Communiqué de Mgr Rey au sujet des Universités d’Eté de la Sainte Baume

Communiqué de Mgr Rey au sujet des Universités d’Eté de la Sainte Baume
28 août 2015 Dorothée Paliard

Communiqué de Mgr Rey au sujet des Universités d’Eté de la Sainte Baume

Mgr Rey, évêque de Fréjus-Toulon.

Communiqué de Presse du 29 Août 2015

Les réactions de certains medias à propos de l’Université d’été de l’Observatoire socio-politique (OSP) de Fréjus-Toulon conduisent à rappeler les éléments suivants.

Les universités d’été, ouvertes sur inscription, ont été lancées il y a 5 ans par l’OSP de Fréjus-Toulon en lien avec les Dominicains de la Sainte-Baume. Elles sont bâties autour du triptyque suivant : d’abord, la prière, avec la participation aux offices ; ensuite, la formation à la doctrine sociale de l’Eglise avec l’enseignement de Pères dominicains et, cette année, la participation de Mgr Charles Morerod ; enfin, des échanges lors de tables rondes réunissant parmi d’autres des hommes et des femmes politiques de toutes les sensibilités.

Le dialogue est intrinsèque à l’expression de notre Foi. L’actualité mondiale le montre bien : tout refus de dialogue entretient le fanatisme et attise la guerre. Le refus de dialoguer constitue aussi un symptôme de faiblesse de la pensée. Que ce soit dans l’ordre politique, social et religieux, la paix et le vivre ensemble requièrent le dialogue. Jésus Lui-même a engagé un dialogue avec ses contradicteurs et ses adversaires tout au long de Sa vie publique. Sans dialogue, on tombe dans l’invective, le lynchage, le procès d’intention et la diabolisation.

Un dialogue authentique exige la réunion de plusieurs conditions : la liberté d’expression, l’écoute mutuelle jusqu’à la disponibilité à changer d’avis, et dans les matières qui regardent les universités d’été, la quête du bien commun qui transcende les intérêts particuliers. Inviter des personnalités politiques ne signifie pas cautionner leurs positions mais les conduire à accepter d’êtres interpellées, voire critiquées, dans le cadre d’échanges francs et sereins. On peut noter que ce dialogue est régulièrement organisé dans d’autres cadres, plateaux TV, débats publics ou tables rondes.

C’est dans cet état d’esprit que les universités d’été de l’OSP ont été conçues.

Cet été, Marion Maréchal Le Pen est l’une des personnalités politiques invitées à débattre avec d’autres personnalités politiques dans le cadre d’une table ronde sur le thème de l’engagement des chrétiens en politique. Le Front national a obtenu près de 40% des votes aux dernières élections départementales dans le Var. Il s’agit d’une réalité. Que l’on soit d’accord ou pas avec les positions du FN, nier cette réalité serait faire preuve d’autisme. Blacklister un mouvement quel qu’il soit courrait le risque de l’enfermer dans ses positions, de contribuer à le radicaliser et à l’exclure de débats où les électeurs l’ont eux-mêmes introduit sur des sujets brûlants aujourd’hui : l’Europe, l’identité nationale et l’immigration… La dénonciation par la Conférence des évêques de France, qui vient d’être rappelée par son secrétaire général, à l’encontre de certaines positions et postures politiques du Front National, nous invite non seulement à contester mais aussi à dialoguer avec l’ensemble des acteurs de la vie politique, y compris le FN, sur ces questions disputées qui traversent et divisent  l’opinion publique. Ce dialogue se déploie à partir des valeurs évangéliques de justice et de solidarité, et à partir des fondements du pacte social que rappelle l’Eglise depuis toujours: Le respect de la vie depuis son origine jusqu’à sa fin naturelle, la protection de la famille, l’accueil de l’étranger, le souci prioritaire du pauvre, la reconnaissance de la valeur du travail, les principes de solidarité entre les peuples, la liberté de conscience et d’expression et la liberté religieuse…

L’accueil de représentants du FN dans un débat organisé par l’Eglise est une nouveauté dans sa forme, mais ne remet pas en cause les principes fondamentaux de la Doctrine Sociale de l’Eglise sur lesquels nous nous appuyons.

