Proposition de loi Claeys Leonetti: Mgr Rey s’inquiète d’une euthanasie déguisée

Proposition de loi Claeys Leonetti: Mgr Rey s’inquiète d’une euthanasie déguisée
27 janvier 2016 Dorothée Paliard

Proposition de loi Claeys Leonetti: Mgr Rey s’inquiète d’une euthanasie déguisée

Texte du message de Mgr Rey, 26 janvier 2016.

Qu’est-ce que la proposition de loi Claeys-Leonetti ? Qu’en pense l’Eglise ?

Ce texte vise à modifier la législation française sur la fin de vie. La conférence des évêques de France a exprimé ses réserves par la voix d’un groupe de travail. Deux éléments principaux sont problématiques : la question de l’hydratation et de la nutrition, la sédation profonde et continue jusqu’à la mort.

Quels sont exactement les enjeux qui touchent la nutrition et l’hydratation ?

La nutrition et l’hydratation sont des besoins vitaux. La proposition de loi les considère comme des traitements, et non comme des soins. Aux derniers instants de la vie, la poursuite de la nutrition cause parfois de grandes souffrances et peut être interrompue dans une démarche de soins palliatifs. En revanche, refuser d’hydrater un minimum une personne revient à hâter sa mort.

Pourquoi la sédation profonde et continue pose-t-elle problème ?

La proposition de loi prévoit que les patients en fin de vie puissent être endormis jusqu’à leur mort. Une sédation profonde est parfois nécessaire selon les médecins, mais elle doit être réversible. La sédation profonde et continue jusqu’à la mort est une forme d’euthanasie lente et déguisée.

Que faire lorsqu’on ne peut pas lutter contre la douleur d’un patient en fin de vie ?

Même si tout doit être fait pour la diminuer, la souffrance suscite l’angoisse. Elle nous semble absurde. Il faut en retrouver le sens. Elle est un chemin de conversion. Elle touche le cœur de Jésus. Elle participe à sa douleur sur la Croix. Notre rôle est d’accompagner les patients et leurs familles par notre compassion, notre prière et notre foi. C’est l’attitude de Marie, silencieuse au pied de la Croix. Le sacrement des malades, reçu en pleine conscience, aide à préparer sa mort.

Pourquoi l’Eglise s’oppose-t-elle à l’euthanasie volontaire et au suicide assisté ?

Le discours ambiant est passé du slogan « mon corps m’appartient » à « ma mort m’appartient ». Sans préjuger de la sincérité de ceux qui y ont recours, l’euthanasie directe est une offense à la vie, une faute morale. Le suicide assisté est contraire au juste amour de soi. Attenter à la vie d’un être détruit les fondements du vivre-ensemble, c’est-à-dire l’acceptation de l’autre. En termes religieux, c’est un péché grave.

Qu’est-ce que les chrétiens proposent pour répondre à tous ces défis ?

La force du lobby pro-euthanasie est gonflée par la faiblesse des soins palliatifs. En 1999, une loi a consacré le droit d’avoir accès aux soins palliatifs. Un grand effort doit encore être fait pour obtenir leur développement sur tout le territoire, dans les hôpitaux, les EHPAD et à domicile. Nous devons retrouver le sens de la dignité humaine. Rien ne peut justifier qu’on remette en cause la sacralité de la vie.

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