A tous les élèves, courage !

A tous les élèves, courage !
13 novembre 2017 Dorothée Paliard

A tous les élèves, courage !

La main crispée sur la pierre froide, Clémentine se dit qu’elle n’y arrivera jamais. « Tu y es presque ! » encourage Laurent son moniteur. « Non, je n’ai plus de force. Je veux redescendre. » Son pied droit est saisi d’un irrésistible tremblement. « Je crois que je vais lâcher. J’ai peur ! » sanglote la jeune fille au visage congestionné par l’afflux de sang. « Reste en appui Clémentine, et reprends ton souffle. Je vais te tenir le temps qu’il faut. Détends-toi… Respire… pas trop vite… Ferme les yeux si ça te fait du bien », conseille Laurent tout en lui passant un peu d’eau sur le front. Tous les deux restent silencieux un moment. On entend seulement leurs deux respirations haletantes et le vent, toujours ce vent, qui vient s’insinuer en sifflant dans les moindres anfractuosités de la montagne. « Voilà, c’est bien Clémentine ; tu reprends des forces. » La jeune alpiniste de 15 ans lève la tête et mesure du regard l’espace qui lui reste à parcourir. Moins de deux mètres, je peux y arriver, se rassure-t-elle. « Ok, j’y vais ! » Laurent s’écarte pour lui laisser le passage. Il la voit réunir ses dernières forces et prendre un nouvel appui, puis un autre, et encore un autre. Son pied ne tremble plus. À moins d’un mètre du sommet, elle s’arrête à nouveau pour reprendre son souffle, tandis que son moniteur ne la quitte pas des yeux. « Tu gères super bien Clémentine ! Tu y es presque ! » Les mâchoires serrées, la jeune fille prend un nouvel élan et agrippe d’une main ferme et assurée sa dernière prise avant de s’extirper soudain de la paroi rocheuse. Elle s’assoit triomphante sur le solide promontoire, embrassant du regard la vallée tout en bas, et l’abrupt rempart qu’elle croyait ne jamais pouvoir franchir. Sur ses joues rosées, on voit encore la trace de ses larmes… qui ont séché. « Merci Laurent ! tu m’as donné le courage ! Je n’y croyais plus ! » « Clémentine, ta réussite, tu la dois à ta seule volonté. Bientôt, tu n’auras plus besoin de moi. »

Chaque jeune pourra se retrouver en Clémentine. Découragée, pleurant et prête à renoncer, elle trouve finalement la force nécessaire et atteint son but, son sommet.

Laurent, c’est le parent, l’enseignant, l’éducateur. Il est là, gardant avec son apprentie la bonne distance. Attentif, rassurant, prévenant, il se tient prêt à intervenir s’il le faut. Le moment venu, il sait s’effacer pour laisser à son élève toute sa place.

En ce temps de bilan trimestriel, je dis à chaque élève, soyez comme Clémentine. Ne lâchez pas votre prise, tenez bon, allez chercher au plus profond de vous les forces et le courage dont vous croyez manquer. C’est sur les derniers mètres, les derniers mots que tout finit par se jouer. Aucune bataille n’est jamais perdue avant de l’avoir menée. Votre ennemi c’est d’abord vous-même, lorsque vous vous laissez happer par cette voix lancinante qui vous répète inlassablement « je suis nul, je n’y arriverai jamais ». Voilà votre adversaire ! Au contraire, faites silence et tendez l’oreille. N’entendez-vous pas une autre voix, plus douce et qui vous pousse à avancer ? « Tu peux réussir, bats-toi, ne te décourage pas… »

Il n’est pas de rochers que l’on ne puisse escalader.

Il n’est pas de tempêtes que l’on ne puisse traverser.

Il n’est pas d’examens dont on ne puisse triompher.

Il y a toujours un chemin pour chacun, celui de la volonté. Car rien de tout cela ne peut s’obtenir sans effort, sans persévérance. Vous croyez être au maximum ? Vous vous trompez. C’est à ce moment précis qu’il faut puiser en vous des ressources insoupçonnées.

Comme pour Clémentine, vos larmes finiront par sécher, en laissant derrière elles un sillon de fierté.

Il n’est pas de plus grande satisfaction que d’avoir réussi là où on croyait échouer.

Thierry Fournier, chef d’Établissement

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