La question fondamentale à laquelle nous renvoie cette polémique porte sur notre capacité à dialoguer avec tous les mouvements politiques, quels qu’ils soient, sur la base des principes d’humanité qui nous viennent de la doctrine sociale de l’Eglise et de son Magistère. Ces principes d’humanité fondent l’engagement des chrétiens en politique et le dialogue avec la société pour offrir un discernement, critiquer si nécessaire, et concourir à la promotion du bien commun et d’une écologie intégrale.

 

 

 

 

 

  • UNDEDROITE

    Tout à fait d’accord pour débattre mais le débat ne suffira pas il devra se compléter par un combat pour conserver nos valeurs et pouvoir continuer à debattre

    • lucile davanture

      Quelle personne participant à cette université catholique peut se vanter de tout comprendre de la doctrine du christ ?
      Personne
      Faudrait il refuser une ou untel sous prétexte qu’il a telles ou telles idées dans la tête ?
      Il y a vraiment de la discrimination envers les responsables du fn.

      Ils ont pourtant beaucoup d idées que j’ai aperçu dans le catéchisme de l’église catholique.

  • bonchar

    alors que marion,est la seule a défendre les églises en france qu’est-ce que les grosses têtes de l’église reproche au front national..la défense des chrétiens?

  • Barrey

    Il est assez sidérant de voir le porte-parole de la CEF, Mgr
    Ribadeau-Dumas, critiquer une invitation à dialoguer, dès lors qu’elle s’adresse
    à un représentant du Front National. Ce parti est pourtant celui qui, sur
    nombre de points non négociables de l’Eglise, est le plus proche de la doctrine
    catholique, beaucoup plus proche en tout cas que le PS ou l’ex UMP, dite « LR »
    à présent : le FN se propose en effet d’inverser la tendance actuelle en
    matière d’avortement (225 000 avortements par an, pour un coût de 110M€) en veillant à ce que soient proposées aux femmes enceintes de garder leur enfant et de les aider en cela,en déremboursant les actes d’IVG. Le FN se propose aussi d’abroger la loi Taubira sur le mariage dit « pour tous ».
    Il se propose aussi de retrouver notre souveraineté nationale perdue, qui nous
    conduit actuellement à la destruction programmée de la France, parce que la
    Nation est un cadre légitime et propice au Bien commun. Le Christ n’a-t-il pas
    dit « enseignez toutes les Nations »: ? Les Nations et le cadre national sont donc à respecter.

    Je salue en tout cas la position de Mgr Rey, soucieuse de dialogue et de promotion du Bien commun, au-delà des slogans politiciens habituels et de la propagande des médias dominants.

    Guy Barrey

  • Paul EMILY

    j’approuve
    entièrement l’initiative controversée de notre évêque Monseigneur Dominique
    REY,
    car
    les catholiques doivent donner l’exemple de la liberté politique.

    L’évitement permanent de la controverse par le refus du dialogue n’est pas une solution, et agir de cette façon reviendrait à se coucher devant le système
    politico-médiatique, qui s’attribue autoritairement, je dirais même
    dictatorialement, la mission de dresser le catalogue des personnes dites
    fréquentables et des personnes qui ne le sont pas.

