Qui étaient les Cristeros ?

Qui étaient les Cristeros ?
8 avril 2014 webmaster

Qui étaient les Cristeros ?

Par Falk van Gaver.

« Ces croisades que nos pères allaient chercher jusque sur les terres des Infidèles, ce sont elles aujourd’hui qui nous ont rejoints au contraire, ce sont elles à présent qui nous ont rejoints et nous les avons à domicile. Nos fidélités sont des citadelles. (…) Toutes nos maisons sont des forteresses in periculo maris, au péril de la mer. La guerre sainte est partout. (…) Cette guerre sainte qui autrefois s’avançait comme un grand flot dont on savait le nom, (…) elle vient aujourd’hui battre le seuil de notre porte. Ainsi nous sommes tous des îlots battus d’une incessante tempête et nos maisons sont toutes des forteresses dans la mer. Qu’est-ce à dire sinon que les vertus qui alors n’étaient requises que d’une certaine faction de la chrétienté aujourd’hui sont requises de la chrétienté tout entière. (…) C’est une levée en masse. (…) Nos pères avaient besoin de se croiser eux-mêmes, et de se transporter pour faire la croisade. Nous Dieu nous a croisés lui-même, quelle preuve de confiance, pour une croisade incessante sur place. Les plus faibles femmes, les enfants au berceau sont déjà des assiégés. La guerre bat le seuil de nos portes. Nous n’avons pas besoin d’aller la chercher, d’aller la porter. C’est elle qui nous cherche. Et qui nous trouve. Les vertus qui n’étaient requises que des militaires pour ainsi dire, des hommes d’armes, du seigneur en armure aujourd’hui sont requises de cette femme et de cet enfant. (…) Nous sommes tous aujourd’hui placés à la brèche. Nous sommes tous à la frontière. La frontière est partout. La guerre est partout, brisée, morcelée en mille morceaux, émiettée. Nous sommes tous placés aux marches du royaume. Nous sommes tous des marquis [1]. »

Cette croisade à domicile, c’est ce qu’ont vécu à l’extrême, dans leur chair et dans leur sang, les insurgés cristeros. De 1926 à 1929, dans les États-Unis du Mexique, tout un peuple chrétien armé de machettes et de vieux tromblons combat pour la liberté et la foi, affrontant au chant du « Christus vincit » des régiments de ligne fédéraux qui arborent le drapeau noir aux tibias entrecroisés et crient « Viva el Demonio ! »

« La Révolution a refermé sur nous ses deux énormes poings pour comprimer les bouches, serrer les gorges, et parvenir à l’étranglement. Dans ce suprême effort pour arracher le Christ de nos entrailles, Lui qui reste le seul oxygène possible de notre vie spirituelle, sur tous les corps, dans toutes les âmes, et jusqu’aux plus indifférentes, surgissent les signes caractéristiques d’une véritable asphyxie. Et ce peuple éreinté par les farces électorales, aujourd’hui, dans le sursaut de la dernière chance, se dresse comme un seul homme sur les cendres de sa désillusion pour la démocratie des votes, il se jette avec une confiance aveugle dans les bras de la démocratie des martyrs. Désormais, nous ne voterons plus avec des morceaux de papier frappés du mensonge municipal. Désormais, nous voterons avec nos vies. »
Ainsi parlait Anacleto Gonzalez Flores, fondateur de « la Union Popular » et jeune leader du mouvement de résistance catholique, assassiné en 1927 et béatifié en 2005.

