feint d’oublier que c’est en faisant tomber le régime baassiste et en laissant exécuter Saddam Hussein que s’est répandu l’engrais qui a vu germer « l’État Islamique ». L’histoire se répète. Si Bachar el-Assad est éliminé, Daech règnera en maître sur la Syrie et poussera son extension jusqu’aux rives de la Méditerranée. Les cellules cancéreuses auront tant gagné de terrain que plus aucun remède ne parviendra à éradiquer leur extension. La maladie sera déclarée de stade 4, au pronostic très défavorable.

La lutte contre Daech impose donc que les pays occidentaux collaborent sans plus attendre avec le Président syrien, et donc l’Iran et la Russie, ses soutiens historiques, tout en s’appuyant sur la puissante Égypte qui peut jouer un rôle arbitral majeur. Pour cela, il faudra ranger l’orgueil. Et même si le début d’engagement contre Daech de la part de l’Arabie Saoudite et de la Turquie reste ambigu, il est essentiel de ne pas se priver de leur action, car il ne s’agit pas de lever une guerre inter-religieuse entre chiites et sunnites. Ces derniers doivent pouvoir être associés à la bataille, d’autant que la grande majorité d’entre eux ne se reconnaissent pas dans la monstruosité que représente « le Califat ». Un consensus semble pouvoir se dégager au sein des nombreuses communautés sunnites du monde arabe.

Mais est-il encore possible d’écrire ce scénario ? Comment Barack Obama, les mains liées par son Prix Nobel de la Paix, pourrait-il conduire une telle entreprise, qui plus est, à un an des prochaines élections américaines ? Faudra-t-il attendre un nouveau locataire à la Maison-Blanche pour espérer une action d’envergure… en 2017 ou 2018 ? Sauf à considérer que l’affaire est déjà perdue, que Daech n’est pas un cancer, mais une maladie auto-immune contre laquelle on ne peut rien.

 

Quant à notre Union Européenne, qui n’a pas la moindre épine dorsale politique, avant de se demander combien de bateaux de réfugiés elle pourrait accueillir, elle serait bien inspirée d’agir pour éviter à ces malheureux de quitter leurs villages ensanglantés et les préserver ainsi d’un voyage funeste vers une Europe qui ne peut leur faire une place.


www.fournierdemeyere.fr

 

  • Philippe Lemaire

    Il faut rappeler que Daech ne fait que remettre en pratique, exactement, les principes et les actes de Mahomet lui-même durant sa démoniaque existence . Les djiadistes représentent le véritable islam, on ne peut le nier quand on connaît un peu cette triste histoire.

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