    Selon Monseigneur Albert DECOURTRAY
    « Jamais homme n’a respecté les autres comme cet homme » pour Jésus, l’autre est toujours plus et mieux que ce à quoi les idées reçues (même des Sages et des Docteurs de la Loi) tendent à le réduire. Il voit toujours en celui ou celle qu’il rencontre, un lieu d’espérance, une promesse vivante, un extraordinaire possible, un être appelé par-delà et malgré ses limites, ses péchés, et parfois ses crimes, à un avenir tout neuf.
    Il lui arrive même d’y discerner quelques merveilles secrètes dont la contemplation le plonge dans l’action de grâces.
    Il ne dit pas :
    « Cette femme est volage, légère, sotte, elle est marquée par l’atavisme
    moral et religieux de son milieu, ce n’est qu’une femme ».
    Il lui demande un verre d’eau et il engage la conversation (Jean 4. 7 à 30).
    Il ne dit pas : « Voilà une pécheresse publique, une prostituée à tout jamais enlisée dans le vice ».
    Il dit : « Elle a plus de chance pour le Royaume de Dieu que ceux qui tiennent à leur richesse ou se drapent dans leur vertu ou leur savoir. (Luc 7. 37 et suivants …)
    Il ne dit pas : « Celle-ci n’est qu’une adultère ».
    Il dit : « Je ne te condamne pas. Va et ne pèche plus ». (Jean 8. 3 et suivants…)
    Il ne dit pas : « Celle-là qui cherche à toucher mon manteau n’est qu’une hystérique ».
    Il l’écoute, lui parle, et la guérit.( Marc 5. 34, Luc 8. 43)
    Il ne dit pas :
    « Cette vieille qui met son obole dans le tronc pour les œuvres du temple
    est une superstitieuse ».
    Il dit qu’ : « elle est extraordinaire et
    qu’on ferait bien d’imiter son désintéressement ». (Marc 12. 43)
    Il ne dit pas :
    « Ces enfants ne sont que des gosses ».
    Il dit : « Laissez-les venir à moi et tâcher de leur ressembler ». (Luc 18.16)
    Il ne dit pas :
    « Cet homme est un fonctionnaire véreux qui s’enrichit en flattant le
    pouvoir et en saignant les pauvres ».
    Il s’invite à sa table et assure que sa maison a reçu le salut. (Luc 5. 30 et
    suivants…)
    Il ne dit pas, comme son entourage : « Cet aveugle paie sûrement ses fautes ou celles de ses ancêtres ».
    Il dit que : « l’on se trompe complètement à ce sujet et il stupéfie tout le
    monde, ses apôtres, les scribes et les pharisiens, en montrant avec éclat
    combien cet homme jouit de la faveur de Dieu :
    « Il faut que l’action de Dieu soit manifeste en lui » (Jean 9. 1 et suivants …)
    Il ne dit pas : « Ce centurion n’est qu’un occupant ».
    Il dit : « Je n’ai jamais vu pareille foi en Israël » (Luc 7. 8)
    Il ne dit pas : « Ce savant n’est qu’un intellectuel »
    Il lui ouvre la voie vers une renaissance spirituelle. (Jean 3. 1 et suivants …)
    Il ne dit pas : « Cet individu est un hors-la-loi »
    Il lui dit : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis » (Luc 23.
    39 et suivants …)
    Il ne dit pas : « Ce Judas ne sera jamais qu’un traite »
    Il l’embrasse et lui dit : « Mon ami ». (Matthieu 26. 48 et suivants …)
    Il ne dit pas : « Ce fanfaron n’est qu’un renégat »
    Il lui dit : « Pierre, m’aimes-tu ? » (Jean 21. 15 et suivants …)
    Il ne dit pas :
    « Ces grands prêtres ne sont que des juges iniques, ce roi n’est qu’un
    pantin, ce procurateur romain n’est qu’un pleutre, cette foule qui me conspue
    n’est qu’une plèbe, ces soldats qui me maltraitent ne sont que des
    fonctionnaires »
    Il dit : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font… » (Luc 23.
    34)
    Jésus n’a jamais dit :
    « Il n’y a rien de bon dans celui-ci, dans celui-là, dans ce milieu-ci,
    dans ce milieu-là ».
    De nos jours, il n’aurait jamais
    dit : « Ce n’est qu’un intégriste, qu’un moderniste, qu’un gauchiste,
    qu’un fasciste, qu’un mécréant, qu’un bigot, …
    Pour lui, les autres, quels qu’ils soient, quel que soient leurs actes, leur statut, leur
    réputation, sont toujours des êtres aimés de Dieu.
    « Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de nous, pécheurs ! »
    d’après Monseigneur Albert DECOURTRAY

    le grand, et le premier commandement, d’après l’Évangile
    de Jésus-Christ selon Saint Matthieu au chapitre 22
    35 Un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l’épreuve :
    36 « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? »
    37 Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de
    toute ton âme et de tout ton esprit.
    38 Voilà le grand, le premier commandement.
    39 Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
    40 De ces deux commandements dépend toute la Loi, ainsi que les Prophètes. »

    c’est tout à fait ce que vit, et ce que nous dit notre souverain pontife le Pape François, c’est également ce qu’à fait Monseigneur Rey

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