En 1925, le pape Pie XI publie sa lettre encyclique « Quas primas » qui institue la fête du Christ Roi de l’Univers. L’an suivant, les insurgés catholiques du Mexique, qui en tireront d’ailleurs leur nom, la signent de leur sang.
La Constitution révolutionnaire du Mexique date de1917. Elle institue la dictature suprême de l’État : tous les corps intermédiaires, et spécialement les syndicats catholiques, sont mis dans l’illégalité. La loi prévoit aussi une cascade d’articles anticléricaux qui ne sont que partiellement appliqués par le général Obregon qui craint la rébellion. Mais à partir de 1924 le président Calles intensifie la persécution anti-religieuse et planifie l’extirpation du catholicisme.
Par une lettre apostolique[2], la papauté soutient officiellement l’épiscopat mexicain qui engage « une campagne contre les lois injuste et contraires au droit naturel » selon les mots de Monseigneur Mora y del Rio, archevêque de Mexico, dans une interview parue dans « El Universal » début février 1926 : quelques jours plus tard, il est inculpé pour sédition. Mais devant la prudence de certains prélats, les laïcs préviennent déjà : « Nous rejetons d’avance tout acte ou manifeste, de quelque personne qu’il émane, fût-elle ecclésiastique et haut placée, qui serait contraire à la liberté de la religion », lit-on dans l’organe militant La Vanguardia. Le 21 avril 1926, les évêques mexicains, par une lettre pastorale collective, font « une très grave obligation de conscience » à tous les fidèles de se mobiliser :
« Nous vous demandons de vous inscrire dans des organisations qui enseignent au peuple, en théorie aussi bien qu’en pratique, les droits et les devoirs du citoyen, et qui mobilisent la nation pour la défense de la liberté religieuse. »

C’est aux mois de juin et juillet 1926 que les dispositions légales anticatholiques, votée par une chambre fédérale largement maçonnique et acquise au gouvernement, atteignent leur sommet : expulsion des congrégations, inventaire des biens de l’Église aux fins de nationalisations, arrestation et emprisonnement des religieuses… Après quinze ans de persécutions quotidiennes depuis la Révolution de 1911, voici que vient le point décisif : l’enregistrement des prêtres, équivalent de l’assermentation française de 1791. Tous les ministres du culte public sont conviés manu militari à passer sous le contrôle direct du pouvoir civil. Le moindre curé de campagne doit pointer au commissariat et y signer des engagements de non prosélytisme religieux.
Début de l’été 1926, le peuple mexicain est au pied du mur. Sa résistance immédiate, unanime, exemplaire, est tout entière à l’initiative des organisations de laïcs, qui commencent par épuiser l’une après l’autre les voies pacifiques sans aucun résultat. Les catholiques mexicains improvisent partout d’immense manifestations pénitentielles : « On faisait maintenant pénitence, entrant à genoux dans l’église et récitant le rosaire pour que Dieu concède qu’il n’y ait pas de révolution ; pour que le sang ne coule pas… » On adresse aussi des pétitions en forme au Congrès pour l’abrogation des lois anti-religieuses. Les étudiants de l’Association Catholique de la Jeunesse Mexicaine, bras militant de la Ligue Nationale de Défense de la Liberté religieuse, vont réunir en quelques jours deux millions de signatures ! Le gouvernement passe outre. Viennent ensuite les occupations d’églises et les manifestations de rue : on marche sur les palais gouvernementaux, avec pancartes et statues, sous la protection du Saint Sacrement, rassemblements réprimés au mauser et à la mitrailleuse lourde par les régiments fédéraux. Les premiers martyrs cristeros auront compté beaucoup de femmes et d’enfants qui défilaient armés du rosaire et vêtus de blanc.

