Les consignes de vote du CERAS

Les consignes de vote du CERAS
6 mai 2017 Dorothée Paliard

Les consignes de vote du CERAS

Par Rémy Mahoudeaux. Mai 2017.

 

Le CERAS a publié une note que l’on pourrait qualifier de « consignes de vote » à l’usage des catholiques pour le second tour de l’élection présidentielle. Elle est au bout du lien et mérite bien sûr d’être lue attentivement. Cette note appelle quelques remarques d’un lecteur qui ne représente que lui-même, tente d’être catholique, et ne comprend sans doute pas toutes ses subtilités.

 

Il y est écrit :

Le Front National, porteur depuis ses origines d’une contestation des institutions mêmes de la démocratie, rend possible une dérive totalitaire. C’est le premier risque à prendre en compte : que pourrons-nous défendre de nos visions sociales et sociétales si le débat et les instances démocratiques sont mis à mal ? 

« depuis ses origines » indiquerait que le CERAS n’imagine pas qu’un parti comme le Front National puisse changer, et pourtant la conversion, la rédemption, cela devrait nous parler à tous. Pas moins que les autres partis en France, le Front National est une structure de péché, plus préoccupé par la conquête du pouvoir que par la poursuite du bien commun. Mais pas plus que ses concurrents.

« Substance over form » disent les auditeurs. Si l’on regarde les années passées, le Front National n’a jamais été en situation de saboter la démocratie. Mais que dire des hommes et des partis qui ont imposé le traité de Lisbonne en méprisant le refus du peuple français ? Que dire d’un ex-ministre qui n’a pas hésité à user de l’article 49 alinéa 3, qui a siégé dans un gouvernement ayant fait voter la loi renseignement et après son départ, le délit d’entrave sur l’IVG, et qui annonce lors de sa campagne pour la présidence vouloir réformer par ordonnances, soit en court-circuitant d’emblée le contre-pouvoir parlementaire ? Ont-ils des leçons de démocratie à donner au Front National ? Pourquoi devrions nous faire confiance à ceux qui ont déjà failli, et la refuser à ceux dont le « casier judiciaire » est vierge ?

 

Il y est encore écrit :

Pouvons-nous, par exemple, rejeter dans son ensemble, sous prétexte d’imperfection, le projet européen qui a assuré une période de paix sans précédent dans nos pays ? 

Dès lors que l’Union Européenne est devenue un système dont la gouvernance ne respecte pas la démocratie, dès lors qu’elle refuse de se réformer, il convient d’acter de cette trahison, de dissocier le projet Européen de l’Union Européenne elle-même, et de quitter cette dernière ou de la saborder. C’est, de mon point de vue, l’unique condition pour pouvoir remettre le projet européen sur des rails : il faut changer de véhicule.

 

Dernière citation commentée :

Voilà pourquoi aucun candidat affirmant une priorité nationale au détriment de la fraternité ne saurait gagner notre approbation, ni active ni passive. 

Nous sommes dans une élection nationale, pas européenne ou mondiale. Le principe de subsidiarité, qui est inclus dans la Doctrine Sociale de l’Église, nous impose d’agir là où nous le pouvons, dans un contexte limité. Ici, c’est le cadre d’une nation. La tentation holiste que le CERAS oppose fort justement à nos égoïsmes sur la question de l’ouverture aux étrangers ne viendrait-elle pas s’opposer à cette subsidiarité ? Certes, une nation fait partie du monde, mais son César n’est comptable que de son bien commun propre.

 

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