#JeSuisCharlie … pour la vie

#JeSuisCharlie … pour la vie
30 janvier 2016 Dorothée Paliard

#JeSuisCharlie … pour la vie

Par le père Louis-Marie Guitton. 28 Janvier 2016.

Avons-nous encore le droit d’annoncer le message de l’Eglise sur la valeur et la beauté de la vie humaine? Avons-nous encore la possibilité d’émettre des réserves à propos de la libéralisation extrême de l’IVG ? A voir les déclarations indignées de plusieurs personnalités publiques, on pourrait en douter : étonnant qu’un twitt épiscopal suscite de telles réactions ! Il est vrai qu’avec 220000 avortements chaque année, il est évident que le nombre de femmes concernées est immense. Autant il n’est possible d’aborder cette question si sensible et douloureuse qu’avec une extrême délicatesse et indéfectible bienveillance, sans porter de jugement sur les personnes, autant il faut continuer à rappeler que l’avortement est toujours un échec, une mauvaise réponse à un vrai problème. L’atteinte envers l’enfant sans défense va souvent de pair avec celle qui touche durablement la mère.

Il n’est pourtant pas nouveau d’entendre rappeler ce qu’il en est du drame de l’avortement. Ce qui l’est en revanche, c’est le fait qu’on dénie aujourd’hui le droit de le dire. Les accusateurs ne s’embarrassent alors ni de la liberté d’expression ni de la vérité et rallient hâtivement le Pape François à leur cause. Ainsi, ils n’hésitent pas à blâmer un évêque qui mènerait une fronde contre le Magistère en prenant la défense des enfants tués avant de naître, en dénonçant l’avortement et « le mal très grave qu’un tel acte comporte » (Pape François, 1° septembre 2015).

Il est vrai qu’en France cela fait longtemps qu’on peut difficilement exprimer une opinion remettant en cause la doctrine officielle consacrant le droit des femmes de disposer de leur propre corps. Non seulement on fait mine d’ignorer qu’un enfant conçu n’est pas réductible à une partie du corps de la femme, mais on refuse à quiconque d’évoquer ce thème de l’avortement, sinon pour en souligner les bienfaits ou en faciliter l’accès.

Les dispositifs légaux existent pourtant en France, qui permettent d’accompagner, de soutenir et de donner les moyens d’accueillir son enfant à une femme confrontée à une grossesse non désirée. Mais en pratique, toute association, toute initiative qui chercherait ne serait-ce qu’à écouter la souffrance de la femme et à lui permettre de réfléchir aux conséquences de cette lourde décision, est considérée comme une atteinte à sa dignité.

Le Pape François, loin de recommander l’avortement, pointe du doigt ces tentatives de « ridiculiser allègrement la défense que l’Église fait des enfants à naître, en présentant sa position comme quelque chose d’idéologique, d’obscurantiste et de conservateur. » (La Joie de l’Evangile, 213) Défendre la sacralité et l’inviolabilité de la vie humaine passe en effet souvent pour une provocation et une infraction à la loi, stupéfiante inversion qui voit dans les mots la racine de la violence extrême qu’implique toujours un avortement.

La loi santé, promulguée ce mercredi 27 janvier, est symptomatique de cette fuite en avant. Il n’est question que de faciliter un peu plus l’avortement : suppression du principe d’une consultation préalable, suppression du délai minimal de réflexion pour avorter, la possibilité pour les sages-femmes de pratiquer des IVG médicamenteuses… Les échographies réalisées en vue de l’avortement seront désormais mieux remboursées que celles qui sont liées à une « grossesse classique ». Cette promotion tous azimuts de l’avortement cache mal les profondes détresses liées à cet acte.

 C’est encore le Saint Père qui évoque ce « drame existentiel et moral » à l’occasion de l’année jubilaire en invitant les prêtres à accueillir ces « nombreuses femmes qui portent dans leur cœur la cicatrice de ce choix difficile et douloureux » et à leur offrir largement la miséricorde de Dieu (1° sept 2015).

Nous est-il encore permis de penser qu’un féminisme authentique se doit d’être à la fois respectueux de la femme et de la vie à naître, qu’il ne peut épouser ni la « culture du déchet » ni celle de l’indifférence ?

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