Charles de Foucauld et Jacques Hamel, martyrs (1916-2016)

Charles de Foucauld et Jacques Hamel, martyrs (1916-2016)
11 septembre 2016 Dorothée Paliard

Charles de Foucauld et Jacques Hamel, martyrs (1916-2016)

Par le Père Louis-Marie Guitton. Septembre 2016.

La question a longtemps été posée à propos de Charles de Foucauld : était-il mort martyr, sur le seuil de son bordj à Tamanrasset ? Il faut dire que les témoins capables d’en faire le récit  manquaient à l’appel. Au sujet du père Jacques Hamel, mort au mois de juillet près de Rouen, plusieurs se demandent également s’il faut le considérer comme tel. La fête liturgique du bienheureux Charles est finalement célébrée en rouge.

On n’a peut-être pas assez souligné le parallèle entre ces deux prêtres, morts à un siècle de distance.

Apôtres

Il ne fait aucun doute que ces deux avaient donné leur existence pour l’annonce de l’Evangile. C’est d’abord pour cela que le prêtre est envoyé. Mais le bilan missionnaire du bienheureux Charles est bien maigre si on l’établit en fonction du nombre de baptêmes célébrés et de conversions opérées dans le Hoggar ou le Sahara. Ce n’était ni le temps ni sa vocation d’aller catéchiser les peuples au milieu desquels il vivait. Il se considérait comme l’avant-garde des évangélisateurs plus nombreux qui devaient venir après lui.

Frères

Le titre qui finalement lui restera est sans doute celui de « Frère universel ». Adorer le Saint-Sacrement dix-huit heures par jour, vivre au milieu ou à côté de ces tribus du désert, apprendre à les connaître et à les aimer, traduire l’Evangile dans leur langue, devenir leur ami et leur frère : voilà son lot. Considéré par eux comme le marabout, il partageait volontiers les vivres, les médicaments et divers objets reçus d’Europe. Mais un événement lui fit mieux comprendre son rôle de missionnaire. Tombé malade, il ne dut son salut qu’aux soins que ses voisins lui prodiguèrent avec affection. Il ne pourrait les gagner au Christ qu’en acceptant de devenir leur débiteur : eux aussi avaient quelque chose à lui apporter.

Martyrs

Le Bienheureux Charles avait écrit, et encore quelques jours avant le 1° décembre 1916, ces paroles prophétiques :

« Pense que tu dois mourir martyr, dépouillé de tout, étendu à terre, nu, méconnaissable, couvert de sang et de blessures, violemment et douloureusement tué… et désire que ce soit aujourd’hui. » Et encore : « A toute minute, vivre aujourd’hui comme devant mourir ce soir martyr… Se préparer sans cesse au martyre et le recevoir sans ombre de défense, comme l’Agneau divin. »

Les méharistes arrivé sur place le 21 décembre trouvèrent, enfoui dans le sable, l’ostensoir contenant encore l’hostie consacrée.

Son ami musulman, Moussa, Aménokal du Hoggar, écrivit à sa sœur, madame de Blic, ces mots qui résonnent pour aujourd’hui : « Charles le marabout n’est pas mort pour vous autres seuls, il est mort pour nous tous. »

La mort du père Jacques Hamel fait écho à celle de Charles de Foucauld : une vie déjà livrée le jour de son ordination ; un apostolat discret et fraternel au cœur d’une région déchristianisée ; une mort violente qui l’unit au sacrifice de la messe qu’il était en train d’offrir, devenant lui-même une hostie.
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