Mais, s’ils meurent en nombre, pour eux Dios no muere, « Dieu ne meurt pas ! »
Le Saint-Siège exprime par un télégramme son soutien au Comité épiscopal mexicain : « Saint-Siège condamne loi en même temps que tout acte qui puisse signifier, ou être interprété par le peuple fidèle comme acceptation ou reconnaissance de ladite loi. » Une nation entière exige l’abrogation des articles anti-chrétiens. Calles répond en aggravant le dispositif, illustrant le fameux aphorisme ironique de Berthold Brecht : « Puisque le peuple vote contre le gouvernement, il faut dissoudre le peuple. » Le dialogue s’avérant inutile, il faudra se défendre autrement. L’appel à la résistance politique est on ne peut plus légitime. Au lendemain du message romain, et devant l’impossibilité pour l’Église d’exister et d’agir légalement, le 24 juillet 1926 l’épiscopat mexicain décrète pour le 31 du même mois une mesure inédite : la suspension du culte public. La dernière initiative laïque pacifique, lancée par la LNDLR le jour de la suspension du culte, est le boycott économique du gouvernement : on fait circuler la liste de tous les magasins, trusts et services qui sont propriétés de l’État, le mot d’ordre étant sous-entendu, provoquant le naufrage de l’économie étatique. La troupe viole et fusille, le gouvernement fait pendre les leaders catholiques.
Le peuple mexicain, ayant épuisé tous les autres recours, est en état de légitime défense. Comme le dira un Américain, « tout patriote doit être prêt à défendre son pays contre son gouvernement. » Face aux violences et aux massacres, la population réagit et commence à se défendre. La persécution redouble. Le 1er novembre, l’épiscopat désapprouve le principe de rébellion, tout en précisant : « Il est des cas où les théologiens catholiques autorisent, non la rébellion, mais la défense armée contre l’agression injuste d’un pouvoir tyrannique, dès lors que toutes les voies pacifiques ont échoué. » Dans l’encyclique « Iniquis afflictisque » parue le 11 novembre 1926, Pie XI soutient les organisations catholiques du Mexique : « Ils ont donné un tel exemple et un tel spectacle qu’ils ont mérité en toute justice que, par un document solennel de notre Autorité Apostolique, Nous les présentions à tout l’univers catholique. »
Pour quinze millions de Mexicains, la situation est claire. Le sang des martyrs aux mains nues a coulé dans tous les États du Mexique, tous les moyens légaux et pacifiques ont échoué, les Mexicains n’ont plus d’épiscopat, plus de clergé, plus de sacrements : reste l’ultime ressource, absolument légitime en droit, absolument nécessaire dans les faits, de l’insurrection générale. Le mouvement populaire spontané s’organise et les organisations laïques préparent la contre-offensive : en janvier 1927, c’est le soulèvement général. Les soldats du Christ ont repris le vieil étendard national, le drapeau tricolore de l’Indépendance, frappé du Sacré-Cœur et de la Vierge de Guadalupe. Ils baptisent leur mouvement Revolucion, LiberacionNacional, EjercitoPopular, et s’appellent eux-mêmes Libertadores. Monseigneur Gonzalez y Valencia, archevêque de Durango, sera un des rares évêques à soutenir personnellement l’insurrection :
« Nous n’avons jamais provoqué ce mouvement armé. Mais dès lors que, tous les moyens pacifiques ayant été épuisés, ce mouvement existe, nous devons dire à nos fils catholiques insurgés pour la défense de leurs droits sociaux et religieux : soyez en paix avec votre conscience et recevez notre bénédiction[3]. »
Les insurgés élisent leurs chefs, l’Armée de Libération Nationale, aidée par le travail souterrain des Brigades féminines sainte Jeanne d’Arc, reprend le terrain. Loin d’un chaos « anarchique », sur le territoire libéré se développe aussitôt une vie civile très organisée : la société reprend ses fonctions et pouvoirs confisqués par l’État. Écoles, impôts, tribunaux, élections, lois : le Mexique pauvre et paysan vit sa première expérience de démocratie authentique. Le général Enrique Gorotiesta Velarde, franc-maçon, se convertit à trente-six ans et est élu commandant en chef des forces insurgées en juillet 1927 : sous sa direction l’armée se professionnalise et prend le nom de Garde nationale. Pendant trois ans les Mexicains ont repris leurs villes, élu des maires, ouvert des écoles, restauré des chapelles et des monastères, sanctifié les récoltes et montré l’exemple du courage chrétien.
