37 – 0 : la raclée d’anthologie ?

37 – 0 : la raclée d’anthologie ?
28 septembre 2016 Dorothée Paliard

37 – 0 : la raclée d’anthologie ?

Par Rémy Mahoudeaux. Septembre 2016.

Avant que cela ne devienne un délit, il faut dire la vérité. Et sans doute après aussi.

Une ministre veut créer un délit d’entrave numérique à l’IVG qui sanctionnerait tout site participant à la « désinformation sur l’avortement ». Ou après traduction des propos de l’éminente responsable, dont le message ne serait pas conforme à la doxa promotionnelle du gouvernement en la matière.

Une visite de circonstance s’imposait sur l’un des sites dans le viseur du gouvernement. Au bout du lien https://ivg.net/les-risques-de-ivg/ivg-medicamenteuse-danger%20, le lecteur peut (encore) y lire une liste  longue et qui semble complète des séquelles et risques que peuvent endurer les femmes qui ont avorté. C’est un bien triste inventaire : syndrome post-traumatique, addictions, dépressions, troubles du sommeil, troubles relationnels, suicides, etc… Cette liste est étayée par 55 références à 37 publications scientifiques étrangères dont chacun peut constater par audit que Google semble les connaître.

Seuls des médecins et des scientifiques pourraient juger de la pertinence de chacune de ces références, une par une. Mais en plus de leur nombre, les seuls titres des revues où ces recherches ont été publiées semblent conférer à l’ensemble un très solide et sérieux faisceau de preuves convergentes : l’avortement, en plus d’être létal pour l’enfant, est potentiellement dangereux pour sa mère. A moins qu’il n’existe 37 brillantes réfutations émanant d’autorités scientifiques absolument incontestables et dont la discrétion est dommageable à la manifestation de la vérité.

Un site édité par le gouvernement de mon pays avertit ainsi :

« IVG : attention aux informations trouvées sur certains sites Internet

Certains sites Internet que vous trouverez via/par les moteurs de recherche vous indiqueront qu’ils proposent une information neutre et médicale mais sont en réalité édités par des militants contre l’avortement. Il en va de même pour les forums où certains témoignages sont montés de toutes pièces par des opposants au droit à l’interruption volontaire de grossesse.

 

Ils sont parfois difficiles à reconnaître mais méfiez vous systématiquement des sites et numéros verts consacrant par exemple une grande part de leur contenu à la maternité et aux soi-disant complications et traumatismes liés à une IVG. »

Le terme « soi-disant complications et traumatismes » serait-il une mise en doute du sérieux et de la pertinence des recherches citées ? Il n’est certes de vérité scientifique que réfutable, mais pour pasticher  Cyrano, c’est un peu court : où sont ces réfutations ?

Dans l’hypothèse où ces 37 réfutations n’existeraient pas, et même dans l’hypothèse où il n’en manquerait qu’une seule, la seule conclusion que l’on pourrait en tirer, dans l’état de la connaissance actuelle, serait qu’il existe un danger potentiel pour les femmes qui avortent. Et donc que le gouvernement cache à ces femmes un danger peut-être létal auquel elles s’exposent avec cette information biaisée.

Je ne suis pas plus juriste que médecin ou scientifique, mais la diffusion d’une information occultant sciemment un danger ne seraient-elle pas constitutive d’une mise en danger de la vie d’autrui ?

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