Codex succède à Histoire du Christianisme

Codex succède à Histoire du Christianisme
28 octobre 2016 Dorothée Paliard

Codex succède à Histoire du Christianisme

Le 1er octobre, une nouvelle publication sort en kiosque et en librairie. Codex prend la forme originale d’un livre-magazine pour partager au grand public 2000 ans d’histoire chrétienne. Ce trimestriel est soutenu par une trentaine d’universitaires reconnus. Il remplace la revue Histoire du Christianisme en adoptant un ton plus accessible et plus décontracté. Entretien Priscille de Lassus, rédactrice en chef.

 Interview parue initialement dans France Catholique.

-Pourquoi un nouveau titre ?

C’est un choix que nous avons mûrement réfléchi. Un titre comme Histoire du Christianisme Magazine a le mérite d’annoncer très clairement les thématiques abordées mais sa longueur et sa prononciation difficile le rendaient aussi assez lourd à porter. Nous avons voulu trouver une formule plus ramassée. Codex sonne bien. Et Codex a du sens… Le mot latin désigne à l’origine un ouvrage composé de cahiers ce qui était vraiment révolutionnaire dans le monde antique. Progressivement, le codex a remplacé le rouleau de parchemin pour donner naissance au livre. On voit apparaître les premiers spécimens dans les milieux chrétiens dès le IIe siècle de notre ère. L’expression évoque pour nous le travail de l’historien qui doit sans cesse fouiller les sources et les interpréter. Il y a aussi cette notion de décryptage du passé. C’est bien notre ambition au fil des numéros.

-La ligne éditoriale va-t-elle changer ?

Non ! Histoire du Christianisme Magazine laisse la place à Codex mais la revue conserve son ADN. Le propos se concentre toujours sur les 2000 ans d’aventure chrétienne qui ont façonné notre identité. Nous restons fidèles à l’invitation de Jean-Paul II qui voulait que les chrétiens soient à l’aise avec leur passé pour aborder sereinement les défis de la nouvelle évangélisation. Nous assumons un regard positif sur notre histoire sans avoir peur des sujets qui fâchent. Simplement, comme avant, les controverses sont abordées avec une vraie rigueur scientifique et une grande honnêteté intellectuelle. Voilà notre credo.

-C’est pour cette raison que vous travaillez avec des universitaires ?

Effectivement, nous avons constitué un conseil scientifique solide qui compte une trentaine de membres. Parmi eux, on retrouve les « pères fondateurs » de la revue – comme Gérard Cholvy ou Michel Rouche – mais aussi la jeune génération d’historiens qui est très bien représentée. Les travaux de recherche se poursuivent. Ils renouvellent sans cesse notre compréhension du passé.

-Et vous ciblez le grand public ?

Nous jouons en fait le rôle de passeur pour transmettre au lecteur les connaissances de ces experts. Il faut absolument rendre ce savoir accessible à tous. C’est pour cela que nous adoptons un ton pédagogique avec des cartes, des chronologies, des séquences vrai/faux… Rien n’est jamais supposé connu. Nous prenons le temps d’expliquer les bases tout en proposant des approches nouvelles ou inédites pour satisfaire les lecteurs plus avertis. Le dossier se veut ainsi très complet. Il doit servir de référence dans la bibliothèque familiale.

-C’est donc la forme qui évolue ?

Exactement, le fond demeure mais la forme change. La revue passe ainsi de 68 à 176 pages. Elle adopte un rythme trimestriel avec quatre numéros par an. Nous avons choisi d’adopter l’esprit d’un mook pour prendre le temps d’approfondir nos sujets tout en facilitant la lecture.

 

-Un mook ?

C’est un nouveau concept apparu dans la presse il y a quelques années, notamment dans le sillage de la revue XXI créée en 2008. Le mot désigne un livre-magazine qui prend délibérément le parti du papier sous la forme d’un album assez épais. Les pages respirent, les illustrations jouent un rôle important, la maquette est élégante. En général, ce qui se lit là ne se trouve pas ailleurs. Le rythme trimestriel aide à prendre du recul par rapport à l’actualité immédiate. Il permet de compléter les flux d’information qui nous parviennent en permanence via Internet afin de favoriser une réflexion de fond. L’esprit du mook c’est aussi une curiosité légère qui sait intégrer des genres différents, comme le jeu ou la BD, afin de varier les plaisirs. Cette formule correspond totalement à ce que nous voulons proposer à notre public.

-Quel est le dossier du premier numéro ?

Le dossier est consacré au vandalisme révolutionnaire. Entre 1789 et 1799, la France a souffert de nombreuses destructions iconoclastes qui n’ont pas épargné le patrimoine religieux. Nous présentons les faits en nous appuyant sur des exemples concrets. Nous expliquons les différentes causes du phénomène. Enfin, nous cherchons à en comprendre les enjeux. Ce qui est très frappant à la lecture de ces différents articles, c’est de voir les tiraillements de la Révolution qui détruit volontairement l’héritage de l’Ancien Régime tout en cherchant à sauvegarder quelques œuvres d’art.

-Vous proposez aussi un cahier pédagogique pour accompagner les programmes scolaires…

C’est une nouveauté. Nous avons décidé de créer cette rubrique à destination des professeurs et des éducateurs. Elle accompagne les programmes de l’Éducation nationale qui croisent souvent nos thématiques. Les débuts du christianisme sont ainsi à l’honneur du premier numéro. La séquence commence par un quizz ludique. Elle se poursuit par une fiche révision et une série d’exemples qui permettent d’illustrer le cours : un portrait, un événement, un texte commenté, un monument ou une œuvre d’art, etc. Le bilan historiographique aide les enseignants à se tenir au courant de l’évolution de la recherche.

-Vous parliez de rubriques décalées…

Oui nous avons voulu apporter une touche ludique à cette publication. Vous trouverez dans Codex des jeux, une BD sur Jeanne d’Arc ou encore une tribune sur les vins de Bourgogne signée par un œnologue. La lecture reste d’abord un plaisir. Nous proposons aussi des idées de sorties, de lectures ou de voyages.

-Et pour l’avenir ?

En janvier, nous ferons le point sur l’affaire Galilée dont tout le monde parle sans nécessairement maîtriser le sujet. Il y a aura ensuite un dossier sur le Jésus des historiens, un autre sur l’Action française et puis un numéro sur la Réforme en 2017… La matière est inépuisable.

Encadré 1

Codex, 2000 ans d’aventure chrétienne

Histoire – Archéologie – Culture – Patrimoine

176 pages, trimestriel, 15 euros

En kiosque, en librairie et sur abonnement

www.revue-codex.fr

Encadré 2

Au sommaire du premier numéro

-Reportage : À la rencontre des Mozarabes de Tolède

-L’observatoire des médias de Patrice de Plunkett

-Dossier : Le vandalisme sous la Révolution

-Exposition : L’histoire commence en Mésopotamie

-Entretien avec Pierre Manent : La France et ses religions

-Relire ses classiques : Humanisme intégral de Jacques Maritain

-Cahier pédagogique : Les débuts du christianisme

-BD : Jeanne d’Arc, une héroïne française

-Escapade : La Bretagne sacrée des peintres de Pont-Aven

-Portfolio : L’art des croix en Lituanie

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