Les Arreglos, accords du 21 juin 1929 négociés en secret entre le pouvoir fédéral et les bureaux de l’épiscopat sous l’impulsion de quelques évêques, permettent la reprise du culte public. Gorotiesta, mort entre temps, aurait peut-être proclamé l’autonomie temporelle du laïcat chrétien et continué le combat. Mais le général Degollado, qui le remplace, préfère cesser le feu. Les Cristeros, pourtant partout victorieux, déposent donc les armes. Le mouvement de défense de la liberté religieuse a vécu, les organisations militantes sont dissoutes. Partout est imposée une Action Catholique strictement dépendante des bureaux de l’épiscopat. La normalisation révolutionnaire suit la normalisation cléricale et, sauf quelques poches de résistances et reprises sporadiques, les catholiques mexicains vont comme des agneaux à l’abattoir.
Pie XI reviendra plusieurs fois sur la geste héroïque des Cristeros : en 1932, dans l’encyclique « Acerba Animi », il vante l’inlassable dévouement des prêtres mexicains auprès des combattants ; en 1937, Pie XI écrit une mise au point aux prélats mexicains :
« Quand le pouvoir se dresse contre la justice et la vérité, jusqu’à détruire les fondements de toute Autorité, on ne voit pas comment on pourrait condamner les citoyens qui s’unissent pour défendre la nation et se défendre eux-mêmes, par les moyens légitimes appropriés, contre ceux qui programment étatiquement leur malheur. (…) L’utilisation de ces moyens, l’exercice des droits civiques et politiques dans toute leur ampleur, qui inclut les problèmes d’ordre purement matériel et technique ou de défense par les armes, ne sont d’aucune manière de la compétence du Clergé ni de l’Action Catholique. »
Enraciné dans une vie liturgique et mystique quotidienne et engagé dans une activité politique intense et organisée, le peuple chrétien du Mexique a su se montrer à la hauteur des dangers de l’époque. Sa foi a surabondé en apostolat politique, et il n’a reculé ni devant le martyre ni devant le combat. Soyons-en certains, c’est à bon escient que les Cristeros ont entendu la voix de Jésus, lorsque celui-ci déclare : « Celui qui n’a pas d’épée, qu’il vende son manteau pour en acheter une[4]. »
Vingt-et-un prêtres et laïcs liés à l’insurrection cristera ont été canonisés en 2000 par le pape Jean-Paul II, qui a élevé en 2004 au rang de martyrs treize autres militants assassinés par les Fédéraux, béatifiés en 2005 dans la cathédrale de Guadalajara. D’innombrables autres causes en béatification sont examinées par une commission spéciale de la Conférence des évêques du Mexique, qui se démène aussi pour dépouiller les candidatures sans nombre déposées par les familles et les associations mexicaines. A ce jour, trente-quatre martyrs tués entre 1926 et 1937 sont déjà reconnus comme saints et bienheureux par l’Église, mais ce n’est rien eu égard aux milliers de martyrs, dont beaucoup furent égorgés ou criblés de balles par les révolutionnaires longtemps après la « paix » de 1929. Si peu sont élevés à ce jour à la gloire des autels et si la mémoire historique les a quasiment effacés, aucun de ces témoins, anonyme ou connu, ne doit être oublié de la prière universelle des chrétiens. Parmi les martyrs officiels, on trouve des prêtres et religieux réfractaires à l’assermentation gouvernementale, bien sûr, mais aussi des laïcs de toutes sortes, tous âges et toutes origines, qui mourront tous au cri de « Viva Cristo Rey y la Virgen de Guadalupe ! » Seuls les héroïques paysans mexicains et les martyres des Brigades féminines Sainte Jeanne d’Arc manquent encore au palmarès de la persécution qui a fait couler à flots le sang de toute une nation. Certains, à l’exemple de ce pauvre prêtre alcoolique et pécheur, et pourtant fidèle jusqu’à la mort quand tous ont fui, si magnifiquement dépeint par Graham Greene dans son maître-roman « La Puissance et la Gloire », ne sortiront certainement jamais de leur humble et glorieux anonymat.
Qui sont les saints cristeros auxquels l’Église nous recommande de nous fier ? C’est don Luis BatisSainz, qui fonde dans sa paroisse une école et une coopérative ouvrière ; curé fervent, il n’abandonne pas le service de ses paroissiens qui ont pris les armes : il est fusillé dès août 1926. C’est un de ses paroissiens, le boulanger Manuel Morales, fusillé à ses côtés, à la fois membre du Cercle des Ouvriers Catholiques Léon XIII, de l’Association Catholique de la Jeunesse Mexicaine et de la Ligue Nationale pour la Défense de la Liberté Religieuse, qui déclara devant ses bourreaux : « Si je meurs, Dieu ne meurt pas. » Deux heures plus tard, dans le même village, les saints Salvador Lara Puente et David Roldan Lara, militants eux aussi de l’ACJM et de la LNDLR, seront à leur tour victimes des mêmes « défanatiseurs ». C’est le père Mateo CorreaMagallanes, martyr du sacrement de la confession, arrêté en début 1927 : le général Eugenio Ortiz en personne lui demande de confesser des rebelles prisonniers ; don Mateo s’exécute, mais lorsque le général lui ordonne ensuite de trahir le secret de la confession, il refuse malgré les menaces de mort et est exécuté le même jour à l’arme blanche. C’est le Padre Julio Alvarez Mendoza qui, en 1927, pardonne avant de mourir aux soldats de son peloton d’exécution. C’est le bienheureux Anacleto Gonzalez Flores, sans doute la plus belle figure intellectuelle laïque de l’épopée cristera ; chrétien fervent, orateur et écrivain remarquable, fondateur de l’Union Populaire, le jeune avocat aura donné sa voix et sa plume au mouvement avant de lui donner sa vie : arrêté en 1927, il est longuement torturé sous les ordres du général Ferreira pour qu’il dévoile la cache de son allié de toujours, Monseigneur Francisco Orozco y Jimenez, archevêque de Guadalajara, seul de tous les membres de l’épiscopat mexicain à avoir voulu risquer sa vie en s’enterrant dans les montagnes de son diocèse après l’interdit de 19­26 ; tous les doigts des mains désarticulés un à un, un bras cassé et la plante des pieds arrachée, il tient bon face à ses bourreaux et prendra congé de son tortionnaire avant de mourir en lui pardonnant et en lui proposant d’être son avocat au tribunal de Dieu ! C’est encore le bienheureux José Sanchez del Rio, martyr de quatorze ans assassiné en 1928 : dès 1926, forçant par son opiniâtreté l’autorisation de ses parents et des autorités cristera, il s’engage dans la guérilla ; capturé par les Fédéraux qui le torturent cinq jours durant avant de le poignarder, il griffonna son testament sur un bout de papier : « Ma petite maman. Me voilà pris et ils vont me tuer. Je suis content. La seule chose qui m’inquiète est que tu vas pleurer. Ne pleure pas, nous nous retrouverons. – José, mort pour le Christ-Roi. »
Ce sont tant d’autres figures encore qu’il faudrait évoquer, et prier.
Comme la révolte du Grand Ouest, cette chouannerie mexicaine fut un mouvement de la base, spontané, populaire, libre et autonome, se choisissant lui-même ses chefs, issus du rang. Une démocratie directe et armée par nécessité, une anarchie au sens noble : un ordre sans pouvoir, une organisation sans domination. Et une tension, une lutte contre l’occupation et la tyrannie, un combat pour la liberté de vie, de conscience, de culte, de religion, d’existence. Quelques années à peine après la célèbre insurrection ukrainienne de Makhno, le Mexique connaît sa makhnovitcha chrétienne – mais non sanguinaire. En face, le meurtre, le pillage, la torture, le viol, le massacre, la brutalité, le blasphème, le ravage, le sacrilège des troupes fédérales, nouvelles « colonnes infernales » de Turreau pour lesquelles tout est permis – puisque Dieu n’existe pas. Collections de têtes de paysans insurgés, pendaison de peones à chaque poteau télégraphique – comme le chemin de croix des partisans de Spartacus – viols en masse et violences en tout genre, tout est bon aux soudards et à leur gouvernement pour mater la rébellion, la noyer dans le sang. « Peuple armé, peuple respecté », comme dit le vieux slogan ? En tout cas, la violence du gouvernement tyrannique précède et provoque celle de la résistance populaire mexicaine.

 

Hugues Kéraly, « La véritable histoire des Cristeros », Editions de L’Homme Nouveau, 2014, 4e édition revue et augmentée, 224 p., 20€

[1] Charles Péguy, Un nouveau théologien, Monsieur Fernand Laudet, 1911.
[2] Pie XI, Paternasanesollicitudo, 2 février 1926
[3] Lettre pastorale du 2 février 1927
[4]Luc 22, 36

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